La Saponaire officinale, Savonnière, Herbe à savon ( Saponaria officinalis)

Publié le 16 Novembre 2025

La Saponaire officinale, Savonnière, Herbe à savon ( Saponaria officinalis)
La Saponaire officinale, Savonnière, Herbe à savon ( Saponaria officinalis)
La Saponaire officinale, Savonnière, Herbe à savon ( Saponaria officinalis)
La Saponaire officinale, Savonnière, Herbe à savon ( Saponaria officinalis)
La Saponaire officinale, Savonnière, Herbe à savon ( Saponaria officinalis)
La Saponaire officinale, Savonnière, Herbe à savon ( Saponaria officinalis)
La Saponaire officinale, Savonnière, Herbe à savon ( Saponaria officinalis)
La Saponaire officinale, Savonnière, Herbe à savon ( Saponaria officinalis)
La Saponaire officinale, Savonnière, Herbe à savon ( Saponaria officinalis)
La Saponaire officinale, Savonnière, Herbe à savon ( Saponaria officinalis)

La Saponaire officinale, Savonnière, Herbe à savon ( Saponaria officinalis)

Cette Saponaire, très décorative, est utilisée depuis la nuit des temps comme savon. Pas étonnant alors que son nom soit lié au mot « savon » dans les noms communs en langue française et mais aussi, ceux de toutes les autres langues.
Roland

Nom scientifique :  Saponaria officinalis L., 1753

Origine du nom : son nom de genre vient du grec « Saponaria», le savon », en lien avec ses propriétés émulsifiantes. Le nom d’espèce « officinalis » indique qu’elle est utilisée à des fins médicinales.

Autres noms communs : Herbe à foulon, Savon du fossé, Savonnaire, Saponiètre 
 

Nom allemand : Gewöhnliche Seifenkraut auch Echtes Seifenkraut
Nom anglais : common soapwort, bouncing-bet, crow soap, and soapweed.

Date de l’observation: le 23 octobre à Oermingen (Bas-Rhin 67)

Famille de plantes : celle des  Caryophyllaceae, celle de l’œillet des fleuristes, des stellaires comme le Mouron des oiseaux et la Stellaire graminée. La famille comprend 80 genres  et 2000 espèces, la plupart sont des herbacées disséminées dans l’hémisphère nord, le bassin méditerranéen en particulier.

Cette famille est homogène. Les caractères communs  sont :
les feuilles opposées fixées sur des nœuds. Ce sont des épaississements d’anneaux de vaisseaux de la plante qui la rendent fragile à ces endroits.
La plupart des genres ont des fleurs à symétrie pentamère (de 5) et axiale. Les pétales sont soudés comme chez le silène ou non.

Les graines, souvent recouvertes de picots,  sont contenues dans une capsule ouvrant avec des dents ou des fentes.

Les saponaires  sont caractérisées par des sépales soudés à la base, la présence de deux styles.  Chaque dent du calice a une seule nervure nette et la capsule s’ouvre par 4 dents à maturité.

 

Type : plante vivace ordinairement glabre en hautes touffes.

Hauteur: de 30 à 70 cm

Tige : dressée, robuste, cylindrique, avec des  rejets stériles provenant d’une souche rampante portant des rhizomes ramifiés d’1 à 2 cm de diamètre.

Feuilles: les nombreuses feuilles sont lancéolées, larges de plus d’1 cm au centre et pouvant atteindre 10 cm de long. Elles sont disposées par paires opposées et soudées sur les nœuds de la tige. Chacune d’entre elles comporte 3 à 5 nervures longitudinales bien visibles.

Floraison: de juin à octobre

Fleurs : les fleurs parfumées, blanches à rose pâle ont environ 20 à 30 mm de diamètre. Elles sont groupées en cymes compactes. Leur symétrie est radiale. Les 5 pétales mesurent jusqu’à 2.5 cm avec leur onglet, non visible, qui plonge dans le tube floral. Ils possèdent deux petites écailles à la descente de l’onglet. Ils sont soudés à la base mais ni divisés ni dentés. Des variétés horticoles souvent naturalisées, possèdent des fleurs doubles.
Les fleurs  sont groupées au sommet des tiges en groupes serrés de 2 à 12. Leur floraison est décalée. Elles possèdent deux styles blancs très saillants et 10 étamines libres aux anthères jaune clair.
Le calice de 1.5 à 2.5 cm est en forme de tube à 5 dents courtes et strié de 15 à 20 nervures.


Pollinisation :
Les 5 étamines externes sont mûres en premier puis celles de l’intérieur et enfin les stigmates. La fleur reste ouverte trois jours. Les nectaires sont cachés à la base des onglets des pétales.
Elle émet d’avantage de parfum la nuit. Il est facile d’en déduire que les papillons de nuit sont leurs principaux visiteurs. Les pollinisateurs de jour sont les syrphes, les bourdons, les sphinx.

