La Crépide des marais (Crepis paludosa).
Publié le 8 Février 2026
Parmi toutes ces astéracées jaunes certaines sont plus faciles à reconnaitre par leur aspect et leur milieu de vie. Cette Crépide des marais est grande et ne fréquente que les zones très humides au sol neutre ou acide.
Roland
Nom scientifique : Crepis paludosa (L.) Moench, 1794
Synonyme :
Autres noms communs :
Origine du nom : vient du mot grec « krepis », soulier» et du latin « paludosa», « des marais», car cette fleur est inféodée aux milieux humides, marais en particulier.
Noms communs dialecte / allemand : Zumpf-Pippau
Noms anglais : marsh hawk's-beard
Date de l’observation : le 26 juin à Harskirchen (Bas-Rhin 67)
Famille de plantes : celles des Astéracées (anciennement Composées) qui comprend la marguerite, le bleuet, le pissenlit, les centaurées. Cette famille de plantes est particulière. La fleur est en fait un ensemble de fleurs réunies en une tête serrée, dénommée «capitule». C’est une famille de plantes très évoluée. Elle se signale aux insectes comme une grande et seule fleur. L’insecte visite plusieurs fleurons (petite fleur élémentaire des Astéracées) de chaque capitule et visite plusieurs capitules. Les fruits à maturité sont fréquemment munis d’aigrettes ou de parachutes qui permettent un transport par le vent, souvent très loin. Le nombre de fleurs et les aigrettes améliorent la dissémination des graines. Les Astéracées colonisent les sols bien plus vite que nombre d’espèce végétale. Pour cette raison nombres d’entre elles, d’origine exotique sont invasives et les nôtres sont invasives ailleurs.
Particularité des Crepis: ce sont des astéracées jaunes, de la « tribu » des Cichorieae l’une des 43 tribus des Asteraceae, celle de la chicorée dont ils sont proches. Il en existe plus de 200 espèces dont 25 en France avec plusieurs sous-espèces.
Leur centre de différenciation se situe autour de la Méditerranée. Les Crepis sont absents des Amériques, de l’Océanie et sont rares en Afrique et Asie.
Les Crepis ont du latex dans leur sève et plus de 20 fleurs en languette sur leurs capitules. Les capitules sont hermaphrodites ou femelles et ont un style bifide. Ils sont entourés de petites feuilles ou bractées dont une rangée périphérique est plus longue et forme un petit calicule. Les graines sont striées et lisses. Elles se terminent par des soies ou pappus d’un blanc pur sauf exception. Les tiges sont feuillées.
De nombreux Crepis (2) dont Crepis santa proche de la Crépide des marais ont la particularité d’avoir deux types de graines. Celles de la périphérie sont légères et possèdent un grand pappus ou parachute, celles du centre un pappus rudimentaire ou plus petit et des graines plus lourdes.
Celles de la périphérie sont donc mieux conçues pour le vol. Elles se disperseront plus loin avec le vent que les autres. Ces dernières coloniseront le milieu à proximité du plant mère. Chez cette Crépide des marais, la différence est peu marquée entre les graines d’un capitule.
Catégorie : grande plante vivace glabre de zone humide
Hauteur: 40 à 100 cm (jusqu’à 120 cm)
Tiges et racines: tige dressée, cannelée, feuillée et ramifiée dans le haut issue d’une racine et brune, avec un pivot court et des racines secondaires profondes.
Feuilles: elles sont alternes et dentées très irrégulièrement et cordées à la base. Les inférieures sont ovales à lancéolées, portées par un pétiole ailé. Les feuilles de tige sont sessiles, embrassantes, avec de larges oreillettes dentées en forme de fer de lance (hastées).
Floraison : mai à juillet
Fleurs: plante à capitules de 1.5 à 2.5 cm d’un jaune vif groupés en corymbes lâches. Les fleurs sont toutes en forme de languette et disposées serrées comme chez le pissenlit. En-dessous, les capitules conservent les petites feuilles protectrices du bourgeon, toutes de même aspect. Ces feuilles, ou bractées, de 8 à 12 mm, ont des poils glanduleux noirs, très visibles sur les boutons floraux. Une rangée est plus longue que les autres et dénommée calicule.
Pollinisation : cette plante produit beaucoup de nectar. Ses fleurs sont très bien visibles. Elle est très attractive pour les insectes. Comme de nombreuses astéracées, elle n’est pas dépendante d’un insecte ou type d’insectes. Elle améliore ainsi ses chances d’être pollinisée et l’est par de nombreux insectes, hyménoptères (abeilles) et diptères (mouches) en particulier.
Confusion : peu probable
Fruits : ce sont des akènes de 5 mm environ sans bec, joliment décorés de 10 cotes longitudinales lisses. Ils ont une aigrette à soies un peu raides et de couleur blanc teinté d’orange.
Cette couleur est rare chez les autres crépides dont la particularité est justement d’avoir des aigrettes ou pappus, souples et d’une couleur blanc-pur. Ils sont disséminés par le vent.
Habitat: cette Crépide des marais est présente sur les sols riches en humus, neutre ou acides et aime la mi-ombre. Elle s’épanouit dans les prairies grasses et humides, les terrains sableux alluvionnaires, les marais et les alentours des suintements d’eau. Elle est présente dans notre région sur des alluvions sableux, dans la région de Bitche et sur les Hautes-Vosges. Ailleurs c’est une plante européenne, présente des îles britanniques jusqu’en Sibérie occidentale et jusqu’à une altitude de 2200 m.
Statut de protection : cette plante est classée LC, sans risque de disparition, au niveau national. C’est une plante protégée par la loi en région Bourgogne.
Dans la quasi-totalité des régions elle est espèce déterminante Znieff.
Ceci signifie qu’elle est indicatrice de milieux rares. Ses milieux de vie, les zones humides sont en très forte régression ces dernières années en raison du drainage de ces milieux, des pratiques agricoles intensives et de l’extension urbaine et industrielle.
Les ZNIEFF , Zones Naturelles d’Intérêt Écologique Faunistique et Floristique ont pour objectif d’identifier et de décrire des secteurs présentant de fortes capacités biologiques et un bon état de conservation à partir de listes d’espèces peu courantes ou rares.
Usage alimentaire :
les fleurs sont comestibles et utilisées , pour décorer les plats. C’est à faire avec précaution en raison des nombreuses bactéries et microorganismes qui prolifèrent dans les zones humides.
Usage médicinal:
L’usage traditionnel de cette Crépide des marais était identique à celui des autres crépides : guérir de problèmes cardiovasculaires, digestifs ou de diabète.
Les composants de cette plante, ses flavonoïdes, ses lactones ont des propriétés intéressantes. Elles sont antioxydantes, antiinflammatoires, antibactériennes, antidiabétiques et ont été prouvées par des tests en laboratoire (1).
Je n’ai trouvé cependant aucune étude scientifique faite sur des extraits de la plante et sur des humains qui confirmerait ces propriétés.
Comme toujours, et avant toute utilisation, il faut consulter un médecin pour être averti des éventuels effets indésirables ainsi que des interactions possibles avec les médicaments classiques.
Texte et photos Roland Gissinger (Anab)
Sources bibliographiques voir index biodiversité
1/Ethnobotany, Phytochemistry, Biological, and Nutritional Properties of Genus Crepis—A Review Natale Badalamenti fev 2022
2/Rapid evolution of seed dispersal in an urban environment in the weed Crepis sancta P-O Cheptou mars 2008
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