Qu’est-ce qu’une espèce spécialiste ?

Publié le 14 Novembre 2025

Qu’est-ce qu’une espèce spécialiste ?

paru sur INPN le 22/11/2024
 

Une espèce est appelée "spécialiste" lorsqu’elle utilise un seul type de ressources ou d’habitat, ce qui la rend très dépendante de ce dernier. Elle est donc très sensible aux perturbations de sa ressource ou de son habitat.

Espèces spécialistes et généralistes

Espèces spécialistes

La majorité des effectifs d’une population doivent être concentrés dans un seul habitat pour qu’une espèce soit considérée comme spécialiste. Les espèces spécialistes ont des besoins très spécifiques pour survivre, au contraire des généralistes qui supportent une plus grande variété de conditions environnementales.

Ainsi, dès qu’il existe une perturbation environnementale et que l’une des conditions de survie de cette espèce disparaît, elle est fortement en danger car elle dépend de cet environnement précis. Par exemple, le koala ne mange que de l’eucalyptus. Cela le rend inapte à exister dans un environnement sans eucalyptus. La dépendance des espèces spécialisées à leur environnement les rend très vulnérables aux perturbations.

Espèces généralistes

À l’inverse, les espèces généralistes peuvent survivre dans une plus grande variété d’habitats, et utilisent une plus grande diversité de ressources. Elles sont donc bien plus tolérantes aux changements – elles prospèrent dans de nombreuses conditions. Aujourd’hui, les espèces généralistes sont souvent en hausse, tandis que les spécialistes sont souvent en déclin. Comme il y a beaucoup moins d’espèces généralistes que d’espèces spécialistes, cela provoque un véritable appauvrissement de la faune et de la flore et une uniformisation, puisque l’on va retrouver les mêmes espèces (généralistes) dans tous les milieux. Cette tendance se remarque à une échelle européenne.

Des espèces généralistes comme le pigeon ramier, le pic vert ou le merle noir vivent dans de nombreux habitats, et on les rencontre aussi bien au cœur des villes que dans le bocage, dans les forêts de montagne ou les plaines céréalières. Au contraire, les espèces spécialistes comme l’alouette des champs, le pic épeiche ou le gros-bec casse-noyaux auront besoin d’habitats très spécifiques (milieux agricoles pour la première, milieux boisés pour les deux autres).

 

Qu’est-ce qu’une espèce spécialiste ?

Ce que les espèces spécialistes révèlent de l’environnement

On constate une baisse du nombre d’individus des espèces spécialistes, car leurs habitats sont perturbés. Plusieurs facteurs entrent en jeu lorsqu’on considère la perte de qualité de leurs environnements.

Par exemple :

  • la baisse de ressources alimentaires,
  • la disparition des espaces propices à la reproduction,
  • le changement des conditions climatiques.

Ces espèces sont de véritables indicateurs de l’état de la biodiversité : elles indiquent que l’espace dans lequel elles vivent se dégrade.

À titre d’exemple, on sait grâce aux suivis participatifs du Muséum national d’Histoire naturelle et de l’OFB que les oiseaux communs spécialistes de métropole ont décliné de 24 % entre 1989 et 2021. La situation actuelle est très préoccupante, notamment pour les oiseaux spécialistes des milieux agricoles qui ont perdu 38 % de leurs effectifs. Cela révèle une importante dégradation des milieux agricoles en métropole.

Relecture et contribution Benoît Fontaine

Rédigé par ANAB

Publié dans #Apprendre de la nature, #Biodiversité hors région

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
T
Pensons aussi aux humains, qui seront bientôt rendus obsolètes par leur propre création: l'intelligence artificielle.
Répondre
A
Toll le pire des scénarios de science fiction qui pourrait se réaliser...<br /> <br /> <br /> 🤣Sylvain<br /> <br /> Roland
S
Plutôt l' Idiotie Avérée , non ??
B
Comme quoi, se spécialiser dans un domaine, n'est pas toujours un avantage. Une erreur de l'évolution ?
Répondre
A
C'est la diversité des habitats et des climats qui a créé cette biodiversité Bern@rd. Et qui donc a fichu le bazar dans toute cette harmonie de biodiversité et qui en plus aggrave tout ces dernières décennies??<br /> <br /> Roland
C
Je reçois cet article comme un peu un article tocsin nous rappelant les conséquences de nos civilisations<br /> fondées sur le primat de l'économie et sa fuite éperdue en avant , pour le progrès matériel.<br /> L'article cite les oiseaux, mais pensons aussi au insectes, la disparitions d'espèces de papillons ( lépidoptères ) car les chenilles ne trouvent plus le végétal dont elles se nourrissent., ni un lieu de vie propice. Et quid de beaucoup de mammifères?<br /> Mais last but not least, l'homme lui même est concerné physiquement et culturellement, pensons aux tribus aborigènes condamnées, aux centaines de langues disparaissant à jamais.<br /> Le prix du " progrès" humain?
Répondre
A
Constat moche mais réaliste Christian<br /> Roland