La Piéride de la Rave (La), Petit Blanc du Chou (Le), Petite Piéride du Chou), (Pieris rapae)
Publié le 26 Avril 2026
La Piéride de la Rave (La), Petit Blanc du Chou (Le), Petite Piéride du Chou), (Pieris rapae) et sa répartition selon GBIF
Martine et Roland
Nom scientifique : Pieris rapae (Linnaeus, 1758) .
Origine du nom : : le nom du genre « Pieris » en latin fait référence à la mythologie grecque (comme la plupart des noms de papillons d’ailleurs ).
En effet , les Piérides étaient les 9 filles, très bonnes chanteuses, du roi de Macédoine, Piéros et de son épouse Évippe.
Le nom de l’espèce « rapae », signifie navet , en lien avec l’appétence des chenilles de ce papillon pour les Brassicacées. Voir aussi l’article, très intéressant de Jean-Yves Cordier. sur la zoonymie de ce nom .
« Rave »: attention ce nom désigne non seulement le navet mais tout un groupe de Crucifères : betterave, céleri-rave, chou-rave et brocolis.
Nom allemand : Kleine Kohlweißling .
Nom anglais : small white, cabbage white or cabbage butterfly, (UK-US) .
Observation : 22 mai à Sarralbe (Moselle 57) .
Classification : Ce joli papillon fait partie de la famille des Piéridae, famille qui comprend 1200 espèces différentes de par le monde.
Leurs points communs : de taille moyenne , ils présentent une couleur de fond claire ( blanc, jaune ou orange ) souvent ornée de dessins sombres sur le bord externe des ailes ou de marbrures sur la face inférieure de l’aile postérieure.
Le contour des ailes est régulier, sans feston aux extrémités comme dans d’autres familles.
Les antennes terminées en massues sont minces et allongées.
Chez les Piérides, le mâle se distincte souvent de la femelle. Ce dimorphisme sexuel se marque alors au niveau des couleurs des ailes et la répartition de taches.
En plus des variations saisonnières, il arrive que les femelles prennent les couleurs des mâles et inversement. C’est le phénomène de gynandromorphie.
Le vol est ramé et soutenu. De nombreuses espèces sont migratrices sauf le Souci,Colia crocea, qui hiberne chez nous.
Les chenilles des Piérides sont en majorité phyllophages (mangeuses de feuilles).
Dimensions : de taille élevée, leur envergure se situe entre 40 et 50 mm , la longueur de l’ aile antérieure de la base à l’apex peut atteindre 23-27 mm .
Période d’observation : de mars à octobre mais dès janvier dans le Midi.
Description : petit papillon blanc délicat, dont les ailes antérieures présentent une pointe noire et une ( chez le mâle ) ou deux ( chez la femelle ) taches sombres, le tout subtilement saupoudrées de gris. La face inférieure des ailes postérieures est légèrement teintée de jaune pâle, nuance qui se révèle surtout lorsque le papillon est posé .Ses antennes , finement annelées de noir et de blanc, se terminent en une petite massue, typique des papillons diurnes.
Biologie et activité :
Le mâle émet une phéromone sexuelle pour attirer les femelles. Phéromone qui ne nous est pas perceptible .
Si vous le désirez, vous pouvez trouver sa formule chimique sur pherobase.com.
D’après les chercheurs, la taille des ailes varie en fonction de paramètres physiques comme la température, l’abondance des pluies, la disponibilité en nourriture et la concentration locale d’individus de la même espèce. Cependant, l’importance de ces différents facteurs n’est pas confirmée sur tous leurs aspects
Habitat :Discret mais familier, il fréquente volontiers jardins et cultures où ses chenilles se développent sur les Brassicacées .
Il est présent dans toute l’Europe ( sauf l’Arctique,) l’Asie et le Japon. Il a migré les 200 dernières années vers l’Amérique du Nord et l’Océanie.
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Vous pouvez apprécier sa vitesse de colonisation sur la carte jointe. Elle est le résultat de prélèvements d’individus et d’analyses génétiques approfondies (référence 1).
Reproduction : cette Piéride de la rave peut parcourir jusqu’à une dizaine de kilomètres en une journée, bien que la plupart des femelles ne s’éloignent en moyenne que d’environs 700 mètres de leur site d’origine, une distance supérieure à celle de nombreux autres papillons , souvent limitée à quelques centaines de mètres.
Les mâles patrouillent près des plantes hôtes et, après avoir repéré une femelle, la suivent jusqu’à ce qu’elle se pose.
Après son accouplement, la femelle qui cherche une plante pour accueillir ses œufs fera auparavant, via les poils sensitifs de ses tarses, un palpage sensoriel de celle-ci pour vérifier sa compatibilité chimique .
Effectivement, les Brassicacées produisent des thiocyanates ( et plus largement des glucosinolates et leurs dérivés) comme moyen de défense contre les herbivores .Ces substances au goût amer et piquant sont tolérées par Pieris rapae qui teste leur présence et leur concentration , des concentrations trop élevées pouvant être toxiques et peu favorables
au développement larvaire.
La vraie question est : « cette plante est-elle la bonne plante ?, a-t-elle des thiocyanates ? les a-t-elle en quantité suffisante pour éloigner les herbivores qui pourraient avaler mes œufs ? ,ne les a-t-elle pas en trop grande concentration qui ne serait pas tolérée par mes larves ? est-ce que mes chenilles pourront survivre et se développer ici ?