Confusion possible
 : elle est facile à reconnaitre et très différente des autres saponaires de notre pays comme la Saponaire de Montpellier, Saponaria ocymoides. Cette dernière pousse en montagne et près de la Méditerranée. Elle colonise le terrain avec de grands coussinets, est très rose et velue (voir photos).

Habitat: la Saponaire  officinale est un indicateur de mi-ombre, de terrain assez riche en azote, et humide comme des endroits caillouteux ou des bancs de gravier. On la trouve sur des terrains vagues, des décombres, le long des chemins, sur le ballast des voies ferrées et près des cours d’eau jusqu’à 1500m. Présente uniquement à l’origine en Europe de l’Est et de l’Ouest jusqu’au Caucase, elle a conquis ces 2 derniers siècles de nombreux pays (voir la carte) jusqu’au Grand Nord et Amérique du Sud…

 Fruit : capsule en long cylindre de 2 cm s’ouvrant par 4 dents. Elle contient de nombreuses graines brunes chagrinées de 1 à 1.5 mm de diamètre.

Protection : cette Saponaire officinale est assez commune sauf dans certaines régions comme les Ardennes. Elle est souvent plantée dans les jardins et spécialement le cultivar à fleurs doubles. Elle ne bénéficie d’aucune protection légale.
 
Écologie : cette saponaire est la plante hôte de papillons de nuit comme les noctuelles du genre Mamestra.

Usage : cette saponaire possède la propriété de produire de la mousse grâce à sa haute teneur en saponines. Elle servait, voici très longtemps au lavage. Elle était plantée près des maisons. Broyées, les feuilles et surtout les racines étaient mélangées à de l’eau qui devenait détergente après l’apparition de mousse. Elle servait à l’entretien des textiles délicats comme la laine et les tapis. En mélange avec de la soude c’est un bon dégraissant des laines animales. Les restaurateurs de meubles utilisent aussi la  saponaire en solution pour nettoyer des bois anciens.

Usage alimentaire et médicinal  :
Des extraits de racine sont utilisés, (en petites quantités) pour leurs propriétés émulsifiantes, dans la fabrication de la bière dans certains pays du Moyen Orient et d’ Afrique du Nord. C’est un ingrédient stabilisateur du broyat de graines de sésames, le tahini, ainsi que du halva, une pâtisserie  à base de sésame et de sucre.
Cette plante ingérée en doses importantes peut provoquer des intoxications chez le bétail.

Médecine traditionnelle et actuelle en Chine, Turquie, Iran : cette plante est utilisée pour renforcer les cheveux, pour lutter contre les rhumatismes, les maladies inflammatoires  de la peau (psoriasis, eczéma) ,contre   les vers parasites ainsi que contre les affections pulmonaires et buccales.
Voici bien longtemps, déjà les romains se baignaient dans des bains avec de l’eau de saponaire pour soulager leurs démangeaisons et autres maladies de la peau.

Principes actifs :
Cette Saponaire officinale contient près de 2 à 5% de saponosides tiges et feuilles et de 8% à 20% dans la racine. Il s’agit de l’acide quillayque surtout et de protéines des saporines proche d’un poison végétal bien connu, la ricine qui inactivent les ribosomes, Les ribosomes sont impliqués dans les relectures du code génétique au cœur des cellules. Les saponines en général sont ainsi un « poison alimentaire » mais un agent anti inflammatoire efficace et  très utilisé aujourd’hui dans les cosmétiques modernes.
Elle contient aussi des flavonoïdes (2) et une huile essentielle en petite quantité.
Pas étonnant avec ces différentes molécules que cette plante provoque des vomissements après ingestion et soit toxique dans certains cas.

Wikiphyto  indique comme usage  pour la plante entière:
Toux, bronchite, asthme
Douleurs rhumatismales et arthritiques
Eczéma et affections dermatologiques
Activité antivirale en association avec d’autres plantes
Il alerte cependant sur l’usage prolongée de cette plante en raison de sa toxicité potentielle.
Comme toujours, et avant toute utilisation, il faut consulter un médecin pour être averti des éventuels effets indésirables ainsi que des interactions possibles avec les médicaments classiques.

Recherche :
cette plante a fait l’étude de nombreuses recherches en raisons de ses propriétés médicinales connues depuis très longtemps.
Des propriétés antioxydantes, antibactériennes (3) et anti-inflammatoires (4)  ont été démontrées.
Plus anecdotique, les extraits de cette Saponaire officinale diminuent de 30% la production de méthane  chez les vaches. Les chercheurs (1) ne disent pas si ces effets ont été suivis par une application pratique dans des élevages.





