Après le calamar colossal, des biologistes découvrent un calamar inconnu qui passe sa vie à l’envers

Publié le 10 Février 2026

 Dans les abysses, la lumière du soleil se fait rare.

Dans les abysses, la lumière du soleil se fait rare.

paru sur franceinfo le 10/1/2026

En explorant la fosse marine de Clarion-Clipperton à plus de 4 100 m de profondeur, des biologistes viennent de découvrir un calamar inconnu qui se comporte d'une façon bien étrange.

L'année 2025 aura été riche en découvertes concernant les calamars. Au printemps, une expédition internationale a observé pour la toute première fois un calamar colossal vivant. C'est la plus grande espèce de calamar, ils peuvent dépasser les 17 mètres de longueur et peser près de 500 kg. En hiver 2025, la découverte d'un calamar encore plus incroyable a été publiée.

Le mot calamar ou calmar vient de calamarium en latin, qui signifie l'écritoire, car le calamar, comme l'écritoire, possède de l'encre, mais aussi une plume, une sorte d'os à l'intérieur de son corps dont on se servait jadis pour écrire.

Une découverte intrigante

C'est en explorant la fosse marine de Clarion-Clipperton, une zone de geysers sous-marins, que des biologistes marins ont cru voir d'étranges vers émerger de la vase au fond de l'eau à plus de 4 100 m de profondeur. En approchant leur caméra, ils se sont aperçus qu'il s'agissait en fait de calamars, qui vivent enfouis sous la vase à l'envers, ne laissant que deux tentacules émerger du substrat.

Il s'agirait soit d'une protection contre les prédateurs, soit d'une manière d'imiter des éponges. Dans ces grandes profondeurs, certaines éponges, qui peuvent vivre jusqu'à 17 000 ans, collaborent avec les crevettes, qui les nettoient. En imitant l'éponge, le calmar attire les crevettes, ce qui lui permet de les manger.

Cette découverte n'est qu'un petit échantillon de toute la biodiversité que l'on commence tout juste à entrevoir dans ces zones de sources hydrothermales marines. Certaines espèces y détiennent, sans doute, les secrets de médicaments du futur, ou de l'origine de la vie, puisque les biologistes pensent que c'est ici que la vie serait apparue. Mais ces régions sont très menacées : des projets miniers visent à les détruire pour récupérer quelques métaux rares qui y abondent. La communauté scientifique tente d'éviter cette catastrophe et demande un moratoire, soutenu par certains pays comme la France, mais attaqué par des lobbys industriels. C'est un véritable bras de fer géopolitique qui se joue, bien loin des abysses.

La science souhaite donc à ce nouveau calamar, à peine découvert, de nous ouvrir les yeux sur la vraie richesse de ses profondeurs : le vivant qu'il nous faut préserver.

Rédigé par ANAB

Publié dans #Biodiversité hors région, #Apprendre de la nature

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B
Un as du camouflage! Pourvu que ce moratoire aboutisse.
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A
😄oui, ce serait bien