L’Anhinga d'Amérique, Oiseau serpent, (Anhinga anhinga)

Publié le 15 Mars 2026

Départ pour un plongeon d'un  Anhinga d'Amérique, Oiseau serpent,  (Anhinga anhinga)- femelle-  Photos de Bernard G.
Départ pour un plongeon d'un  Anhinga d'Amérique, Oiseau serpent,  (Anhinga anhinga)- femelle-  Photos de Bernard G.
Départ pour un plongeon d'un  Anhinga d'Amérique, Oiseau serpent,  (Anhinga anhinga)- femelle-  Photos de Bernard G.

Départ pour un plongeon d'un Anhinga d'Amérique, Oiseau serpent, (Anhinga anhinga)- femelle- Photos de Bernard G.

Séchage des ailes  de'l’Anhinga d'Amérique, Oiseau serpent,  (Anhinga anhinga)- mâle et sa répartition selon GBIF - Photos de Bernard G.
Séchage des ailes  de'l’Anhinga d'Amérique, Oiseau serpent,  (Anhinga anhinga)- mâle et sa répartition selon GBIF - Photos de Bernard G.
Séchage des ailes  de'l’Anhinga d'Amérique, Oiseau serpent,  (Anhinga anhinga)- mâle et sa répartition selon GBIF - Photos de Bernard G.
Séchage des ailes  de'l’Anhinga d'Amérique, Oiseau serpent,  (Anhinga anhinga)- mâle et sa répartition selon GBIF - Photos de Bernard G.

Séchage des ailes de'l’Anhinga d'Amérique, Oiseau serpent, (Anhinga anhinga)- mâle et sa répartition selon GBIF - Photos de Bernard G.

Le quiz posé par Bernadette jeudi dernier me donne le prétexte de vous présenter deux oiseaux assez proches du quiz. Vous ne les avez sans doute jamais vus car ils ne sont présents que dans les Amériques où Bernard a pris ces photos.
Roland


Nom scientifique : Anhinga anhinga Linnaeus, 1766
Nom créole guyanais : « zozo serpent »

Origine du  nom: vient de la langue amazonienne tupi parlée par les peuples Guaranis  et Tupis. Il signifie « oiseau serpent,  oiseau diable ». D’autres mots de français  bien plus communs viennent de cette langue comme : jaguar, piranha, tapir, sagouin, pétunia…

Nom allemand : Amerika-Schlangenhalsvogel
Nom anglais : american darter, snakebird

Observation: le 25 février par Bernard au Lac de Petit-Saut (Guyane – 97)

Famille :c’est celle  des Anhingidae, une toute petite famille d’oiseaux avec 1 seul genre décliné en 4 espèces.
Ce sont des oiseaux aquatiques  au long cou en S muni d’un bec en forme de poignard. Ils chassent en plongeant dans l’eau et vivent dans les zones équatoriales et tropicales.
Ces Anhingidae autrefois regroupés dans l’ordre des Pelecaniformes (oiseaux proches des pélicans) forment à présent avec 3 autres familles proches génétiquement, un nouvel ordre, celui des Suliformes.  Ces oiseaux vient près des eaux en mer ou sur terre. Les frégates, les cormorans…en font partie.

Dimensions et poids : La longueur de cet anhinga est de 85 cm, et son envergure atteint 140 cm. Son poids varie de 1.1 à 1.6 kg, les mâles étant légèrement plus lourds.

Durée de vie : 9 ans en moyenne

Description : mâles et femelles sont différents d’aspect. Le mâle est noir-bleuté avec des rayures blanches. Il possède une courte crête érectile sur la nuque. La femelle a un fond brun clair sur le cou et le ventre. Elle est légèrement plus grande.
Leur bec long et pointu est dentelé sur les bords et ressemble à une dague. Les pattes sont jaunes.

Chant : Le chant comprend des claquements de bec quand il se dresse, des cliquetis et des cris graves en trompette.

Vol et nage : le vol est puissant. Le vol propulsif alterne avec des séquences de vol plané, la queue ouverte comme un éventail. Sa forme est aérodynamique mais aussi hydrodynamique.
Il est parfaitement adapté à plonger et glisser dans l’eau. Il est très impressionnant quand il nage avec ses pattes palmées. En surface, son long cou ondulé et sa tête qui dépasse à peine le font ressembler à un serpent, d’où son nom d »oiseau serpent » dans différentes langues locales. Sa nage est très rapide et l’oiseau se joue des obstacles avec grande facilité grâce à sa queue puissante qui fait gouvernail. Il a besoin pour voir et pêcher d’eau limpide, non polluée et sans sédiments. La nage est facilitée par le fait que cet oiseau mouille ses ailes. Il glisse mieux que les oiseaux dont le plumage a emprisonné de l’air et a été rendu hydrofuge par graissage entre chaque plongée. L’Anhinga, avec son volume réduit et sans air, subit moins la poussée de l’eau.

Après chaque plongée, il va se percher sur un lieu sécurisé, un tronc de bois sec ou le haut d’un arbre pour sécher ses ailles au soleil et au vent. Les ailes mouillées, il reste lourd et très maladroit, vulnérable aux attaques de prédateurs. D’ailleurs, s’il subit une attaque, il préférera nager dans l’eau que s’envoler tant il y est à l’aise et adroit. La plongée dure en moyenne 30 à 60 secondes.

Habitat: rivières à faible courant, marais et plans d’eau claire d’Amérique du Sud, Centrale et du Nord. Il est sédentaire et ne bouge que si le climat se détériore ou que l’eau se raréfie.

