Le Hibou moyen-duc (Asio otus)
Publié le 23 Novembre 2025
Le Hibou moyen-duc est un des rapaces nocturnes les plus répandus sur le globe. Il s’adapte à tous les environnements pourvu que la nourriture abonde. Vous constaterez qu’il est plus sensible que les autres à la prédation.
Roland
Nom scientifique : Asio otus (Linnaeus, 1758)
Etymologie : « asio » désignait cet oiseau à l’époque romaine appelé « hibou cornu » et « otus» signifiait déjà « hibou » ou « chouette ».
A noter qu’il existe une soixantaine d’oiseaux nocturnes dans le genre Otus dont le Petit duc, Otus scops, le plus petit d’Europe dont l’habitat est méditerranéen.
Bernard a trouvé un lien entre « otus » le hibou qui a des aigrettes, on parlait d’« oreilles » autrefois et le mot « otite », pour certaines maladies des oreilles.
L’oreille se dit « otos » en grec ancien. Le nom de genre hibou a été stabilité seulement au XIX siècle. C’était un joyeux mélange. Depuis, seuls les rapaces nocturnes, les strigidés avec aigrettes sont dénommés « hiboux »
Nom en allemand/dialecte : Waldohreule
Nom en anglais : long-eared owl , or northern long-eared owl
Observation : le 15 septembre à Sarre-Union (Bas-Rhin -67)
Dimensions et poids : Il mesure 34 cm de long en moyenne, et 85 à
En dehors de son poids, il n’y a pas de différence physique entre femelles et mâles contrairement à de nombreux rapaces diurnes qui présentent un dimorphisme sexuel plus marqué.
Longévité : jusqu’à 28 ans mais la mortalité des jeunes atteint 50% la première année.
Classification et famille: celle des Strigidés, ou Strigidae, famille englobant 224 rapaces nocturnes dont les chouettes (sauf les effraies), et les hiboux, (le Petit, Moyen et Grand duc). Une douzaine seulement vivent en Europe. Voir aussi notre article sur la Chouette à lunettes ( Pulsatrix perspicillata ) de Guyane française.
Les hiboux ont des aigrettes au niveau des oreilles, au contraire des chouettes. Les aigrettes sont des touffes de plumes érectiles et n’ont aucun lien avec l’appareil auditif même si elles sont nommées quelquefois oreilles. Leur utilité n’a pas été démontrée de manière sûre. Il pourrait s’agir d’une sorte d’avertissement ou un signal pour d’autres individus de la même espèce. Ils ont des serres puissantes et acérées, un bec crochu comme tous les rapaces. Ces rapaces, les strigidae, ont la particularité d’avoir un vol très silencieux. Leurs plumes possèdent de petites barbules de kératine durcie, mais très souples, sur le bord d’attaque de l’aile et des franges sur le bord de fuite d’air des ailes. Ces structures ont pour effet de casser les turbulences et donc de réduire fortement le bruit du frottement de l’air.
Cela leur permet de surprendre leurs proies. Les autres oiseaux n’ont pas ce perfectionnement.
Il existe une analogie avec les requins et les orques. Leur peau est garnie de très fines barbules. Elles permettent (selon les physiciens) un écoulement plus rapide d’un autre fluide que l’air, l’eau.
Description :
Ce hibou de taille moyenne est de forme allongée. Sa tête possède un masque facial circulaire typique, de couleur brun orangé avec de raies verticales très claires le long des yeux. Son regard est hypnotique avec ses grands yeux orangés pupillés de noir. Son plumage est brun rayé de clair. Ces rayures sont très visibles et caractéristiques sur des plumes trouvées en forêt.
Les pattes sont garnies de plumes pour empêcher le bruit de frottement de l’air sur la peau nue.
Avec son apparence, on peut dire que c’est un Hibou grand-duc miniature.
Au repos, avec ses couleurs de camouflage et une immobilité parfaite, il est quasi indétectable à la vue. J’en avais un à moins de
Chant :
Le chant est constitué d’appels du genre « hou hou » perçus à 1 ou
Nourriture: il chasse et mange des petits rongeurs, surtout des campagnols, mais aussi des souris et autres espèces similaires.
Il capture plus rarement des petits passereaux (10 à 20% dans certains pays) comme les moineaux, les mésanges. Il ne dédaigne pas de gros insectes, coléoptères, criquets (aux Canaries) et des lézards, grenouilles.
Le régime alimentaire est déterminé par l’examen détaillé des pelotes de réjection, ces amas de poils, d’os et autres matières rejetées par le bec de la plupart des rapaces.
Le régime alimentaire de ce hibou a été beaucoup étudié, il n’existe pas moins de 86 études. Il en ressort que le Hibou moyen-duc a une nette préférence pour le Campagnol des champs (Microtus arvalis) dont la spécificité est de vivre en groupes. Dans 69 % des cas, les campagnols représentent plus de la moitié de ses proies, et cette proportion peut atteindre jusqu’à 93 % dans certaines régions comme l’ancienne Tchécoslovaquie. Cet oiseau est devenu un auxiliaire important de l’agriculture dans ces pays. En son absence, le campagnol pourrait pulluler et causer de gros dégâts économiques. Si la population de campagnols est basse, le hibou élève moins de jeunes. Bel exemple adaptation.
