"Plus de 500 000 renards sont tués pour rien".
Publié le 19 Janvier 2026
Paru sur lepetit Bleu le 27/11/2025 L'Anab fait partie de ce collectif;
"Plus de 500 000 renards sont tués pour rien". Ce collectif veut le déclassement du renard roux de la liste des ESOD
Le renard roux fera-t-il partie de la liste des ESOD prochainement ? Alors que cet animal fait partie de la liste des espèces susceptibles d’occasionner des dégâts depuis les années 80-90. Depuis 2016, le collectif Renard Grand Est, qui réunit près de 70 structures liées à la connaissance et à la protection de la nature du Grand Est, veut le déclassement de cette espèce de cette catégorie.
Qu’est-ce que l’ESOD ?
Les espèces susceptibles d’occasionner des dégâts (= ESOD) regroupent des animaux pouvant avoir un impact sur la biodiversité. Cette liste est actualisée tous les trois ans. Ce sont les chasseurs qui soumettent à l’État les animaux éligibles, avant que l’instance compétente n’approuve ces propositions. Parmi elles, il y a le chien viverrin, le raton laveur, le vison d’Amérique, le ragondin…
Des centaines de milliers tués chaque année
Le renard roux fait donc partie de la liste des ESOD, une incompréhension pour Franck Vigna, porte-parole du collectif Renard Grand Est : "C’est chaque année au moins 500 000 renards tués pour rien. Cela fait 40 ans que des associations veulent le retrait de cette espèce de la liste mais aujourd’hui ce sont aussi des scientifiques et des citoyens qui soutiennent cette cause". La raison principale de ce classement est la prédation de la perdrix grise, dont les populations sont en train de diminuer fortement, et de la poule. "J’entends que les populations de perdrix grise sont en crise mais ce n’est pas à cause du renard. Si on en tue un parce qu’il est nuisible, un autre viendra. Le renard est opportuniste donc cela ne sert à rien. Pareil pour les poules, il suffit surtout de fermer les enclos". Le collectif Renard Grand Est prévoit des mesures pour la protection de ces espèces avec notamment un plan de poulailler pour protéger les volailles. Concernant les perdrix, Franck Vigna essaye d’aménager le territoire, en plantant des haies par exemple.
Tuer des renards, un risque sanitaire
La destruction du renard roux a aussi un enjeu sanitaire pour Franck Vigna. "Avant le renard avait la rage et maintenant cette espèce peut transmettre l’échinococcose alvéolaire", une maladie parasitaire grave, causée par un petit ver. Selon le porte-parole qui s’appuie sur une étude de l’ANSES, la propagation de cette pathologie peut être plus importante si le nombre de prélèvements de renards augmente et que cette espèce reste dans les ESOD. Il conclut en rappelant que l’échinococcose alvéolaire représente un risque pour la santé humaine.
Une lettre envoyée au préfet et au ministère
Pour faire remonter les faits et faire changer la situation du renard roux, le collectif Renard Grand Est a envoyé une lettre aux préfets des départements du Grand Est ainsi qu’au ministère de la Transition écologique. "On entre dans une période stratégique puisque la liste des ESOD, pour les trois prochaines années. C’est actuellement que se tiennent les débats sur la chasse du renard gris au sein des départements. La décision définitive devrait être rendue en début d’année prochaine".
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