Le Séneçon des bois, Séneçon des forêts (Senecio sylvaticus)
Publié le 4 Mars 2026
Les séneçons se ressemblent vus de loin. Cela vaut la peine de s’arrêter et de regarder de près leurs différences de morphologie et de lieu de vie.
Roland
Nom scientifique : Senecio sylvaticus L.
Nom commun dialecte / allemand : Wald-Greiskraut
Noms anglais : woodland ragwort, heath groundsel, or mountain common groundsel
Origine du nom : Le nom « séneçon » dérive du mot latin «senex », qui signifie vieillard, à cheveux blancs (souvent) comme les longs filaments blancs de ses graines. « sylvaticus » signifie « de la forêt, sylvestre ».
Date de l’observation: le 24 juin à Reipertswiller (Bas-Rhin 67)
Famille de plantes : celles des Astéracées (anciennement Composées) qui comprend la marguerite, le bleuet, le pissenlit, les centaurées. Cette famille de plantes est particulière. La fleur est en fait un ensemble de fleurs réunies en une tête serrée, dénommée «capitule». C’est une famille de plantes très évoluée. Elle se signale aux insectes comme une grande et seule fleur. L’insecte visite plusieurs fleurons (petite fleur élémentaire des Astéracées) de chaque capitule et visite plusieurs capitules. Les fruits à maturité sont fréquemment munis d’aigrettes ou de parachutes qui permettent un transport par le vent, souvent très loin. Le nombre de fleurs et les aigrettes améliorent la dissémination des graines. Les Astéracées colonisent les sols bien plus vite que nombre d’espèce végétale. Pour cette raison nombres d’entre elles, d’origine exotique sont invasives et les nôtres sont invasives ailleurs.
Les caractères distinctifs des séneçons sont :
- plantes sans épines
- ensemble des bractées (petites feuilles sous le capitule) sur un seul rang ou avec quelques bractées formant un calicule.
Un caractère distinctif et très présent est que l’extrémité des bractées se termine par une pointe avec un liseré noir ou très foncé.
- fleurs jaunes
- akènes avec aigrette
Catégorie: plante annuelle floconneuse à l’état jeune, puis grisâtre ou glabre.
Hauteur: 30 à 100 cm
Tiges et racines: tige peu ramifiée, dressée, rainurée, non glanduleuse.
Feuilles: les feuilles (12 cm) sont pubescentes, non glanduleuses, découpées jusqu’à la nervure principale en lobes dentés irréguliers.
Les lobes de la base de la feuille entourent souvent la tige comme deux petites oreilles. Les feuilles près du sol ont un court pétiole, celles du haut n’en ont pas.
Couleur: jaune citron. Les 13 fleurs de périphérie sont en forme de languettes courtes enroulées à l’extrémité. Le centre est formé de fleurs hermaphrodites comme celles de périphérie mais tubulées. L’ensemble de ces fleurs est un petit (4-6 mm) capitule. Ils sont nombreux ; 12 à 24 , portés par des pédoncules glanduleux. La disposition générale est un corymbe lâche.
Les 13 feuilles allongées ou bractées qui entourent les capitules sont pubescentes. Elles forment un involucre serré et doublé par une couronne (ou calicule) de 4 à 5 très petites bractées appliquées mais sans liseré foncé.
Pollinisation : les capitules ont un contraste de couleur important à la lumière UV. Ceci facilite la visite des insectes pollinisateurs : diptères, abeilles fouisseuses (4).
Confusion :
Il peut se confondre avec d’autres séneçons mais son habitat, sa pubescence et petites fleurs enroulées à la périphérie sont caractéristiques. Il se distingue du Séneçon visqueux, Senecio viscosus, entièrement visqueux et dont les fruits sont lisses.
Fruits : Ce sont des akènes rugueux de 2.5 mm couverts de poils courts, prolongés par une aigrette de soies blanchâtres aussi longs que les fleurs .
Habitat: espèce pionnière des bords des chemins ombragés, forêts humides, lisières forestières, landes, terrains incultes. Préfère les milieux assez riches en nutriments des terrains acides, sableux, gréseux ou granitiques jusqu’à 1200 m. Cette plante sans doute d’origine d’Europe Centrale est présente dans toute l’Europe jusqu’en Scandinavie et Biélorussie. Elle est néophyte ailleurs, comme aux Amériques et Nouvelle Zélande.
Protection : ce Séneçon des bois n’est pas très commun. Il est classé LC sans préoccupation majeure partout en France sauf dans la région Ile-de-France, ou il est classé NT, quasi menacé. Par ailleurs il est déterminant Znieff dans une quarantaine de départements dont le Bas-Rhin et le Haut-Rhin ce qui indique une relative rareté.
Ecologie : plusieurs séneçons servent de nurserie à des papillons comme Tyria jacobaeae ou des mouches telle, la mouche anthomyiidée, Pegohylemyia seneciella. Il est probable que les larves de ces espèces se trouvent aussi sur Ce séneçon des bois à l’occasion. La documentation scientifique à ce sujet manque.
Utilisation alimentaire: aucune car il contient des substances toxiques
Utilisation médicinale et toxicité :
Était utilisé contre les inflammations comme des piqûres, œdèmes, angines. Il peut provoquer des œdèmes et des lésions pulmonaires.
Les séneçons sont toxiques (1) , en particulier pour les chevaux, porcs et les bovins. Seuls les lapins et certains oiseaux ne sont pas sensibles à ce type de plante. Ils provoquent une nécrose du foie.
Les substances toxiques communes et marqueurs génétiques des séneçons (2 et 3) sont des alcaloïdes pyrrolizidiniques qui attaquent le foie : la sénécionine, jacobine et jacozine entre autres et des lactones sesquiterpéniques .
Comme toujours, les alcaloïdes sont toxiques dans un usage courant. Ils peuvent être des médicaments avec d’autres dosages.
Dans les alcaloïdes il existe des anti-tumoraux, anticancéreux (taxol) des antiparasitaires, antiviraux, antidiabétiques, analgésiques (morphine, codéine).
Le Séneçon à feuilles de roquette est mortel à partir de 40 g/ kg de poids soit 24 kg de plantes fraîches pour un cheval de 600 kg. Les cas d’intoxications sont très rares car son amertume provoque un refus de broutage. Des cas d’intoxication mortelle de chevaux ont été documentés ces dernières années dans le Midi.
Les substances toxiques restent actives dans le foin d’où la recherche de ces composants dans le lait.
Le Séneçon des bois est présent en bien plus faible densité mais sans doute tout aussi toxique.
Texte et photos Roland Gissinger (Anab)
Sources bibliographiques voir index biodiversité
1/Toxicité du Senecio jacobea PR Cheeke sep 1983
2/ Pyrrolizidine Alkaloids from Five Senecio Species M. J. Pestchanker July 1986
3/ Pyrrolizidine alkaloid-containing toxic plants (Senecio, Crotalaria, Cynoglossum, Amsinckia, Heliotropium, and Echium spp.) Bryan L Stegelmeier July 2011
4/ Flowering plant density and pollinator visitation in Senecio Johanna Schmitt Oct 1983
Revoir les autres séneçons :
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Séneçon aquatique |
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Séneçon jacobée, Séneçon de Jacob, Herbe de saint Jacques |
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Séneçon du Cap, Séneçon sud-africain |
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Séneçon de Fuchs, |
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Senecio sylvaticus |
Séneçon des bois |
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Séneçon visqueux |
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Séneçon vulgaire, commun |
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