Nourriture : se nourrit de de poissons qu’il embroche avec son bec, jette hors de l’eau et avale aussitôt. Il se nourrit par ailleurs de serpents, amphibiens et crustacés. Il plonge et nage plutôt en surface qu’en profondeur.

Reproduction :  mars- avril
les anhingas sont monogames pendant au moins une saison. Pour s’accoupler un rituel de parades comprend des battements d’ailes avec claquements de bec, et des offrandes de brindilles par le mâle. Les partenaires se frottent le bec, agitent la tête et bougent leur tête de concert pendant cette période et plus tard à chaque passage de relais lors de la couvaison. Ce rituel renforce leurs liens.

Nidification :
Cet oiseau niche en colonies souvent de plus d’une centaine d’individus. Chacun défendra son territoire avec apprêté. Certains couples s’établissent en solitaires ou petits groupes.
Le nid est fait de branches, de brindilles et feuilles entremêlées.
La femelle pond 4 œufs en moyenne, (2 à 6 œufs)  en 1 ou 2 jours. Les deux parents couvent 3 à 4 semaines. Dès leur éclosion, les poussins seront nourris avec des aliments régurgités puis avec des proies entières. Ils sont capables de nager dès leur naissance. Après leur envol, les parents les nourrissent encore une quinzaine de jours. Selon la disponibilité de nourriture, le couple est rarement capable d’élever une grande couvée, les derniers mourront de faim.

Confusion possible : non.
En prime avec cet article, un oiseau aux mœurs aquatiques, présent aussi en Guyane, l’Onoré fascié, en anglais fasciated tiger heron (Tigrisoma fasciatum).
C’est un ardéidé, oiseau aquatique de la même famille que le héron. Il est très rare et ne vit qu’en Amérique du Sud où il subsisterait entre 1000 et 10 000 individus.
Bernard a réussi à faire cette photo en Guyane où vit quelques individus isolés.

Protection et prédateurs : 
Les prédateurs des anhingas sont des oiseaux corvidés ou des rapaces comme le Busard des roseaux, le Pygarge de Pallas et quelquefois des crocodiles. Les carnivores terrestres hésitent avant d’attaquer cet oiseau. Il ne fuit pas l’attaque et fonce vers le prédateur son « bec poignard » pointé en avant.
Les populations locales récoltent les œufs et quelquefois les poussins pour les élever à faire de la pêche comme certaines populations le font ailleurs avec des cormorans. Pour le moment il n’est pas en danger mais toute baise du niveau des œufs ou prédation humaine a un impact fort sur les effectifs.

L’Onoré fascié :
En prime avec cet article, un autre oiseau aux mœurs aquatiques, présent aussi en Guyane, l’Onoré fascié, en anglais fasciated tiger heron (Tigrisoma fasciatum).
C’est un ardéidé, oiseau aquatique de la même famille que le héron. Il est très rare et ne vit qu’en Amérique du Sud où il subsisterait entre 1000 et 10 000 individus.
Bernard a réussi à faire cette photo en Guyane où vit quelques individus isolés.

Biologie particulière : chasse dans les rivières rapides, dans les rivières à rochers et forestières. Il peut rester 2/3 minutes jusqu’à 15 minutes parfaitement immobile puis harponner rapidement une proie comme un poisson, un crustacé d’eau douce, un amphibien.
Ses rayures le rendent peu visible de ses proies  dans les rochers et éclaboussures de rivières. C’est un oiseau solitaire qui peut occuper un territoire plusieurs km le long d’une rivière.
Le cri est puissant et rauque et sert à délimiter son territoire.
Sa rareté fait que sa biologie est mal connue. La base de chants d’oiseaux très connue de xeno cantho ne comporte que 4 échantillons de sons (mais des centaines ou des milliers pour chacune des autres espèces d'oiseaux).

Article illustré avec les superbes photos de Bernard G. ami de l’Anab
Texte  Roland Gissinger (Anab)



Bibliographie :

https://www.monaconatureencyclopedia.com/anhinga-anhinga/?lang=fr
https://fr.wikipedia.org/wiki/Anhingidae
https://www.oiseaux.net/oiseaux/onore.fascie.html
https://en.wikipedia.org/wiki/Fasciated_tiger_heron

 Onoré fascié, fasciated tiger heron (Tigrisoma fasciatum) -et sa répartition    Photos de Bernard G.
 Onoré fascié, fasciated tiger heron (Tigrisoma fasciatum) -et sa répartition    Photos de Bernard G.

Onoré fascié, fasciated tiger heron (Tigrisoma fasciatum) -et sa répartition Photos de Bernard G.

Rédigé par ANAB

Publié dans #Oiseaux, #Biodiversité hors région

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Commenter cet article
T
Merci à Bernard G pour les magnifiques photos, et à Roland pour l'article concernant ces deux oiseaux impressionnants.<br /> Les cris sont percutants, surtout celui de l'Onoré fascié.<br /> <br /> Il faut donc de l'eau limpide à l'Anhinga d'Amérique. L'oiseau du quiz de jeudi est bien moins difficile!<br /> Et comme le mot "pétunia" est ressorti du texte, je n'ai pas pu m'empêcher de faire un tour de ce côté-là 🙄<br /> <br /> https://acjca-jardins-vivants.fr/petite-histoire-du-petunia/
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A
Merci Toll de ton appréciation et de ton détour par le pétunia 👌<br /> Roland