La Maison de la nature du Ried décrypte le climat pour les enfants
Publié le 27 Février 2026
paru surl'Alsace le 18/2/2026- trouvé par Bernard.
Comprendre le fonctionnement du changement climatique et avoir des pistes pour agir à leur niveau, voici ce que les enfants d’Alsace centrale pourront vivre lors d’un séjour mis en place par la Maison de la nature à Muttersholtz. Un séjour qui répond à un besoin des enseignants.
« Parler de la banquise qui fond et du pauvre petit ours blanc, c’est bien gentil mais c’est un peu limité… » Jean-Thomas Kieffer, responsable du secteur jeunes à la Maison de la nature du Ried et de l’Alsace centrale à Muttersholtz, explique la genèse du séjour qu’elle proposera aux scolaires à partir de la rentrée prochaine. Celui-ci sera entièrement consacré à la thématique du climat. « Il répond à un besoin que les enseignants avaient exprimé. Ils constataient qu’ils manquaient de moyens pour expliquer aux élèves les enjeux du climat sur leur vie quotidienne. »
Alimentation, énergie, transport, biodiversité sont les sujets abordés. « En fait, nous ne réinventons pas les choses, nous piochons les activités abordant ces sujets dans nos autres séjours thématiques pour en faire un ensemble cohérent. »
Changement ou réchauffement ?
Mais au fait, de quoi parle-t-on ? Du réchauffement ou du changement ? « Nous leur parlons du changement climatique car la notion de réchauffement est trompeuse : 1 ou 2 degrés de plus, cela peut être sympa sous nos latitudes. Sauf que cela génère des inondations, des tempêtes plus fortes, des hivers décalés… Nous leur donnons les outils pour comprendre l’influence que cela peut avoir chez nous. »
Par exemple, les hivers plus doux avec moins de neige, ce n’est pas qu’une question de ski mais c’est aussi moins d’eau en plaine et dans les rivières et donc moins de poissons que nous mangeons. Les étés voient des sécheresses et canicules ? Les parents ne peuvent plus arroser la pelouse ou remplir la piscine. Il fait trop chaud ? On dort mal, on est fatigué. Il pleut tout le temps ? On a le moral à zéro et on risque d’être inondés.
Éviter l’écoanxiété
L’alimentation permet d’aborder la question des transports - ai-je besoin de manger des tomates en hier ? - et des produits locaux. L’effet du climat sur la biodiversité est expliqué avec l’apparition des espèces invasives ou le décalage des saisons et son influence sur les animaux.
« Nous leur apportons ensuite des solutions à leur portée pour éviter l’éco-anxiété », reprend Jean-Thomas Kieffer. « L’idée est de ne surtout pas leur dire « tu dois » mais de leur expliquer ce qu’ils peuvent faire avec leurs parents : prendre parfois le vélo ou le bus, manger parfois des repas végétariens, baisser un peu le chauffage et mettre un pull… Ce sont des petites gouttes, mais qui forment des rivières. »
Pour y parvenir, la Maison de la nature a un excellent outil, le sentier « les chemins de la transition » de Muttersholtz : neuf étapes à travers le village qui présentent des initiatives et solutions locales : une maison en terre et paille, les espaces de nature et les liaisons douces dans le village, une exploitation agricole en transition, une mini-centrale hydroélectrique… Avec un espoir : « Créer les citoyens de demain qui agiront en connaissance de cause et non pas juste par des automatismes non compris. Éteindre la lumière sans comprendre pourquoi il faut le faire, cela n’a pas de sens. »
La mésange et le chocolat
Au cours de ce séjour, les enfants multiplient les expériences ou les exemples concrets.
Deux tablettes de chocolat, l’une sur la table l’autre sous un saladier chauffé par une lampe : voici l’effet de serre illustré par le chocolat fondu.
Qu’est-ce qui risque de provoquer des inondations ? La fonte de la banquise ou celle des glaciers ? Un verre rempli de glaçons (la banquise) et un rempli d’un caillou et du même nombre de glaçons (le glacier). Dans le premier verre, les glaçons fondus ne changent pas le niveau de l’eau, dans le second ils font monter son niveau.
L’impact des hivers plus doux sur les oiseaux de nos jardins : normalement, les chenilles, qui se nourrissent des bourgeons, éclosent au même moment que les oisillons. Si l’hiver est trop doux, les bourgeons (et donc les chenilles) éclosent plut tôt, au moment où les mésanges couvent et mangent peu. Les chenilles pullulent et le temps que les oisillons naissent, elles ont grandi et ils ne peuvent plus les avaler. Résultat, les insectes nuisibles dévorent les cultures.
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