A quoi sert la COP et quels sont les enjeux?

Publié le 24 Novembre 2025

A quoi sert la COP  et quels sont les enjeux?

paru sur oxfam   -sur une proposition de Christian Merci Christian.

 

Que signifie l’acronyme COP ?

COP est l’acronyme de Conference of Parties, ou “Conférence des Parties” en français. Les COP sont des réunions annuelles entre les pays signataires de la Convention climat de l’ONU, de son nom complet la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC). Adoptée en 1992, cette convention fixe les bases de la coopération internationale pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et contenir le réchauffement climatique. Les COP sont ainsi les rendez-vous annuels où les pays font le point sur leurs engagements pour faire face à la crise climatique et où ils mettent en œuvre les nouvelles obligations négociées.

Quel est l’objectif d’une COP ?

L’objectif des COP est de coordonner la réponse internationale à la crise climatique. Elles permettent de suivre l’évolution des émissions de gaz à effet de serre d’année en année, de renforcer les engagements des pays et de fixer des objectifs communs pour limiter le réchauffement climatique. Les négociations portent à la fois sur des mesures d’atténuation (pour réduire les émissions) et sur des stratégies d’adaptation, afin d’aider les sociétés et les écosystèmes à faire face aux effets déjà présents du changement climatique.

Pour en savoir plus, consultez notre article sur la différence entre atténuation et adaptation aux changements climatiques

Un des principes fondamentaux des COP c’est celui de la Responsabilité Commune mais Différenciée. Chaque pays a sa part de responsabilité dans la crise climatique (responsabilité commune), mais cette responsabilité est inégale en termes d’intensité (responsabilité différenciée). Les pays développés, telle que la France, ont une responsabilité historique accrue sur la dégradation de l’environnement.

Comment fonctionne une COP ?

Concrètement, chaque pays qui fait partie de la convention (on les appelle les “parties”) envoie une délégation pour participer aux échanges. Cette délégation par pays est composée de responsables politiques, d’experts et de négociateurs. Par exemple, dans la délégation française, on retrouve généralement des représentants du ministère de la Transition écologique, du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, ainsi que des experts techniques issus d’organismes publics comme Météo-France ou le Haut Conseil pour le Climat. 

Les délégations de tous les pays cherchent à trouver un consensus sur des décisions communes, comme de nouveaux objectifs de réduction des émissions, des mécanismes de financement pour soutenir les pays les plus vulnérables ou encore des règles de suivi et de transparence. Ces négociations ont déjà abouti à des avancées majeures, comme la création du Fonds pour les pertes et dommages destiné à aider les pays les plus touchés par les impacts du changement climatique (en 2022, lors de la COP27).

En parallèle des négociations officielles, les COP accueillent également des milliers d’acteurs de la société civile, parmi lesquels des ONG, des scientifiques, des mouvements sociaux, des entreprises ou encore des collectivités locales. Tous participent à des événements, conférences et mobilisations qui visent à influencer les discussions et à rappeler l’urgence d’agir.

Quels sont les pays de la COP 

Les COP rassemblent les signataires d’un traité international des Nations Unies sur les changements climatiques, aussi appelé CCNUCC (Convention-Cadre des Nations Unies sur les changements climatiques). Ce traité est quasi universel avec 197 pays et 1 organisation économique régional (l’Union européenne) signataires.

Toutefois, les Etats ne sont pas les seules parties prenantes des COP, puisque la société civile, qui représente la population, est également présente (avec des représentant·e·s d’ONG, de la jeunesse, des scientifiques, des syndicats ou encore les populations autochtones…), mais également certaines entreprises (ce qui pose problème lorsque celles-ci ont des intérêts opposés à ceux des populations), sans oublier les médias.

Pour retrouver la liste complète des signataires, consultez la page Parties | CCNUCC.

Quelles sont les origines des COP ?

Plusieurs temps forts et publications internationales ont peu à peu éveillé les consciences écologiques, et mené à la mise en place des COP telles qu’on les connait.

          1990 : le premier rapport du GIEC

Formé en 1988, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat dévoile son premier rapport en 1990, démontrant la gravité du changement climatique. Encore aujourd’hui, le GIEC publie régulièrement des rapports à l’impact considérable à l’échelle mondiale.

Le saviez-vous ?

Le GIEC et Al Gore, ancien vice-président des Etats-Unis, ont reçu conjointement le prix Nobel de la Paix en 2007 pour « leurs efforts de collecte et de diffusion des connaissances sur les changements climatiques ».

« Les éminents scientifiques avec qui j’ai l’immense honneur de partager ce prix nous ont présenté un choix entre deux futurs différents […] Nous, l’espèce humaine, faisons face à une urgence planétaire – une menace pour la survie de notre civilisation qui gagne en potentiel destructeur et inquiétant, même en ce moment précis. Mais il y a aussi de l’espoir : nous avons la capacité de résoudre cette crise et d’éviter le pire – bien que pas toutes – de ses conséquences, si nous agissons avec audace, détermination et rapidité. » Al Gore

 

          1992 : le Sommet de la Terre de Rio 

Suite aux constats alarmants du GIEC, la Convention-Cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) a été adoptée au Sommet de la Terre de Rio en 1992. Il s’agit de l’une des trois conventions crées à Rio ; les deux autres concernant la préservation de la Diversité Biologique (CDB) et la Lutte contre la Désertification (CLD).

          1994 : un traité international pour lutter contre les changements climatiques

Fondement juridique de la coopération internationale pour le climat, la CCNUCC devient l’instance organisatrice et cadre des COP. Elle incombe aux Etats signataires de :

  • Se plier aux objectifs fixés,
  • Représenter un exemple dans la prise d’action et soutenir financièrement la lutte climatique, des pays du Nord en direction des pays du Sud global,
  • Se tenir aux obligations de reporting et de veille pour accélérer la recherche de solutions,
  • Participer volontairement à la réflexion de mesures d’adaptation et d’atténuation.

