Mécanismes de fixation du lierre (et réponse au quiz)

Publié le 17 Décembre 2025

 

Un article récent paru sur le site Anab décrivait les caractéristiques botaniques de cette plante grimpante. Reste donc à connaître le procédé par lequel le lierre s’accroche à son support.

 

Les mécanismes de fixation du lierre




 

Des rameaux d’âges différents courent le long de ce tronc d’arbre; On remarquera que les rameaux âgés sont abondamment garnis de filaments qui correspondent à des racines adventives modifiées. Sur le bord gauche du cliché, un rameau peu épais porte des racines principalement sur la face en contact avec le tronc-support. Ce sont ces organes qui constituent les racines à crampons permettant la fixation.

Mécanismes de fixation du lierre (et réponse au quiz)

Les racines adventives sont réparties en touffes étagées (unités) au niveau des entre-noeuds de la tige originelle. Leur prolifération et leur allongement en l’absence de surface support conduisent à la formation d’un épais manchon (rôle secondaire protecteur ?).

 

Dans les parties aériennes (verticales), les racines adventives ont perdu leur capacité d’absorption alimentaire, elles développent une extrémité crampon caractérisée par la présence d’un système de fixation très efficace. Contrairement à d’autres végétaux lianoïdes qui sont dotés de crochets recourbés ( ronces, rosiers par ex. , cf aussi les fruits de la bardane), le lierre a développé à la surface des zones crampons un système de poils microscopiques adhésifs.

 

Vue microscopique (sans préparation) d’extrémités de racines  adventives fixatrices. On distingue les manchons de poils microscopiques qui vont entrer en contact très étroit avec les moindres irrégularités du support. L’extrémité de ces poils sécrète une substance adhésive. Cette première adhésion induit le développement des poils et racines proches avec comme effet, l’augmentation des possibilités d’ancrage. Enfin, un deuxième mécanisme  entre en jeu : le dessèchement, qui va contracter poils et racines plaquant encore plus fortement le lierre à son support.



 

Les architectures du lierre

 

 

Bases d’un tronc de lierre. A gauche, un appareil racinaire conséquent et un tronc unique qui part à l’assaut d’un conifère. A droite, un chêne sert de tuteur au lierre. Le développement du tronc de lierre s’accompagne d’une croissance en épaisseur et d’une ramification en tiges plus ou moins nombreuses.

Cependant les enchevêtrements sont monnaie courante et des rameaux peuvent fusionner créant une anastomose 
 

 

En A, anastomose de deux rameaux de lierre. Mais la photo, parait-il, en présente encore une autre…
 

 

 

Les rameaux du lierre courent de façon quasi rectiligne sur plusieurs dizaines de mètres le long du tronc pour se ramifier une nouvelle fois au niveau du houppier de l’arbre (chêne) où la plante développe ses organes reproducteurs. 

 

Lorsque le lierre occupe la presque totalité du houppier, ou que l’arbre-hôte a subi un traumatisme (cime sectionnée, tronc incliné) ou s’il colonise un poteau, le lierre peut émettre des rameaux descendants qui constituent alors des lianes véritables et qui finissent par s’ancrer dans le sol.
 

 

Les relations lierre-hôte et humains

 

Les relations entre le lierre et son arbre-support font l’objet de nombreuses discussions entre partisans de sa conservation et partisans de sa suppression. 

Une chose est sûre, le lierre est une plante chlorophyllienne qui assure ses propres besoins (cf lierre colonisant un support inerte) 

 

 

Le spectacle du tronc de lierre sectionné à la tronçonneuse ou entaillé à la hache. 




Textes, photos et bibliographie  Étienne Feuchter (Anab)


 

Bibliographie en français

 

-Zoom-nature les armes secrètes du lierre pour se cramponner

https://www.zoom-nature.fr/les-armes-secretes-du-lierre-pour-se-cramponner/

 

-Le lierre grimpant par Dominique

https://forum.mikroscopia.com/topic/17547-lierre-grimpant-crampons/

 

-La présence du lierre (Hedera helix) dans les parois rocheuses

https://www.obsirocbel.com/pages/environnement/importance-du-lierre.html

 

et en anglais

https://doi.org/10.1098/rsif.2010.0140

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T
Merci de cette suite intéressante à l'article du 15 janvier 2025
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R
merci Etienne de t'être penché de près sur ce lierre pour nous apprendre ou confirmer qu'il est plein de ressources
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B
merci pour cet excellent article. <br /> Nota: La Hulotte consacre 2 numéros entiers au lierre ! N°106 et 107
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A
Merci Bernard de cette appréciation et merci de ce rappel