Classée vulnérable, la pie-grièche écorcheur, dite le “bandit masqué”, court toujours dans la région
Publié le 6 Mars 2026
La pie-grièche écorcheur est un oiseau emblématique et un symbole naturel de la haie où elle trouve refuge. Le mâle est reconnaissable à son masque noir, façon bandit, qui lui couvre yeux et oreilles. Photo Pascal Gérold (fondateur et premier Président del'ANAB)
paru sur l'Alsace le 27/1/2026 et transmis par Bernard. Merci Bernard.
Voir notre fiche déjà parue sur ce blog (cliquer) - monographie sur la Pie grièche écorcheur avec d'autres superbes photos de Claudy Stenger
Objet d’une importante collecte d’observations en 2025 menée par la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) en Alsace et dans le Grand Est, la pie-grièche écorcheur, aimablement surnommée “bandit masqué”, se porte bien, ses effectifs semblent stables. Une bonne nouvelle, au vu de la dégringolade de la biodiversité aviaire constatée ces dernières décennies.
Wanted ! On recherche ! Famille : passereaux. Particularité : espèce migratrice (elle passe l’hiver en Afrique du sud-est). Nom commun : pie-grièche écorcheur. Signe distinctif : le mâle a la tête barrée d’un masque noir façon bandit, qui lui couvre yeux et oreilles. Casier judiciaire : elle empale ses proies sur des “lardoirs”, des épines ou des barbelés lorsqu’elle se constitue un garde-manger. Quiconque a repéré un couple nicheur dans la région doit s’adresser à la LPO.
Une espèce classée vulnérable
L’association a fait de la pie-grièche écorcheur son oiseau de l’année, en 2025, et a animé une campagne de collecte de données la concernant. « Nous l’avons choisi car c’est un passereau insectivore facilement détectable dans nos campagnes en raison de son masque et aussi parce que l’espèce a tendance à occuper les perchoirs exposés pour défendre son territoire, elle est donc plus facile à repérer, décrit Yves Muller, le président de la LPO Alsace. C’est un oiseau qui a besoin de milieux prairiaux diversifiés, riches en insectes et avec des haies épineuses basses. »
Or les coupes rases commises depuis des décennies sur les haies font peser un risque sur cette espèce pour l’instant classée vulnérable sur la liste rouge des espèces menacées. À l’instar de ses cousines, la pie-grièche à tête rousse et celle à tête grise , toutes deux quasi-éteintes en Alsace. La migration fait également peser un risque important sur ces oiseaux, au même titre que la disparition de leur habitat : ce sont des espèces inféodées aux vieux vergers.
La pie-grièche écorcheur a besoin de haies avec épines, pour pouvoir se constituer son garde-manger. Photo Claudy Stenger
Des comptages exhaustifs
Autant de raisons qui ont incité la LPO à faire converger les attentions de ses membres et observateurs vers la pie-grièche écorcheur, tout comme l’association l’avait fait en 1998 et en 2015, en sélectionnant des communes où sont réalisés des comptages exhaustifs suffisant pour donner une tendance. « En 1998, 268 communes avaient été sondées en Alsace, la population avait été estimée entre 6 400 et 8 000 couples. De 1998 à 2015, nous avions remarqué que ses effectifs avaient chuté de 7 %. Mais en 2025, les observations ont montré qu’elle s’était maintenue voire qu’elle avait bien progressé depuis 2015. Pour nous, ce résultat est une agréable surprise. » Les records sont détenus par Saint-Pierre-Bois avec 60 couples, Meistratzheim (55), Sainte-Marie-aux-Mines (53) et Sélestat (50).
Une augmentation théorique de 58 %
Le Grand Est compterait actuellement 50 000 à 60 000 couples. En Alsace Bossue autour de Dehlingen par exemple, 101 couples ont été recensés en 1998, 110 en 2025. Dans les Vosges du Nord, entre Niederbronn-les-Bains et Reichshoffen, de 51 à 58 couples… « La moyenne communale était de 7,8 couples en 1998 à 12,3 l’an dernier. Soit une augmentation théorique de 58 % en 27 ans. Nous allons peut-être revoir le statut de l’oiseau sur la liste rouge. »
Des chiffres à relativiser, insiste le président de la LPO : « Les populations d’oiseau connaissent des fluctuations d’une année sur l’autre, comme cela a été démontré dans la vallée de Villé par le naturaliste René Groscolas. Un printemps pluvieux peut fortement réduire la reproduction. Sans parler de la mortalité liée à la migration. À l’inverse, le maintien des haies dans un milieu propice soutient ce passereau. » Sans oublier que la pie-grièche écorcheur est une exception à la règle et l’un des arbres qui cachent la forêt des pertes subies par la biodiversité aviaire.
/image%2F1479375%2F20220420%2Fob_7fe25c_4246660298920266123.jpg)
/image%2F1479375%2F20260305%2Fob_282e1b_capture-d-ecran-2026-03-05-203110.png)
/image%2F1479375%2F20260305%2Fob_07458d_capture-d-ecran-2026-03-05-203249.png)
/image%2F1479375%2F20260305%2Fob_f9f9fc_capture-d-ecran-2026-03-05-203336.png)