L’Épervière tâchetée, tachée (Hieracium maculatum)
Publié le 13 Août 2025
Voici une de ces fleurs jaunes, astéracées, qui font la richesse de la biodiversité même si elles ne sont pas toujours faciles à identifier.
Quelques pistes pour y voir plus clair.
Roland
Nom scientifique : Hieracium maculatum Schrank, 1789
synonyme : Hieracium spilophaeum
Origine du nom : vient du grec « hierax», le faucon, car on croyait que ces oiseaux en mangeaient pour avoir une vue perçante. Une autre version énonce que l’extrémité des fleurs en languette ressemble aux ailes d’un faucon. Le latin « maculatus » signifie maculé, ponctué, taché », comme ses feuilles.
Noms communs dialecte / allemand : Doldige Habichtskraut, Dolden-Habichtskraut
Noms anglais : spotted hawkweed, Leopard hawkweed
Date de l’observation: 8 août à Sarre-union, (Bas-Rhin 67)
Famille de plantes : celles des Astéracées (anciennement Composées) qui comprend la marguerite, le bleuet, le pissenlit, les centaurées. Cette famille de plantes est particulière car la fleur est en fait un ensemble de fleurs réunies en une tête serrée, dénommée «capitule ». C’est une famille de plantes très évoluée. Elle se signale aux insectes comme une grande et seule fleur. L’insecte visite plusieurs fleurs sur chaque capitule et visite plusieurs capitules. Les fleurs sont souvent munies d’aigrettes ou parachutes que le vent transporte au loin. Le nombre de fleurs et les aigrettes améliorent la dissémination des graines. L’occupation des sols par ces plantes est plus rapide que par la plupart des autres plantes. C’est pourquoi de nombreuses astéracées, d’origine exotique sont invasives et les nôtres sont invasives ailleurs.
Particularité des épervières : elles sont vivaces, très diversifiées et de nombreuses espèces occupent tous les milieux. Il existe des spécialistes de ces fleurs, les hiéraciologues! En France métropolitaine il existerait 128 espèces du genre Hieracium différentes et plus de 4000 espèces ont déjà été décrites dans le Monde. Les épervières n’ont pas de lait à la coupure des tiges. Elles ont des fleurs ligulées jaunes et des akènes de 3 à 5 mm finement gravés tous semblables, sans becs, tronqués à leur extrémité. Les aigrettes sont blanc-sale, raides, non plumeuses et souvent cassantes. Elles sont constituées de 20 à 80 poils pas tous égaux.
Le capitule de nombreuses espèces est entouré de bractées hérissées de poils glanduleux.
Aspect général : épervière de taille moyenne, peu feuillée sur la tige et à feuilles de la base tachées et qlauques
Hauteur: 20 à 60 cm
Tiges et racines: plante à poils ras, non ramifiée, dressée et sans stolons
Feuilles: 3 à 8 feuilles le long de la tige et sans pétiole (sessiles). La taille des feuilles diminue de la base vers le haut. Les feuilles basales sont souvent maculées et glauques à la face supérieure mais sans pruine.
Floraison: de juin à octobre.
Fleurs: les tiges portent souvent 1 à 3 capitules de 2 à 3 cm. Ils sont formés de nombreuses fleurs en languettes à 5 dents et comme disposées en hélice autour d’un moyeu d’une roue. Elles sont de couleur jaune canari.
Chaque capitule est entouré par un tuilage régulier de bractées de 8 à 12 mm, vertes glanduleuses, couvertes de poils glanduleux noirs et de poils étoilés
Pollinisation : cette plante pollinisée par les insectes mais se développe plutôt par auto fécondation (autogamie)
Confusion : la variété est immense chez les épervières car avec leur reproduction est une autofécondation, non sexuée. Ce système favorise l’apparition de populations clonales issues d’un individu. La complexité est telle qu’il faut se résoudre à parler de groupes, de fleurs ayant des caractères communs. La notion de sous espèce est à éviter car la filiation est difficile à identifier. L' l'historique de leur différenciation est presque impossible à reconstituer à ce jour. Cette épervière comporterait 55 "sous-espèces".
Hybridation : des études d’hybridation ont été menées sur les épervières au jardin alpin de Grenoble par P Mraz en 2006 (1). Les hieracium sont hybridés par d’autres espèces de hieracium et génèrent des graines viables. Les phénomènes sont complexes et aboutissent à des individus ayant des patrimoines génétiques variables, de type normal, 2 n (2 jeux complets de chromosomes, un de chaque parent) ou hybrides, mais aussi 3n, ici 4n pour cette espèce. Ceci explique aussi les nombreuses variations sur les espèces d’épervières rencontrées. En général la plante obtenue est viable et ressemble davantage à la plante apportant les ovules.
