L’Oxalide pied-de-chèvre, Oxalis pied-de-chèvre (Oxalis pes-caprae)

Publié le 11 Mars 2026

L’Oxalide pied-de-chèvre, Oxalis pied-de-chèvre (Oxalis pes-caprae) et sa répartition selon GBIF
L’Oxalide pied-de-chèvre, Oxalis pied-de-chèvre (Oxalis pes-caprae) et sa répartition selon GBIF
L’Oxalide pied-de-chèvre, Oxalis pied-de-chèvre (Oxalis pes-caprae) et sa répartition selon GBIF
L’Oxalide pied-de-chèvre, Oxalis pied-de-chèvre (Oxalis pes-caprae) et sa répartition selon GBIF
L’Oxalide pied-de-chèvre, Oxalis pied-de-chèvre (Oxalis pes-caprae) et sa répartition selon GBIF
L’Oxalide pied-de-chèvre, Oxalis pied-de-chèvre (Oxalis pes-caprae) et sa répartition selon GBIF
L’Oxalide pied-de-chèvre, Oxalis pied-de-chèvre (Oxalis pes-caprae) et sa répartition selon GBIF
L’Oxalide pied-de-chèvre, Oxalis pied-de-chèvre (Oxalis pes-caprae) et sa répartition selon GBIF

L’Oxalide pied-de-chèvre, Oxalis pied-de-chèvre (Oxalis pes-caprae) et sa répartition selon GBIF

Les oxalides fleurissent au printemps. Petit aperçu de celle-ci ,installée en bordure de la Méditerranée et quelques photos de ses cousines présentes dans l’Ouest de notre pays. Leur biologie est étonnante et pleine de trouvailles.
Roland

Nom scientifique : Oxalis pes-caprae L., 1753

Origine du nom : vient du grec  «oxis» acide, et « als », le sel, car elle sécrète de l’oxalate de potassium comme les autres oxalis, et du latin  « pes-capre », « pied de chèvre, en référence à  la forme des feuilles.
Autre nom: Oxalis des Bermudes.

Nom commun allemand/ dialecte : Nickende Sauerklee auch Niedriger Sauerklee
Nom anglais : African wood-sorrel, Bermuda buttercup, Bermuda sorrel, buttercup oxalis, Cape sorrel, English weed, goat's-foot

Date de l’observation: le 1 er mai  à Nice (Alpes Maritimes 06)  

Famille de plantes : Cest la famille des oxalidaceae  qui comprend en France l’Oxalis petite oseille, la carambole, un fruit exotique, de forme étoilée et graphique. Cette famille  comprend 5 genres et plus de 880 espèces. Les fleurs de cette famille sont solitaires ou groupées. Elles ont une symétrie radiale d’ordre 5, soit 5 sépales, pétales, étamines et carpelles. Les carpelles sont en général soudés en un seul ovaire à cinq chambres contenant chacune 1 à 2 ovules. Les fruits ont souvent des mécanismes de dispersion des graines grâce à une partie charnue du fruit qui se contracte en séchant puis libère brutalement les graines.

Type : plante herbacée   vivace. Produit de petits bulbes qui se détachent facilement de la racine mère.
Durant la nuit ou en cas de pluie ou même d’ombre, les feuilles se plient et les fleurs s’enroulent sur elles-mêmes.

Hauteur: 10 à 50  cm, la tige est souterraine et prolongée par des écailles gorgées de réserves et une racine pivotante. Il est probable qu’elle forme des mycorhizes avec des champignons microscopiques du groupe des Glomeromycota comme ses cousines. Cet état n’est pas documenté pour le moment.

Feuillage: feuilles partant de la  base et  longuement pétiolées (jusqu’à 20 cm). Elles sont palmées et formées par  3 folioles pliés sur la nervure principale,  en forme de cœur inversé (on dit, obcordé).

Floraison: de février à juillet

Couleur des fleurs : jaune citron. Les fleurs sont groupées par 2 à 8 à l’extrémité d’un long pédoncule.
L’Oxalide à pied-de-chèvre a une forme en roue régulière avec une symétrie d’ordre 5 :
 5 pétales de 20 à 25 mm soudés à leur base. Les 10 étamines sont disposées sur deux cercles. Cinq d’entres elles sont plus courtes. Au centre l’ovaire se termine par 5 styles (non visibles sur les photos) soudés à la base en un carpelle unique.  La fleur est entourée de 5 très petits sépales verts de 4 mm, ovales, lancéolés.

