Amsterdam, l’île confetti aux avant-postes de la recherche

Publié le 22 Novembre 2025

Amsterdam, l’île confetti aux avant-postes de la recherche

paru sur cnrs le 18/11/2025  suggéré par Christian. Merci Christian.

Début 2025, un gigantesque incendie a ravagé plus de la moitié de l’île Amsterdam. De retour sur place plusieurs mois après, des scientifiques tentent d’en estimer les conséquences sur ce havre de biodiversité à la croisée de l’océan Indien et de l’Antarctique.

Novembre 2025. Après une quinzaine de jours de navigation depuis La Réunion, une équipe de scientifiques français débarque du Marion Dufresne sur l’île Amsterdam. En cette fin de printemps austral, l’objectif est de mesurer les dommages du plus grand incendie jamais observé sur l’île. Entre janvier et mars 2025, au cœur de l’été sous ces latitudes de l’hémisphère Sud, plus de 55 % de la superficie de cette petite île française (58 km²) ont brûlé.

Un incendie d’une telle ampleur menace directement la faune et la flore locales, dont nombre d’espèces endémiques. Au sein des Terres australes et antarctiques françaises (Taaf, qui s’étendent des îles Éparses, entre Madagascar et le Mozambique, à la Terre Adélie, sur le continent blanc), Amsterdam dispose d’une situation géographique particulière. Entre les îles Kerguelen, à 1300 km au sud, et l’île Maurice, à 2700 km au nord, cette petite île volcanique se trouve à la jonction des climats polaires et subtropicaux. Avec l’île Saint-Paul, sa plus proche voisine, à 91 km plus au sud, elles représentent les îles les plus éloignées au monde de toute habitation humaine permanente.

Amsterdam, l’île confetti aux avant-postes de la recherche

Une île lointaine, paradis pour la science

Un tel isolement géographique a empêché toute installation pérenne sur l’île pendant des siècles. Si le navigateur Juan Sebastián Elcano1 aperçoit l’île en 1522 lors de son tour du monde, il faut attendre le XIXe siècle et la prise de possession française, en 1843, pour y voir s’installer de rares colons. Pour contester les prétentions britanniques sur l’île, la France encourage la venue de pêcheurs, et même d’un exploitant agricole réunionnais. En vain. De la présence coloniale, seules ont longtemps demeuré… des vaches, introduites sur l’île en 1871 et qui y ont prospéré, aux dépens de la biodiversité locale, jusqu’à leur éradication, au début des années 2010

Si les tentatives d’exploitation économique de l’île ont toutes échoué, la présence humaine sur Amsterdam a trouvé un second souffle au cours du XXe siècle avec l’installation de la base scientifique Martin-de-Viviès, en 1950, dans le nord de l’île. La science trouve en effet dans l’isolement géographique d’Amsterdam ce qui repoussait agriculteurs et pêcheurs : du temps et une sortie de la civilisation industrielle.

À 2 km au sud de la base scientifique, au sommet de la pointe Bénédicte, les chimistes bénéficient d’un site d’observation exceptionnel à l’échelle mondiale pour la chimie de l’atmosphère. En raison des faibles pollutions d’origine humaine sur Amsterdam, ils y mesurent depuis 1980 les quantités de CO2, d’aérosols et de poussières présentes dans l’atmosphère.

Amsterdam, l’île confetti aux avant-postes de la recherche

La pureté des observations sur la « pointe B » est telle que « mes collègues chimistes me disent que lorsqu’un incendie de brousse se déclare en Afrique, ils parviennent à l’identifier depuis Amsterdam », s’amuse David Renault, directeur de l’Institut polaire français Paul-Émile Victor (Ipev) et professeur à l’université de Rennes au sein du laboratoire Écosystèmes, biodiversité, évolution2.

Un havre de paix pour la biodiversité subantarctique

Cet écologue se rend sur place pour admirer d’autres merveilles que la pureté de l’air. Chaque été depuis une cinquantaine d’années, nombre de scientifiques débarquent sur Amsterdam afin d’en observer les prodiges de biodiversité. Cette île-confetti est notamment réputée pour ses oiseaux marins.

Pour Christophe Barbraud, directeur de recherche au CNRS au sein du Centre d’études biologiques de Chizé3, elle figure même « dans le top 5 des îles les plus importantes pour les oiseaux marins. Située à mi-chemin entre l’Inde, l’Australie et la zone subantarctique, elle abrite en effet une avifaune unique au monde, fruit d’influences indiennes, australasiennes et subantarctiques. »

Rédigé par ANAB

Publié dans #découverte nature, #Biodiversité hors région

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D
Ah ! Comme on aimerait y être 😉
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A
😎
T
Merci de cet article intéressant.
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A
Merci Toll.<br /> C'est grâce à Christian qui m'a recommandé de regarder la rubrique "vivant" sur le site du CNRS. <br /> D'autres articles très intéressants vous y attendent.<br /> <br /> Roland