Le Géranium mou (Geranium molle)

Publié le 4 Janvier 2026

Le Géranium mou (Geranium molle)
Le Géranium mou (Geranium molle)
Le Géranium mou (Geranium molle)
Le Géranium mou (Geranium molle)

Le Géranium mou (Geranium molle)

Ce Géranium mou avec ses petites fleurs roses échancrées est présent sur sols secs et ensoleillés. Comment le différencier des 12 autres géraniums de notre flore locale et des 30 espèces de métropole ? Roland


Nom scientifique : Geranium molle L., 1753
Autre nom commun : Géranium à feuilles molles

Origine du nom : du grec « geranos  » qui signifie « la grue », car les fruits ont une  forme de bec de grue et du latin  «mollis » qui signifie «mou », en lien avec la faible rigidité des feuilles.
 
Nom allemand/ dialecte: Weiche Storchschnabel
Noms anglais :  dove's-foot crane's-bill or dovesfoot geranium

Date et lieu  de l’observation : le 15 avril à Sarre-Union (Bas-Rhin 67)


Famille de plantes : celle des géraniums, pélargoniums et autres érodiums de nos contrées et dénommées Géraniées.
Cette famille de 835 espèces distribuées en 5 genres comprend des herbes, des arbres et arbrisseaux dans les régions tempérées et subtropicales.

Résumé des critères botaniques: la symétrie est bilatérale pour les fleurs  du genre Pelargonium, et radiale en 5 parts, soit pentamère. Le genre Geranium est différent, sa symétrie est radiale, en roue. Il possède 5 pétales, 5 sépales, 5+5  étamines et 5 carpelles.
Le fruit est formé par la réunion de ces 5 carpelles prolongés par un « bec de grue » caractéristique (bec de cigogne pour les allemands et d'autres).
Ces plantes sont très souvent odorantes. Un pélargonium odorant  est depuis longtemps cultivé sous les tropiques comme à La Réunion, pour son huile essentielle ou essence  indispensable à la parfumerie.

Catégorie : plante typiquement  annuelle mais qui peut se comporter en bisannuelle

Port : plante à longs poils mous de 1 à 2 mm, très ramifiée à petites fleurs roses.

Hauteur : 5 à 40 cm.

Tige: ascendante ou rampante, couverte de longs poils mous.

Feuillage : les feuilles sont odorantes au froissement avec une odeur d’encre de Chine. Elles sont alternes et leur contour s’inscrit dans un cercle de 1 à 4 cm. Les feuilles de base sont longuement pétiolées et disposées en rosette. Leur pétiole devient de plus en plus court et les feuilles du haut des tiges sont sessiles. Elles sont découpées seulement jusqu’au milieu en 5 à 9 lobes en coin.
Les petites feuilles à la base des pétioles ou stipules sont rouges et en forme de triangle.

Le Géranium mou (Geranium molle) et sa répartition
Le Géranium mou (Geranium molle) et sa répartition
Le Géranium mou (Geranium molle) et sa répartition
Le Géranium mou (Geranium molle) et sa répartition
Le Géranium mou (Geranium molle) et sa répartition
Le Géranium mou (Geranium molle) et sa répartition
Le Géranium mou (Geranium molle) et sa répartition
Le Géranium mou (Geranium molle) et sa répartition

Le Géranium mou (Geranium molle) et sa répartition

Floraison : avril à septembre

Fleurs : de couleur rose à pourpre, petites, de 3 à 8 mm de diamètre. Les fleurs de symétrie radiale sont portées par paires, par un pédoncule souvent long, 1 à 8 cm.
Les 5 pétales sont bien échancrés, en forme de cœur. Ils sont deux fois plus longs que les sépales terminés par une pointe (mucron).
Les 10 étamines fertiles élargies à leur base sont disposées en deux rangs. Les stigmates sont violets. Les sépales sont poilus et glanduleux.


Pollinisation : elle est réalisée par les insectes, en particulier les hyménoptères et les papillons. En alternative cette plante peut s’autoféconder, c'est-à-dire utiliser son propre pollen pour féconder ses organes femelles. (cette fécondation est dite autogame)

Fruits : fruit à 5 méricarpes traversés par 6 à 9 rides à la base. Le fruit velu mesure 25 mm de long. Il a une forme de bec de grue ou de cigogne (d’où son nom commun allemand).  La dissémination est assurée par les animaux grâce au catapultage des graines par le fruit. En se desséchant le fruit emmagasine de l’énergie mécanique dans les parois en s’enroulant. Quand la tension limite est atteinte, les parois du fruit se fissurent et libèrent brutalement les graines jusqu’à 1 m. C’est une dissémination par autochorie ou ballochorie.

Habitat : ce Géranium mou est une plante typique des champs, friches, terrains vagues, au pied des murs, du bord des chemins, des lisières des forêts et des jardins assez secs. Il aime les sols ensoleillés et bien drainés comme les sols sableux jusqu’à 1300 m. Il est originaire d’Europe méditerranéenne. Il a été naturalisé en Afrique du Nord Asie (Ouest et centre). C’est un néophyte introduit en Amérique du Nord où un peu envahissant, pose quelques problèmes sur les écosystèmes.


