Éléphant, baleine boréale… Ces animaux experts en lutte contre le cancer qui intéressent la recherche
Publié le 16 Janvier 2026
paru sur franceinfo le 14/1/2026 une vidéo de 3 minutes sur le site
Certains animaux ne développent pas ou très peu de cancer. C'est le cas des éléphants, des baleines ou encore des lièvres de Patagonie. Leur mécanisme biologique intrigue les chercheurs et pourrait peut-être demain permettre de soigner les cellules cancéreuses chez l'être humain.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.
N'Dala est une éléphante de 36 ans, née en captivité. Trois tonnes dans lesquelles se cache peut-être un remède contre le cancer. Pour le découvrir, l'animal coopère pour une prise de sang avec ses soigneurs du ZooParc de Beauval (Loir-et-Cher). "La difficulté, c'est de pouvoir accéder à une partie de l'animal en sécurité et d'avoir l'animal qui est désensibilisé à ça, qui tolère ça et qui même participe", explique l'un des soigneurs.
Sans le savoir, elle participe à la science. Deux chercheurs viennent récupérer l'échantillon, ils vont l'analyser car l'éléphant a une résistance exceptionnelle au cancer. "On sait que c'est une espèce de grande taille, donc en théorie il y a beaucoup plus de cellules qu'une espèce de petite taille, et donc il y a plus de chances qu'une de ces cellules prenne un comportement cancéreux. Cette espèce devrait en théorie développer un fort taux de cancer, et ce n'est pas le cas", souligne Mathieu Giraudeau, chercheur au CNRS - Laboratoire LIENSs.
Un gène particulièrement efficace chez l'éléphant
On compte seulement 5 % de cancer chez l'éléphant, alors que ce taux peut atteindre jusqu'à 40 % chez d'autres mammifères. Le secret se cache au cœur de la cellule. Lorsque l'ADN d'un éléphant est endommagé par des mutations, au lieu de se multiplier et de former une tumeur, la cellule s'autodétruit. Le cancer n'a pas le temps de se développer. Derrière ce mécanisme, un gène suppresseur de tumeurs beaucoup plus efficace chez l'éléphant. Les scientifiques cherchent à mieux le comprendre, dans l'espoir, un jour, d'imiter son action chez l'homme. Cette découverte a lancé tout un champ de recherche contre le cancer : s'inspirer des animaux.
Mathieu et Orsolya s'y consacrent à plein temps. Les zoos leur donnent accès à toute une panoplie d'échantillons pour faire des tests sur les cellules. "Ce ne sont que les prélèvements, soit de sang total, soit de plasma, soit de sérum, éventuellement aussi de tissus sur les organes qui ont été prélevés en autopsie, par exemple", précise le Dr Antoine Leclerc, vétérinaire du ZooParc de Beauval. Grâce aux données des zoos du monde entier, ils ont évalué la résistance au cancer de près de 200 espèces.
Le lièvre de Patagonie et la baleine intéressent les chercheurs
Découverte spectaculaire, certains animaux n'en développent pas du tout, comme le lièvre de Patagonie, le Mara. Des retraitées alsaciennes sont impressionnées : "C'est une ouverture pour la recherche médicale, ce serait bien. Si c'est un animal qui peut faire du bien à la race humaine, pourquoi pas ?", estime l'une des visiteuses du parc.
Tout reste à découvrir sur les secrets du Mara pour résister au cancer. Mais les scientifiques sont enthousiastes. Des mécanismes très variés ont déjà été identifiés, par exemple chez la baleine boréale dans le Grand Nord. Elle répare son ADN grâce à une protéine aux propriétés prometteuses contre les tumeurs. Des millions d'années d'évolution scrutées par les chercheurs pour trouver le remède le plus adapté à l'homme.
/image%2F1479375%2F20220420%2Fob_7fe25c_4246660298920266123.jpg)
/image%2F1479375%2F20260115%2Fob_116ff6_capture-d-ecran-2026-01-15-091334.jpg)
/image%2F1479375%2F20260115%2Fob_f2a321_capture-d-ecran-2026-01-15-091213.jpg)