Il y a un vrai danger" : contre le cadmium, le député Richard Ramos somme le gouvernement d'agir
Publié le 30 Mars 2026
paru sur FRANCEINFO le 27/3/2026
Richard Ramos participe à une proposition de loi visant à lutter contre les effets du cadmium sur la santé. Le métal contamine notre alimentation alerte l'Anses dans un rapport. La réponse gouvernementale est insuffisante dénonce le député MoDem du Loiret.
Attention, nouveau danger dans nos assiettes ! Après les nitrites dans la charcuterie, l’hexane dans l’huile voici le cadmium dans les céréales.
Une substance dangereuse
Le métal lourd, invisible et indolore est présent dans l’air et l’eau et de plus en plus dans les sols. Manger des pâtes, du pain, des pommes de terre, des biscuits ou du chocolat peut donc se révéler dangereux pour la santé alerte dans un rapport l’Anses, l’agence de sécurité sanitaire.
Le cadmium tend à s’accumuler dans l’organisme. On dit qu’il faut 10 à 30 ans pour éliminer la moitié de la teneur en cadmium absorbé par l’organisme
Rapport de l'agence nationale de sécurité sanitaire
"Il y a un vrai danger" appuie sur le plateau d'Ici Centre-Val de Loire (France 3) Richard Ramos, le député Modem du Loiret connu pour ses combats sur le thème de la santé alimentaire, s'est associé à une proposition de loi, originellement déposée par le groupe écologiste et social en fin d'année dernière, pour "protéger l'alimentation" contre le cadmium a été déposée en fin d'année dernière.
En effet, la substance stockée dans l'organisme est à l'origine de troubles de la reproduction et de plusieurs maladies : cancers, ostéoporose, insuffisances rénales.
La situation est jugée préoccupante car 1 français sur 2 et plus d'1/3 des enfants de moins de 3 ans sont surexposés à la substance. "Si les niveaux d’exposition actuels se maintiennent et qu’aucun levier d’action n’est mis en place, il sera remarqué qu’à terme qu’il y a une forte probabilité qu’il y ait une part croissante de la pop française qui présentera des effets néfastes liés au cadmium" alerte Géraldine Carne, coordinatrice de l’expertise scientifique à l’Anses.
Limiter les valeurs maximales
Agir à la source du problème et vite c'est ce que recommande l'autorité sanitaire qui appelle à réduire l'imprégnation au niveau des sols agricoles et des fertilisants.
Elle recommande ainsi d'abaisser les limites maximales de cadmium dans les engrais minéraux phosphatés très prisés dans l'agriculture. Ils doivent s'élever à 20 milligrammes par kilogramme maximum contre 90mg en France et 60mg dans l'Union européenne.
Le gouvernement a aussitôt annoncé par la voix de son ministère de l'Agriculture la baisse progressive de ces limites. Une baisse loin des recommandations de l'Anses qui seront atteintes en 2038. Un décret et un arrêté seront publiés d'ici avril.
Une annonce accueillie favorablement par les scientifiques mais insuffisante pour Richard Ramos. "Ça va dans le bon sens mais ce n’est pas suffisant" regrette le député.
"L'agriculture va être la variable d'ajustement"
En première ligne de ces décisions, les agriculteurs utilisateurs de ces engrais phosphatés. Pour Nicolas Sterlin, le président de la FNSEA en Centre-Val de Loire, la profession n'a pas le choix de s'adapter face à cette bombe sanitaire.
"C'est un problème de santé publique, il n'y a pas de question à se poser. On s'adaptera et on respectera la norme, des normes supplémentaires pour la profession."
L'agriculteur redoute néanmoins un surcoût pour la profession. "Le problème, c'est que, comme d'habitude, c'est l'agriculture qui est la variable d'ajustement sur ces sujets-là. On va nous demander de payer des engrais plus chers sans pouvoir forcément répercuter les prix aux consommateurs."
"Est-ce qu'on peut prendre le risque de manger à pas cher quand on risque de crever ?" questionne le député du Loiret qui souhaite voir les distributeurs et la grande distribution, accepter de payer quelques centimes d'euros supplémentaires le produit, en raison de sa dangerosité.
"L'agriculteur n'y est pour rien. Lui, il met des engrais à base de phosphate et c'est dans ces engrais-là qu'on trouve du cadmium. La France se doit d’importer que des produits qui contiennent très peu de cadmium, c'est extrêmement important, c'est ça la vraie réponse !" insiste-t-il. À l'heure actuelle, les engrais importés en France proviennent du Maroc où les gisements contiennent du cadmium en abondance.
Pour éviter de le retrouver dans nos organismes. L'Anses recommande également aux consommateurs de changer certaines habitudes alimentaires et de manger davantage de légumineuses ou de pois chiche. Voilà donc la recette d'une alimentation plus saine.
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