Confusion possible : il peut être confondu avec d’autres géraniums en particulier le Géranium fluet , Geranium pusillum. Le milieu de vie, la forme et couleur des feuilles, fleurs, sépales et fruits sont différentes.

Protection
Le Géranium mou est présent partout dans notre pays Il est souvent dispersé. Il est évalué comme espèce sans risque de disparition et classé LC, préoccupation mineure.


Usage alimentaire   considéré comme non comestible

Usage médicinal :

Ce Géranium mou était utilisé autrefois  (XVII ème siècle)  pour guérir les blessures internes et externes.  Ce sont les feuilles en décoction dont on enduisait les petites blessures de la peau. Mélangée à du vin, elle était aussi censée guérir des douleurs articulaires ( ??).

 Activités thérapeutiques des géraniums
Le rhizome des géraniums contient des tanins astringents et de la géranine. Ces composants le rendent efficace pour réduire ou arrêter les saignements (hémostatique).
Les géraniums élaborent de nombreux antioxydants variés et efficaces contre les attaques de bactéries, micro-organismes, attaques hépatiques  et autres cancers.
Souvent les cancers et attaques du foie, démarrent suite à la présence de trop de radicaux libres qui sont des  molécules hyper réactives cancérigènes.
Les antioxydants comme la vitamine C et les flavonoïdes ont la propriété de piéger les radicaux libres et donc de protéger des cancers.
Ila été démontré que la digestion  des polyphénols par l’organisme est très variable. Les effets constatés in vitro sur des tests de simulation et des produits de référence ne peuvent pas préjuger de l’efficacité sur les humains.

Le Géranium mou est voisin du géranium le plus commun, l’Herbe à Robert, Geranium robertianum. Son action anticancéreuse in vitro, donc en simulé au laboratoire sur des cellules cancéreuses humaines (sein, poumon, utérus, foie)  est équivalente à celle de Geranium robertianum selon Vana (1)

Selon wikiphyto, les propriétés répertoriées de l’Herbe à Robert, Geranium robertianum ,:  tonique, astringent, diurétique, hypotenseur et antidiabétique.
L’huile essentielle de ce géranium est composée de plus d’une centaine de composants. Selon Alsheri (2) elle a des propriétés antimicrobiennes.
Ce géranium n’est pas le favori des chercheurs mais cet article  (2) vous dira tout sur la chimie des géraniums.


Texte,  photos, bibliographie  Roland Gissinger (Anab)



1/ Chemical characterization and bioactive properties of: Geranium molle L.: From the plant to the most active extract and its phytochemicals Graça Vana 2016


2/ The Geranium genus: A comprehensive study on ethnomedicinal uses, phytochemical compounds, and pharmacological importance Bader Alsherhi avr 2024
3/ Fractionation of the more active extracts of Geranium molle L.: a relationship between their phenolic profile and biological activity Graça Vana Apr 2018

 

.

Rédigé par ANAB

Publié dans #Fleurs roses, #Biodiversité de notre région

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
T
On peut compter sur les géraniums vivaces pour égayer nos jardins pendant la majeure partie de l'année.<br /> J'inclus l'Herbe à Robert, cette plante très fine que l'on considère souvent comme mauvaise herbe.<br /> Même si l'on est faible en maths, il est impossible de ne pas s'émerveiller à l'idée des fleurs mathématiciennes.<br /> Je me permets de suggérer deux liens:<br /> https://sbocc.fr/publication/mathematiques-et-botanique-nombre-dor-angle-dor-suite-de-fibonacci-et-phyllotaxie/<br /> <br /> https://www.chroniquesplurielles.info/post/botanique-math%C3%A9matiques-et-autres-curiosit%C3%A9s
Répondre
A
Merci beaucoup Toll de ton commentaire et de ces liens vers des sites de découvertes mathématiques dans la nature<br /> Roland<br />
B
Ce Géranium est aussi mou que moi au réveil ! En attendant le printemps révisons; 😎
Répondre
A
🤣🤣🧐
C
Lisant les descriptions de plantes, voire les étudiant,on ne peut qu'être frappé par la multiplicité de la structuration de celles-ci, la symétrie .Ici notre geranium a une symétrie , radiale, en roue,, d'autres sont d'apparence plus simple, mais partout la mathématique est reine et que dire des nombres .Les philosophes grecs le savaient déjà.<br /> Oui, la nature mérite la médaille "Fields" des mathématiciens et bien sûr notre herbe à Robert.
Répondre
A
Merci Christian de cette réflexion mathématico-philosophique. Les plantes sont encore plus douées en maths que tu ne l'imagines.<br /> <br /> Par exemple le nombre de pétales d'une marguerite répond à une formule, la suite mathématique de Fibonacci : 13, 21,34, 55.. Elle correspond à un éclairage optimal des pétales.<br /> <br /> Les fougères et de nombreuses plantes comme le chou Romanesco, ont un développement de la fronde ou du limbe en fractales, objets mathématiques de plus en plus médiatisés.<br /> Il existe bien d 'autres exemples qui peuvent nous interroger!<br /> Roland