Poiur compliquer, une plante coupée ne refait pas des feuilles semblables!
Fruits : les fruits sont des akènes noirâtres à 10 côtes de 3 mm. Ils se terminent par un parachute, un pappus (ou encore aigrette) blanc sale et non plumeux, dont les fils sont fixés sur deux rangées. Il facilite leur dissémination par le vent. Elles sont aussi disséminées parl’eau.
Habitat: cette Épervière tachetée aime les sols acides, la chaleur et supporte l’ombre. On la trouve sur les vieux murs, les lisières forestières, dans les lieux sablonneux, les lisières, les forêts claires de chênes, les buissons. Elle est présente sur tout notre pays jusqu’à 2000 m et en Europe, Asie du Nord et nouvelle espèce en Amérique du Nord.
Statut de protection : cette plante n’a pas de statut de protection légale dans notre pays. Elle est classée DD, données insuffisantes dans 8 régions. Cela signifie que l’on connait mal sa localisation et sa fréquence de répartition dans ces 8 régions. Elle est classée comme déterminante Znieff en Nord-Pas-de-Calais et Picardie
Écologie : dans les pays où elle est une néophyte, plante récemment introduite, cette épervière peut se développer rapidement en l’absence de ses ravageurs habituels. Elle devient alors envahissante et nuisible à la valeur du foin récolté.
Usage alimentaire :
pas d’utilisation connue
Toxicité : il semble que cette Épervière maculée soit toxique en raison des nombreux alcaloïdes qu’elle contient. Ils provoquent des lésions hépatiques et atteignent aussi les nerfs. Le bétail pâturant cette espèce présente en nombre est exposé à un risque d’intoxication.
Utilisation médicinale:
Usage traditionnel : cette épervière aurait été utilisée dans certains pays pour lutter contre des troubles digestifs, respiratoires et cutanés. Il n’existe aucune preuve de son efficacité.
C’est plus juste de se reporter aux propriétés de Hieracium pilosella selon wikiphyto
Composition confirmée par (2) :
Flavonoïdes : hétérosides de l’apigénol et du lutéolol : lutéoloside, Coumarine : ombelliférone, hydroxy-7-coumarine, Acides-phénols : acide caféique et acide chlorogénique ; Inuline
Propriétés :
Diurétique. L’ombelliférone inhibe fortement les Brucella (fièvre de Malte) et les acides-phénols sont anti-bactériens. Elle a une action astringente et antitussive, réduit les mucosités de l’arbre respiratoire, L’inuline, un polysaccharide très flexible (un fructane), est un diurétique osmotique, filtrée par le glomérule rénal, elle augmente la pression osmotique du liquide tubulaire.
Comme toujours, et avant toute utilisation, il faut consulter un médecin pour être averti des éventuels effets indésirables ainsi que des interactions possibles avec les médicaments classiques.
Texte et photos Roland Gissinger (Anab)
1/ Experimental hybridization in the genus Hieracium s. str.: crosses between diploid taxa P Mraz mars 2006
2/ The flavonoids of Hieracium umbellatum VL Shelyuto fev 1976
3/Sesquiterpene lactones and their precursors as chemosystematic markers in the tribe Cichorieae of the Asteraceae Zidorn Phytochemestry 2008
|
Nom taxon français |
Nom scientifique ab |
|
Achillée millefeuille |
|
|
Achillée sternutatoire |
|
|
Antennaire dioïque, Patte-de-chat, Pied-de chat dioïque, Gnaphale dioïque, Hispidule |
|
|
Anthémide des teinturiers, Camomille des teinturiers, Cota des teinturiers |
|
|
Armoise commune, Herbe de feu |
|
|
Arnica des montagnes, Herbe aux prêcheurs |
|
|
Aster à feuilles de saule / Aster à feuilles lancéolées |
|
|
Aster amelle, Marguerite de la Saint-Michel, Étoilée |
|
|
Bardane à petites têtes, Bardane à petits capitules |
|
|
Bident à fruits noirs |
|