Dans son pays d’origine, l’Afrique du Sud, cette plante existe sous 3 types différents  dits hétérostylés:
- type S (small) : carpelle court, étamines moyennes et longues
- type M (medium) : carpelle moyen ,, étamines courtes et longues,
- type L (long) : carpelle long, étamines courtes et moyennes 
La reproduction sexuée ne peut se faire qu’entre les types S et M, mais pas entre 2 fleurs de types S. Pareil croisement chez les autres types qui implique donc une fécondation entre deux types de fleurs. Il évite la consanguinité, la fécondation avec des gènes trop proches .
Comme il n’existe que le type S en Europe, les individus ont rarement des graines. Ils se propagent en utilisant les services de petits animaux et surtout les humains avec leurs labours. Les petits bulbes sont transportés à proximité ou plus loin avec de la terre et leur replantation est très efficace.


Pollinisation : inefficace en France

Confusion possible : l’aspect est bien typique mais il existe plusieurs variétés d’oxalide de couleur jaune. Les feuilles ressemblent à celles du trèfle.  C’est pourquoi des nom communs de cette plante en allemand et dans d’autres langues font référence au trèfle. En regardant de près, les folioles des trèfles ne sont jamais pliés le long des pétioles.

Habitat: plante colonisatrice des oliveraies et des vergers ensoleillés sur sols calcaires exempts de sel.  C’est une néophyte, une plante nouvellement installée en Europe au XIX siècle. Elle s’est propagée dans de nombreux pays. Quand le climat est propice elle a un caractère très envahissant comme en Californie où elle est devenue incontrôlable mais aussi au Moyen-Orient et en Australie.

Fruit : présent dans son pays d’origine. C’est une capsule allongée.

Statut de protection :
cette oxalide est une plante néophyte dans notre pays. Elle n’a pour cette raison, aucun statut de protection d’autant qu’elle présente aussi un risque de devenir une plante invasive selon l’écologie locale.

Écologie :
Cette plante avec son acidité naturelle, élimine rapidement les autres plantes et forme un vrai couvre-sol.
Cela peut avoir un intérêt pour les sols nus mais elle devient alors invasive tant ses facultés d’adaptation et de propagation sont importants
Son compost très riche peut être utilisé en horticulture pour booster les autres plantes (1) . Son expansion galopante est ralentie  (3) par l’ombre, le manque de profondeur du sol.


Usage alimentaire : la plante est comestible, mais il ne faut pas en abuser en raison de quantités  importantes d’acide oxalique qu’elle contient, environ 70 à 120 mg/g de poids sec. Elle peut être utilisée pour préparer des soupes, des sauces et des salades ou de la farce à viande.
Les personnes arthritiques et rhumatisantes doivent éviter de la consommer. Elle contribue à la formation de calculs car l’oxalate capte le calcium.
Villabia (2) a réalisé une analyse complète des nutriments et volatils de cette plante. Cette plante est très riche en éléments alimentaires de première importance comme les acides aminés, et les minéraux. C’est une des rares plantes riches en fer et zinc. Elle contient de manière plus classique des quantités importantes de sucres (400g/kg de poids sec), des acides organiques, des acides gras essentiels (acide linoléique dans les fleurs et alpha-linolénique dans les feuilles)  et de la vitamine C.
Cette plante se développe dans des environnements très secs et pourrait donc constituer une nourriture d’appoint dans ce genre de climat.


Médecine : plante utilisée en médecine traditionnelle comme désinfectant, pour guérir les  troubles urinaires, la fièvre et le scorbut. Wikiphyto ne mentionne pas cette plante, ce qui indique qu’elle n’a pas de propriétés médicinales prouvées sur des humains pour le moment.
Des études de Villalba (2) ont montré une grande richesse en antioxydants par comparaison avec d’autres plantes.

En cas de forte ingestion, cette plante est toxique. Des cas avérés et mortels de  bétail intoxiqué ont été relevés en Australie pour des animaux se ruant sur cette plante après des mois de privation de nourriture fraîche . Dans ces cas, c’est l’acidité qui a tué ces animaux et non pas l’accumulation d‘acide oxalique sous forme de calculs.



Texte et photos : Roland Gissinger 
 Oxalide à larges feuilles  (Oxalis latifolia) vue à Plouha (Côtes d'Armor -22)
 Oxalide à larges feuilles  (Oxalis latifolia) vue à Plouha (Côtes d'Armor -22)

Oxalide à larges feuilles (Oxalis latifolia) vue à Plouha (Côtes d'Armor -22)

Oxalide chétive (Oxalis debilis) mais possible Oxalide  articulée (Oxalis articulata)avec des fleurs plus grandes mais moins nombreuses  -vue à l'Ile Grande  (Côtes d'Armor -22)

Oxalide chétive (Oxalis debilis) mais possible Oxalide articulée (Oxalis articulata)avec des fleurs plus grandes mais moins nombreuses -vue à l'Ile Grande (Côtes d'Armor -22)

Rédigé par ANAB

Publié dans #Fleurs jaunes, #Biodiversité hors région

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
T
Les oxalides sont vraiment très jolies, même si elles sont invasives.
Répondre
A
Tout à fait Toll, et leur couleur est variée.<br /> Roland