Elle pond alors entre 100 et 700 œufs , d’un jaune clair marqué de 12 crêtes sur les Brassicacées essentiellement mais elle ne dédaigne pas les Tropaéolacées (la Grande Capucine,) les Résédacées,( le Réséda jaune,) les Capparacées,(les capriers)et les Chenopodiacées (l’amarante).
La ponte se fait isolément, sous les feuilles des plantes hôtes. Remarquez qu’à l’inverse, la Piéride du chou, Pieris brassicae , les pond en groupe Ce comportement est guidé par le souci d’avoir assez de nourriture pour la larve et de ne pas mettre à nu la plante, où la larve deviendrait trop visible.
Les larves éclosent, 8 jours plus tard, après avoir dévoré la coquille nutritive. Elles deviendront des chenilles voraces et peuvent atteindre jusqu’à 25 mm de long. Leur couleur verte est marquée de minuscules points noirs et de rayures jaunes qui longent les côtés et le dos. Elles sont recouvertes d’une pilosité, fine, courte mais dense. Leur tête est verte .
Une larve de 4 jours pèse en moyenne 11.4 mg . Une larve de 8 jours pèse 214.9 mg soit en 4 jours, une masse multipliée par 18.8 à 25°C.
Elle double sa masse tous les jours à ce stade ! Imaginez un nourrisson de 3 kg pesant 57 kg après un mois ou un an…
Les chenilles se positionnent sur les feuilles pendant la journée et ,changeant souvent de feuilles, elles dispersent les traces de leur passage pour mieux se camoufler face aux prédateurs. Selon les chercheurs il s’agit bien d’une adaptation pour masquer les signaux visuels de leurs repas.
La rapidité de leur développement est liée au taux de nutriments contenus dans la plante. La chenille selon les chercheurs (3) , est capable de détecter 12 acides aminés différents et de choisir les jeunes feuilles plus riches en azote L’apport élevé de cet élément dans les plantes cultivées optimise le métabolisme énergétique des larves et raccourcit leur cycle larvaire.
La température est bien sûr, un facteur important : au dessus de 35°C, leur croissance diminue , à 40°C la mortalité est très importante .
En fin de saison, la chrysalide entre en diapause pour hiverner et éclore au printemps suivant . Sa couleur varie, offrant un camouflage ( gris, vert ou jaune ) pour échapper à ses prédateurs.
Croissance des chenilles :
La durée du développement larvaire est d’un mois environ. En plaine, lorsqu’il fait suffisamment chaud, cette Piéride de la Rave peut produire 3 à 4 générations par an, en altitude, (on peut la trouver jusqu’à 2000 m) elle n’en produit que 1 ou 2 par an. On parle alors de papillon « multivoltin » .
Une championne toutes catégories du développement
- croissance larvaire exceptionnellement rapide .
- fréquence de reproduction élevée .
- dispersion efficace des œufs.
- niche alimentaire large .
- détection performante des plantes nourricières et des parties les plus nutritives.
Si l’on compare, le développement de ce papillon aux autres, il accumule les performances. Il fait mieux de 20 à 100% pour chaque item. Un modèle chiffré donne un rapport de développement 800 fois plus rapide pour la Piéride de la rave par rapport à celle du chou.
Ce développement fulgurant justifie le recours aux traitements (souvent au Bacillus thurengensis).
Hivernage:
Les papillons du Nord de l’Europe migrent vers le Sud en fin de saison.
Confusion : il est facile de confondre ce papillon avec d’autres espèces de Piérides proches comme la Piéride du chou, Pieris brassicae. Un petit rappel en photo.
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Cette piéride se dirige rapidement vers les nectaires. en utilisant les pistes tracées sur les pétales visibles dans l’ultraviolet et dont le but est de qui la guider directement vers les glandes nectarifères.
Prédateurs: les chauve- souris mais aussi les oiseaux (Moineau domestique, Chardonneret élégant, Alouette des champs en particulier) qui prélèveraient 20% des chenilles selon une étude anglaise.
Cependant, les ennemis les plus redoutables de ce papillon sont les mouches et guêpes parasitoïdes, qui pondent sur ou dans les chenilles ( Diptères, Hyménoptères : Ichneumons, Braconides )
Les araignées de type Opilion.ne sont pas en reste…
Protection : aucune protection légale n’est prévue pour ce papillon, champion de la reproduction.
La Piéride de la Rave peut provoquer des ravages importants sur les cultures de brassicacées comme les choux : le chou vert, chou fleur , le chou frisé, chou brocoli et e colza. Un traitement s’avère indispensable.
Texte, bibliographie Martine Devondel et Roland Gissinger (Anab)
Photos Roland
Articles de référence et bibliographie :
Guide complet des papillons de jour de Lorraine et d’Alsace – JY Nogret /S Vitzthum, édition Serpenoise.
Papillons de France, Tristan Lafranchis, Collection Parthenope.
1/ Global invasion history of the agricultural pest butterfly Pieris rapae revealed with genomics and citizen science Sean F. Ryan sept 2019
2/Extremely high relative growth rate makes the cabbage white, Pieris rapae, a global pest with highly abundant and migratory nature Kotaro Konno 15 June 2023
3/The Cabbage White, Pieris rapae (Pieridae) Con lokkers May 1999
https://en.wikipedia.org/wiki/Pieris_rapae
Site consacré aux phéromones des papillons. .
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