Quatre médias français épinglés pour « mésinformation climatique »
Publié le 16 Février 2026
paru sur huffpost le 7/2/2026
À elles quatre, elles représentent 65 % des cas de mésinformation sur le sujet climatique en 2025.•
En 2025, 655 cas de mésinformation climatique sont relevés dans les médias audiovisuels français, avec Sud Radio, CNews, Europe 1 et RMC représentant 65% des cas.
• Les énergies renouvelables et les voitures électriques sont les principales cibles de cette désinformation.
• L’Observatoire des Médias sur l’Écologie prévoit d’étendre ses analyses à la presse écrite en 2026.
Sur le climat, il y a visiblement à boire et à manger sur certaines chaînes télé et radio. Pour la première fois, la mésinformation climatique a été mesurée dans les médias audiovisuels français. Et le bilan n’est pas brillant : 655 cas de mésinformation sur le sujet sur l’année 2025, selon l’étude menée par l’Observatoire des Médias sur l’Écologie. Une moyenne de 13 cas par semaine donc.
Et quatre médias surpassent clairement les autres dans le domaine : Sud Radio puis CNews. Rien d’étonnant au fait de trouver la chaîne télé sur le triste podium puisqu’elle avait justement écopé d’une amende de 200 000 euros à ce sujet, le 13 novembre dernier, par le Conseil d’État. Ensuite, on retrouve Europe 1 et RMC.
À elles quatre, elles représentent 65 % des cas de mésinformation. Et l’étude note d’ailleurs qu’entre septembre et décembre, 80 % de ces cas sont recensés exclusivement sur les antennes de Vincent Bolloré : CNews et Europe 1. Rien que ça.
« Le levier de la régulation est le seul outil qui pourrait les stopper », affirme à 20 Minutes Eva Morel, secrétaire générale de l’association Quota Climat qui a participé à l’élaboration de ce bilan.
Sud Radio maintient son cap sur la mésinformation
Parmi les sujets clé, on retrouve les énergies renouvelables et les voitures électriques. Eva Morel l’explique, toujours à 20 Minutes : « Ce sont les deux principales cibles des politiques publiques en matière de décarbonation en France. Et on observe un déplacement de la désinformation vers une décrédibilisation stratégique des solutions ».
Ces fausses informations sont majoritairement avancées par des invités sur les différentes antennes (32 %), puis par les invités politiques (24 %) et même par les journalistes (20 %). Et ce, sur le peu de temps d’antenne consacré au sujet.
L’étude laisse entrevoir une légère amélioration au fil de l’année. Les médias qui ont le plus relayé cette mésinformation climatique sur les huit premiers mois de l’année ont eu tendance à s’améliorer sur ces quatre derniers mois. Mais c’est « à l’exception de Sud Radio qui maintient un niveau relativement similaire et toujours très élevé de nombre de cas de mésinformation climatique par heure d’information sur le changement climatique », est-il précisé.
Sur l’année 2026, l’Observatoire des Médias sur l’Écologie va étendre ses analyses à la presse écrite, incluant des titres de la presse quotidienne et régionale, des magazines d’information généralistes et des sites d’informations.
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