Record de plantes en fleurs au Nouvel An
Publié le 13 Janvier 2026
Record de plantes en fleurs au Nouvel An: "une preuve tangible que le changement climatique influence directement le monde qui nous entoure"
Des chercheurs britanniques ont mesuré la floraison hivernale au Royaume-Uni. Pendant cette période, ils s'attendaient à constater 10 espèces en fleurs…. Ils en ont relevé 310.
Pissenlits, marguerites et séneçons… Vous l’avez sûrement remarqué, de plus en plus de fleurs s’épanouissent pendant la période hivernale. Ce phénomène, au-delà d’un simple constat, est aujourd’hui étudié scientifiquement via la phénologie. Comme l'explique l'Office national des forêts, la phénologie est, chez les végétaux, l’étude des stades saisonniers de leur cycle de vie, comme la floraison ou la fructification, en lien avec les paramètres climatiques. Elle permet notamment de comprendre comment les plantes réagissent aux variations de la température ou des saisons.
Selon l'organisme français, observer ces stades phénologiques est essentiel pour suivre l’adaptation des végétaux au changement climatique. En effet, les périodes de feuillaison, de floraison et de fructification sont toutes influencées par des facteurs comme la température ou la durée du jour.
C'est pour cette raison que la Société botanique de Grande-Bretagne et d’Irlande (BSBI) organise la collecte de données autour de la floraison des plantes au Royaume-Uni pendant la période du Nouvel An, afin de comprendre comment les plantes réagissent aux variations climatiques. Les résultats de l'année 2025 sont publiés par le Met Office, le service météorologique national du Royaume-Uni.
310 plantes locales en fleurs au Nouvel An, contre les 10 attendues à cette époque
Lors de la dernière "New Year Plant Hunt" coordonnée par la BSBI, une enquête qui recueille des observations citoyennes de plantes fleuries autour du Nouvel An, les chercheurs ont recensé des chiffres qui dépassent largement leurs attentes. En effet, 310 espèces indigènes (locales) en fleurs ont été observées soit "un chiffre bien supérieur aux 10 espèces généralement attendues à cette période de l’année", constate le Met Office dans son communiqué.
Lorsqu’on inclut les espèces non indigènes (qui découle de l'intervention humaine), le total s’élève à 646 espèces fleuries, "parmi lesquelles figurent des espèces familières comme la vergerette du Mexique ainsi que les lamelles blanches et rouges". Selon les chercheurs, ces observations reflètent des changements dans les cycles de vie des plantes qui seraient liés à l’évolution du climat.
Dérèglement climatique : "un signe visible que chacun peut constater dans son propre jardin et son quartier"
Dans le communiqué, les chercheurs étudient la corrélation entre la température moyenne et floraison. Ils constatent que pour chaque degré Celsius supplémentaire de température moyenne sur les mois de novembre-décembre, ce sont 2,5 espèces de plantes de plus qui sont observées en fleurs autour du Nouvel An.
Dans le communiqué, Kevin Walker, responsable scientifique du BSBI, indique : "cette nouvelle analyse met en évidence un lien très clair entre la hausse des températures et les impacts sur nos espèces végétales", ajoutant que "c’est un signe visible que chacun peut constater dans son propre jardin et son quartier".
De son côté, la docteure Debbie Hemming, climatologue, insiste sur l’importance de ces résultats : "ces découvertes soulignent comment la hausse des températures et la multiplication des événements climatiques extrêmes modifient les cycles naturels de nos plantes et de notre faune", et fournissent une "preuve tangible que le changement climatique influence directement le monde qui nous entoure".
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