Texte et photos Roland Gissinger (Anab),  relecture  Bernard Weinzaepflen


Sources bibliographiques voir index biodiversité

1/ Rumen antimethanogenic effect of Saponaria officinalis L. phytochemicals in vitro A. CIESLAK  april 2014

2/ Study of Flavonoid and Antioxidant Activity of Saponaria officinalis L. that Occurs in Buryatia BIOSCIENCES BIOTECHNOLOGY RESEARCH ASIA, December 2015.  Galina Batoevna Endonova
3/Antioxidant, Antimicrobial Activity and Total Phenolic Content within the Aerial Parts of Artemisia absinthum, Artemisia santonicum and Saponaria officinalis Memnune Sengul a2011

4/ A non-polar fraction of Saponaria officinalis L. acted as a TLR4/MD2 complex antagonist and inhibited TLR4/MyD88 signaling in vitro and in vivo Ga Ram Yu june 2022
5/ https://faseb.onlinelibrary.wiley.com/doi/full/10.1096/fj.202200018RR

6 Evaluation of Saponin-Rich Callus from Saponaria officinalis L. as a Novel Scrub Material with Significant Exfoliating and Anti-Inflammatory Effects Ga Ram Yu May 2025

7/ A comprehensive study of the sources, extraction methods and structures of the Saponin compounds for its antidiabetic activity Stefan Böttger, Matthias 2011

La Saponaire officinale, Savonnière, Herbe à savon ( Saponaria officinalis) avec une mouche tachinaire (Eliozeta pellucens)

La Saponaire officinale, Savonnière, Herbe à savon ( Saponaria officinalis) avec une mouche tachinaire (Eliozeta pellucens)

La Saponaire de Montpellier, Saponaire des rochers, Saponaire faux Basilic - (Saponaria ocymoides)   sur la commune de Le Muy- Var 83
La Saponaire de Montpellier, Saponaire des rochers, Saponaire faux Basilic - (Saponaria ocymoides)   sur la commune de Le Muy- Var 83
La Saponaire de Montpellier, Saponaire des rochers, Saponaire faux Basilic - (Saponaria ocymoides)   sur la commune de Le Muy- Var 83
La Saponaire de Montpellier, Saponaire des rochers, Saponaire faux Basilic - (Saponaria ocymoides)   sur la commune de Le Muy- Var 83

La Saponaire de Montpellier, Saponaire des rochers, Saponaire faux Basilic - (Saponaria ocymoides) sur la commune de Le Muy- Var 83

Autres caryophyllacées déjà présentés sur ce blog (cliquer sur le lien à gauche)

Nom scientifique abrégé

Nom taxon français

Cerastium semidecandrum

Céraiste à 5 étamines, Céraiste variable 

Cerastium glomeratum

Céraiste aggloméré 

Cerastium fontanum subsp. Vulgare

Céraiste commun, Mouron d'alouette

Cerastium arvense

Céraiste des champs

Cerastium fontanum

Céraiste vulgaire

Silene latifolia subsp. Alba

Compagnon blanc/ Silène des prés

Silene dioica

Compagnon rouge, Robinet rouge

Moehringia trinervia

Moehringie à trois nervures, Sabline à trois nervures

Stellaria media

Mouron des oiseaux  ou  Stellaire intermédiaire ou Morgeline

Myosoton aquaticum

Myosoton aquatique, Stellaire aquatique, Céraiste d'eau, Céraiste aquatique, Malaquie aquatique 

Dianthus armeria

Oeillet d'Armeria,Oeillet velu, Armoirie, Oeillet à bouquet

Dianthus carthusianorum

Oeillet des Chartreux

Dianthus superbus

Oeillet magnifique, Oeillet à plumet

Petrorhagia prolifera

Oeillet prolifère, Petrorhagie prolifère 

Arenaria serpyllifolia var. serpyllifolia

Sabline à feuilles de serpolet

Saponaria officinalis

Saponaire officinale, Savonnière, Herbe à savon

Silene vulgaris 

Silène enflé, Silène commun, Clochette blanche, Claquel, Tapotte, Pétard 

Lychnis flos-cuculi

Silène fleur de coucou /Oeil-de-perdrix

Silene nutans

Silène penché, Silène nutans

Spergula arvensis

Spergule des champs, Espargoutte des champs, Spargelle

Stellaria alsine

Stellaire alsine, Stellaire des sources, Stellaire des fanges

Stellaria graminea

Stellaire graminée

Rabelera holostea

Stellaire holostée

Viscaria vulgaris 

Viscaire commune, Silène visqueux, Lychnide visqueuse, Lychnis visqueux,Croix de Jérusalem, Oeillet des jansénistes, Silène gluant, Attrape-mouche

 

Rédigé par ANAB

Publié dans #Fleurs blanches, #Biodiversité de notre région

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T
Merci pour cet article très instructif et les magnifiques photos.
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A
Merci Toll😀<br /> Roland
B
Belles photos !
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A
😁
C
La saponaire est utilisée dans certains musées pour l'entretien de tapisseries anciennes
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A
Merci Christian