|
Bleuet |
|
|
Bleuet des montagnes , Centaurée des montagnes |
|
|
Camomille inodore |
|
|
Carline commune, chardon doré |
|
|
Centaurée jacée, Tête de moineau, Ambrette |
|
|
Centaurée rude |
|
|
Centaurée scabieuse |
|
|
Chardon marie, Chardon marbré |
|
|
Chardon penché |
|
|
Chicorée sauvage |
|
|
Cirse acaule, Cirse sans tige |
|
|
Cirse commun, Cirse à feuilles lancéolées, Cirse lancéolé |
|
|
Cirse des champs, Chardon des champs |
|
|
Cirse des maraichers, Chardon des potagers |
|
|
Cirse des marais, Bâton du Diable |
|
|
Crépide à tiges capillaires |
|
|
Crépide bisannuelle |
|
|
Épervière tâchetée |
Hieracium maculatum |
|
Épervière des murs |
|
|
Épervière en ombelle, Accipitrine |
|
|
Épervière orangée |
|
|
Érigéron annuel, Vergerette annuelle |
|
|
Eupatoire à feuilles de chanvre, Chanvre d'eau |
|
|
Galinsoga cilié |
|
|
Gnaphale des bois, Omalothèque des bois, Gnaphale des forêts |
|
|
Gnaphale des fanges, Gnaphale des lieux humides, Gnaphale des marais, Cotonnière des marais |
Gnaphalium uliginosum |
|
Grande bardane, Bardane commune |
|
|
Inule à feuilles de saules |
|
|
Inule conyze, Inule squarreuse, Herbe aux mouches, Inule commune, Herbe aux punaises |
|
|
Inule des montagnes |
|
Laiteron des champs |
|
|
Laiteron potager, Laiteron lisse, Lait d'âne |
|
|
Laiteron rude, Laiteron piquant |
|
|
Laitue de Plumier, Cicerbite de Plumier, |
|
|
Laitue des Alpes, Cicerbite des Alpes, |
|
|
Laitue des murailles/des murs ou Pendrille |
|
|
Laitue serriole, Laitue scariole, Escarole |
|
|
Lampsane commune, Graceline |
|
|
Liondent d'automne |
|
|
Liondent hispide, Liondent variable |
|
|
Marguerite |
|
|
Pâquerette |
|
|
Pétasite blanc |
|
|
Pétasite hybride, Herbe aux chapeaux |
|
|
Picride amère, Herbe aux vermisseaux |
|
|
Picride fausse Vipérine |
|
|
Piloselle, Épervière piloselle |
|
|
Pissenlit |
|
|
Porcelle enracinée |
|
|
Prénanthe pourpre, Prénanthès pourpre , prepourpre |
|
|
Puliculaire dysentérique |
|
|
Salsifis à feuilles de crocus |
|
|
Salsifis à feuilles de poireau, Salsifis blanc, Salsifis du Midi |
|
|
Salsifis d'Orient |
|
|
Scorsonère humble, Scorsonère des prés, Petite scorsonère |
|
|
Séneçon à feuilles de Roquette |
|
|
Sénéçon aquatique |
|
|
Sénéçon de Fuchs/ Sénéçon ovale |
|
|
Seneçon doronic |
|
|
Séneçon du Cap, Séneçon sud-africain |
|
|
Sénéçon jacobée, Sénéçon de Jacob, |
|
|
Sénéçon visqueux |
|
|
Sénéçon vulgaire, commun |
|
|
Solidage du Canada, Gerbe-d'or, Verge d’or du Canada |
|
|
Solidage géant, Solidage glabre, Solidage tardif |
|
|
Solidage verge-d'or/ Petit solidage |
|
|
Tanaisie commune, Sent-bon |
|
|
Téphroséride en tête, Séneçon en tête, Téphroséris en tête, Téphroséride à têtes |
|
|
Téphroséride hélénitis, Séneçon spatulé, |
|
|
Tussilage, Pas d'âne, Herbe de saint Quirin |
|
|
Vergerette du Canada, Conyze du Canada |
|
/image%2F1479375%2F20220420%2Fob_7fe25c_4246660298920266123.jpg)
/image%2F1479375%2F20250812%2Fob_a7093f_hieracium-maculatum-su-dsc-9590-3.jpg)
/image%2F1479375%2F20250812%2Fob_e154b1_hieracium-maculatum-20070908-su-dsc-9.jpg)
/image%2F1479375%2F20250812%2Fob_d0c53c_hieracium-maculatum-20070908-su-dsc-9.jpg)
/image%2F1479375%2F20250812%2Fob_64243c_hieracium-maculatum-20071021-su-dsc-1.jpg)
/image%2F1479375%2F20250812%2Fob_b5ef37_hieracium-maculatum-20071021-su-dsc-1.jpg)
/image%2F1479375%2F20250812%2Fob_0e7a91_hieracium-maculatum-su-dsc-9590-2.jpg)
/image%2F1479375%2F20250812%2Fob_d97efa_hieracium-maculatum-20071021-su-dsc-1.jpg)
/image%2F1479375%2F20260210%2Fob_036f3e_capture-d-ecran-2026-02-10-085257.png)
/image%2F1479375%2F20260210%2Fob_45bd36_capture-d-ecran-2026-02-10-085233.png)