L’Hirondelle de fenêtre (Delichon urbicum)

Publié le 10 Août 2025

L’Hirondelle de fenêtre  (Delichon urbicum)- Photos Claudy Stenger
L’Hirondelle de fenêtre  (Delichon urbicum)- Photos Claudy Stenger
L’Hirondelle de fenêtre  (Delichon urbicum)- Photos Claudy Stenger
L’Hirondelle de fenêtre  (Delichon urbicum)- Photos Claudy Stenger
L’Hirondelle de fenêtre  (Delichon urbicum)- Photos Claudy Stenger
L’Hirondelle de fenêtre  (Delichon urbicum)- Photos Claudy Stenger
L’Hirondelle de fenêtre  (Delichon urbicum)- Photos Claudy Stenger
L’Hirondelle de fenêtre  (Delichon urbicum)- Photos Claudy Stenger

L’Hirondelle de fenêtre (Delichon urbicum)- Photos Claudy Stenger

 


Voici l’ Hirondelle de fenêtres qui devient de plus en plus rare. Savez-vous la distinguer de celle des cheminées (ou rustique) ? Roland

Nom scientifique : Delichon urbicum (Linnaeus, 1758)
Autres noms communs : “

Etymologie : "delichon " est l’anagramme de « chelidon », l’hirondelle en grec, et   "urbicum", signifie "citadin, de la ville» " en rapport avec son habitat principal. A noter que Carl von Linné, le père fondateur du classement des espèces avait nommé cette hirondelle Hirundo urbico car ne voyant pas  une grande différence avec les autres hirondelles. La notion de genre et d’espèce est fluctuante parmi les scientifiques et évolue dans le temps avec les nouvelles découvertes génétiques et biochimiques.

Nom Allemand/dialecte : Mehlschwalbe, Stadtschwalbe
Nom anglais : common or western house martin

Observation : à Sarre-Union  (Bas-Rhin - 67)  le 29 juillet


Classification et famille: les hirondelles appartiennent à la famille des Hirundinidae. Elle compte 92 espèces réparties en 21 genres.
Ce sont des passereaux de taille moyenne, entre 12 et 22 cm. Ils confectionnent leurs nids en forme de coupe avec de la boue. Ils nichent en hauteur sur des endroits rocheux ou des bâtiments sauf une espèce,
l’Hirondelle de rivage, Riparia riparia. Ils se nourrissent en vol d’insectes. Ils ont de longues ailes et leur queue est fourchue.

L’Hirondelle de fenêtre et les 3 espèces du genre Delichon, ont la particularité d’avoir des plumes qui recouvrent ses pattes. Ce n’est pas le cas de
l’Hirondelle rustique ou Hirondelle de cheminée , Hirundina rustica, ou hirondelle vraie qui a donné son nom au genre et à la famille.

Description :
Le plumage de l’Hirondelle de fenêtre est noir avec des reflets bleus métalliques. Le dessous du corps, son croupion et les plumes de ses pattes sont blancs. Les ailes de la queue ne sont pas effilées ou taillées en pointe à la différence de l’Hirondelle de cheminée. Ce sont ses signes distinctifs. Son dos est brun foncé à roux et sa queue noire.

Les ornithologues distinguent Madame de Monsieur dont la gorge est d’un blanc pur et non grisâtre.


Dimensions : de 13 à 15 cm de long (du bec à la pointe de la queue) pour 25 à 29 cm d'envergure. Son poids moyen est de 18 g (16 à 25 g).

Longévité : 5 ans


Chant :
L’oiseau du jour émet un gazouillis caractéristique « bri bri bri» très bref et aigu répété en  saccades de manière rapprochée ou pas.
Écoutez-le ci-dessous :

 

 En vert zonede reproduction- belu clair transit et bleu foncé hivernage de l’Hirondelle de fenêtre  (Delichon urbicum)

En vert zonede reproduction- belu clair transit et bleu foncé hivernage de l’Hirondelle de fenêtre (Delichon urbicum)

Vol : en biais en montant  avec des battements rapides (5,3 battements/seconde)  puis redescend en planant et décrivant de larges courbes. Poursuivie par un rapace l’hirondelle atteint la vitesse de 74 km/h.

Nourriture:
Elle est insectivore, et trouve sa nourriture exclusivement en vol.
Elle chasse à une hauteur moyenne de 20 m, capturant principalement des diptères et des pucerons
 (qui représentent environ 80 % de son régime), ainsi que d’autres petits insectes.
 Lors de son hivernage en Afrique, sa nourriture est plutôt constituée de fourmis ailées. Chacun de nous a pu remarquer qu’à l’approche de la pluie les hirondelles chassent bien plus près du sol, là où les insectes volants viennent se réfugier. Son territoire de chasse s’étend dans un rayon d’environ 450 m autour du nid.