La première COP s’est tenue à Berlin en 1995. Elle fixera les premiers objectifs de réduction d’émissions de gaz à effet de serre par pays ou région.

Les COP qui ont marqué l’histoire

 

Le Protocole de Kyoto : les premières mesures climatiques “contraignantes” (1997)

Si les premières COP se sont surtout concentrées sur des objectifs de réduction d’émissions de gaz à effet de serre par pays ou région, le Protocole de Kyoto signe les premières mesures dites “contraignantes” lors de la COP3 de 1997. C’est en 2005 que ce protocole sera ratifié par suffisamment de parties pour imposer aux pays industrialisés une réduction des émissions de gaz à effet de serre d’au moins 5% entre 2008 et 2012, en prenant l’année 1990 comme référence. Il sera reconduit en 2012 avec une limite de réchauffement climatique fixée à 2°C. Cependant, les deux plus grands pays pollueurs, la Chine et les Etats-Unis, ne ratifieront jamais cet accord. Par ailleurs, ce Protocole s’est rapidement avéré trop peu contraignant face à l’ampleur des défis climatiques.

L’Accord de Paris : limiter le réchauffement climatique à 1,5°C (2015)

Dans la suite du Protocole de Kyoto, un autre traité international juridiquement contraignant sur l’atténuation et l’adaptation au changement climatique a été signé par 195 pays : il s’agit de l’Accord de Paris.

 

L’objectif se veut plus ambitieux avec une hausse des températures ne dépassant pas les 2°C, voire les 1,5°C par rapport aux niveaux préindustriels. Il s’agit du premier accord contraignant signé par quasiment l’intégralité des nations (mais ratifié par 188 pays) pour lutter contre le dérèglement climatique. Les Etats-Unis qui ont quitté l’Accord en 2017 en font de nouveau partie depuis 2021.

 

 

COP26 : le Pacte de Glasgow, un appel à accélérer l’action climatique (2021)

La COP26 a elle aussi marqué une étape importante en cherchant à renforcer la mise en œuvre de l’Accord de Paris. Les pays ont adopté le Pacte de Glasgow : pour la première fois dans une décision de la COP, les énergies fossiles sont explicitement mentionnées. Le texte appelle à « réduire progressivement » l’utilisation du charbon et à « mettre fin aux subventions inefficaces aux combustibles fossiles ». Le Pacte de Glasgow insiste aussi sur l’importance d’accélérer les réductions d’émissions d’ici 2030, afin de maintenir l’objectif de 1,5 °C en vie. Les pays sont invités à revoir et renforcer leurs plans climat (NDCs) avant 2025, plutôt que tous les cinq ans comme prévu initialement. 

La conférence a également abouti à des engagements financiers accrus pour soutenir l’adaptation dans les pays vulnérables, bien que jugés encore insuffisants. Enfin, elle a permis de finaliser les règles d’application de l’Accord de Paris, notamment sur la transparence et les marchés carbone.

La COP28 de 2023 : une transition hors des énergies fossiles au cœur des discussions

La COP28 de Dubaï a témoigné d’une volonté de sortie des énergies fossiles, malgré sa tenue au sein même d’un pays pétro gazier. Cependant, l’absence d’objectifs et d’échéances clairs a suscité de nombreuses critiques, de même que le manque de décisions sur l’équité Nord-Sud dans le financement de la transition écologique et la responsabilité des grands émetteurs de CO₂ historiques.

Pour en savoir plus, consultez notre article sur le bilan de la COP28

 

Que retenir de la dernière COP en 2024 ?

A la COP29, le financement climatique au centre des tensions

La COP29, organisée à Bakou en Azerbaïdjan, a été largement consacrée aux questions de financement climatique. Les pays se sont réunis pour s’accorder sur le Nouvel Objectif Collectif Quantifié de Financement (NCQG, pour New Collective Quantified Goal), un engagement des pays riches, historiquement plus responsables de la crise climatique et disposant de moyens plus importants, envers les pays du Sud, moins responsables et plus vulnérables, afin de les soutenir dans la réduction de leurs émissions et l’adaptation aux impacts du changement climatique.

En 2009, lors de la COP15 à Copenhague, les pays riches ont promis de mobiliser 100 milliards de dollars par an d’ici 2020 pour aider les pays du Sud à réduire leurs émissions et à s’adapter aux impacts du changement climatique. Cet objectif a ensuite été confirmé et intégré à l’Accord de Paris en 2015. Seulement cet engagement n’a pas été tenu à temps : les 100 milliards n’ont été atteints qu’en 2022, avec deux ans de retard, et une grande partie de ces financements a pris la forme de prêts plutôt que de dons, ce qui a contribué à accroître l’endettement des pays vulnérables.

Pour en savoir plus, consultez rapport “Les vrais chiffres des financements climatiques”

Le NCQG négocié à Bakou doit entrer en vigueur en 2025 et fixe désormais un plancher à 300 milliards de dollars par an. Cette hausse reste loin des besoins réels et aucun accord n’a été pris sur la part qui sera réellement constituée de financements publics. Par ailleurs, les modalités concrètes d’accès pour les pays du Sud, la répartition de l’effort entre pays développés et émergents et la répartition entre adaptation et atténuation restent flous. 

Ce montant considéré comme trop peu élevé et l’absence de clarté a nourri de fortes critiques de la part des pays les plus vulnérables, qui attendent des engagements solides et équitables pour faire face à l’urgence climatique.

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