Le poids moyen d’un campagnol prélevé en Lithuanie a été mesuré à
Dans le nord-ouest des États-Unis, notamment en Oregon, le moyen-duc chasse d’autres rongeurs, comme le Gaufre gris (Thomomys talpoides), un rongeur pesant environ
Tout est plus gros aux Etats-Unis, là, c’est presque un « Big Mac ». (Personnellement, jamais mangé je n’y vais pas). Ce rongeur taille XXL représente en Oregon, 75% de la biomasse alimentaire avalée par notre oiseau.
Dans certaines régions, comme au Japon, il peut ingérer des chauves-souris, qui représentent près de 57 % de son régime alimentaire.
Ce hibou chasse la nuit pendant deux périodes de 3 heures. Il lui arrive aussi de chasser le jour si les proies sont rares.
Il plane près du sol en utilisant sa vue perçante et son ouïe. Difficile à voir, mais sa fente auriculaire mesure
Reproduction et nidification:
Ce Hibou moyen-duc est mature à un an. Le couple peut se former pendant l’hiver. Pour les autres, le mâle cherchera à attirer une femelle dans son territoire qui s’étend sur 50 à
Le Hibou moyen-duc squatte les nids d’écureuils, ou d’oiseaux assez grands comme ceux des corneilles et des pies. Le nid se situe à une hauteur moyenne de 7 m, mais varie avec les essences du boisement. La taille moyenne d’un nid est de 22.3 cm.
C’est le mâle qui nourrit la nichée et la maman.
D’avril à juin, la femelle pond au total, 4 à 6 œufs à une fréquence d’un œuf tous les 2 jours. Ils sont ovoïdes et mesurent e 35 à 40 mm. Le nombre s’accorde avec la nourriture disponible. Elle les couve 4 semaines.
Les jeunes quittent le nid après 3 à 4 autres semaines et vont grimper dans les arbres très habilement grâce à leurs serres. Ils peuvent voler une semaine après. Les parents pourvoient à l’alimentation des jeunes tant qu’ils ne sont pas entièrement autonomes. Les jeunes s‘émancipent en partant quelquefois très loin du nid parental, jusqu’à 2140 km. Ceci a été, observé chez des hiboux partis du Portugal, grâce aux bagues d’identification. En général c’est plutôt dans un rayon de 50 à 100 km, ce qui est déjà pas mal.
Habitat : son territoire est celui des forêts de conifères et des haies, mais aussi des parcs et jardins des villes et villages. Il a besoin d’espaces dégagés pour chasser. Sa répartition est très large. Il est présent dans presque tout l’hémisphère Nord et en Afrique jusqu’en Éthiopie et souvent en montagne pourvu qu’il y trouve sa nourriture.
Migration :
Les populations du Nord migrent en hiver, quelquefois sur de grandes distances, 2000km. Les populations d’Europe Centrale se déplacent moins. Les hiboux redescendent de la montagne ou vont chercher une zone plus tempérée au bord de la mer.
Prédateurs :
ce sont les fouines et martres (œufs et jeunes), les buses, l’Autour des palombes, et le Hibou grand-duc ! Le Hibou moyen-duc, est l’un des cinq oiseaux les plus chassés par le Grand-duc. Les ornithologues pensent que cela provient du fait que son nid est ouvert et très accessible. Il manque quelquefois de discrétion (appel des petits ou des adultes). Une mortalité supplémentaire survient quand il avale les rongeurs empoisonnés aux raticides.
La Chouette hulotte est en concurrence directe dans certains de ses habitats. Elle est mieux adaptée aux forêts denses. Des études aux Pays-Bas ont montré que si les hulottes sont trop nombreuses dans une aire de vie, ses populations diminuent.
Statut et protection: oiseau totalement protégé par la loi. Les populations de Moyen-duc sont globalement assez stables. Cependant, leur survie dépend fortement de celle de leurs proies et de la disponibilité de milieux favorables. L’agriculture intensive, avec les traitements chimiques des cultures qui détruisent insectes et rongeurs, constitue une menace. De plus, la disparition des haies, des vergers et des prairies naturelles non traitées, qui sont leurs habitats préférés, se poursuit de manière constante.
Article illustré par notre collègue photographe naturaliste, Claudy Stenger dont vous avez déjà pu admirer les photos sur notre blog. D’autres photos sont visibles sur son compte Flickr (cliquer)
Texte Roland Gissinger (Anab) synthèse de sites internet et livres, relecture Bernard Weinzaepflen(ANAB)
Sources bibliographiques voir index biodiversité
très complet : https://en.wikipedia.org/wiki/Long-eared_owl
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