Reproduction:
On sait peu de chose sur les parades nuptiales. Le mâle est monogame et défend vigoureusement son nid dès son installation.
Un nid fait avec de la boue
Les nids de ces hirondelles sont construits sur des falaises ou bâtiments, sous une corniche protectrice, un toit ou autre. Ils peuvent être isolés, mais sont souvent groupés par 4 ou 5,  et parfois même  en groupes très importants (plus de 1000). Le nid est constitué de boue trouvée aux alentours et mélangée à de la paille. L’intérieur est lisse et parsemé de plumes.
Ce nid, terminé en 10 à 18 jours, est bâti par les deux partenaires et quelquefois en coopération avec les hirondelles voisines.
Il mesure 12 à 15 cm de large  pour une dizaine de cm de haut. Il est presque entièrement fermé avec juste dans le haut un petit accès. Les agriculteurs bien avisés et les amis des oiseaux installent des nids artificiels pour favoriser l’implantation de cette espèce. Ces nids sont acceptés  sans problème, revoir notre article récent sur le nichoir à 51 nids implanté dans un village.


Ponte :
Elle consiste en 3 à 5 œufs couleur blanc pur de moins de 2 cm  (1.7 gramme chaque) couvés une quinzaine de jours. Les oisillons quitteront le nid après 4 à 6 semaines. Ils seront encore nourris une semaine par leurs parents, après quoi ces derniers entreprendront une seconde, voir une troisième couvée. Cette dernière est souvent vouée à l’échec sous nos latitudes.
Près de 15% des oisillons ne sont pas issus de leur père supposé. L’hirondelle est socialement monogame mais pas complètement. Les hirondelles mâles ayant achevé leur couvée profitent de l’absence des autres mâles.  Cette hirondelle s’hybride souvent avec l’Hirondelle rustique ou Hirondelle de cheminée, Cette hybridation pose la question de la notion d’espèce et même de genre puisqu’ici il s’agit d’une hybridation entre deux genres supposés distincts.
Carl von Linné, le père fondateur du classement binominal avait nommé cette hirondelle Hirundo urbico car il ne voyait pas  une grande différence avec les autres hirondelles. Il avait peut-être raison.
Cette notion de genre et d’espèce est fluctuante parmi les scientifiques et évolue dans le temps avec les nouvelles découvertes génétiques et biochimiques.


Habitat : l’Hirondelle de fenêtre apprécie les espaces ouverts, notamment  agricoles, situés près de l’eau. Elle  peut vivre jusqu’à 2600 m en Espagne, voire jusqu’à 4600 m comme au Tibet. Elle est présente dans les espaces urbains et les villages pour peu que la nourriture y soit abondante. On la trouve dans toute l’Europe jusqu’au milieu de l’Asie. Ses zones d’hivernage se situent au-delà de l’équateur jusqu’en Afrique australe.

Migration : les  hirondelles de fenêtre reviennent d’Afrique sahélienne au mois d’avril, en moyenne 10 jours après les Hirondelles rustiques. Elles ne passent pas par les détroits (Gibraltar et autres) mais traversent en ligne droite la Méditerranée à une vitesse de 45 km/h environ. Elles repartiront pour certaines déjà fin août. Elles restent fidèles au lieu de naissance. Une étude allemande a montré que sur 4700 oisillons de 60 villages du Haut Souabe, 450 sont revenus y nicher l’année suivante. La différence résulte des pertes et d’autres études montrant une perte de 30 à 60% pour les adultes de moins d’un an. L’écart au nid de naissance est en général de 1.5 km. Sur 279 mâles examinés 54  se sont reproduits dans la même maison.

Prédateurs : Parmi les prédateurs on trouve très rarement des rapaces de jour. Les chouettes effraie en font leur repas dans 4 à 8% des cas ainsi que les chouettes hulottes.
D’autres oiseaux comme les corvidés, la pie et des pics s’attaquent aux petits ou aux œufs. Les rats et mustélidés (fouine, martre) peuvent piller les nids. Les chats s’attaquent aussi aux hirondelles présentes sur les aires de prélèvement de boue.


Statut et protection: le nombre actuel d’hirondelles reste assez important. Elles ont bénéficié de l’extension des villes et champs  pour s’implanter.
La baisse drastique des insectes, due à l’usage massif d’insecticides non spécifiques, ainsi que la disparition des haies, prairies et abris naturels causée par les pratiques agricoles intensives, menacent fortement les hirondelles.
L’installation de nids artificiels est une solution pour augmenter les populations à condition que l’espèce existe dans le secteur. Leur occupation est de 17% la première année et 57% après 7 ans alors que la proportion est de 81% pour les nids naturels. Pour éviter la gêne des déjections il est  possible d’installer une planche sous le nid mais à au moins 50 cm pour éviter les prédateurs.



Article illustré par notre collègue photographe naturaliste, Claudy Stenger dont vous avez déjà pu apprécier les superbes photos sur notre blog. D’autres de ses photos sont visibles sur Flickr (cliquer)

Texte Roland Gissinger relecture très méritante et efficace de Bernard Weinzaepflen (Anab)



synthèse de sites internet et livres

Bibliographie :
1- https://de.wikipedia.org/wiki/Mehlschwalbe

 

Rédigé par ANAB

Publié dans #Oiseaux, #Biodiversité de notre région

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T
Un article très instructif . <br /> 5,3 battements/seconde!? On a vraiment du mal à imaginer ça.<br /> Merci à Claudy pour les magnifiques photos, à Roland et à Bernard.
Répondre
A
Merci Toll<br /> Roland