Oiseau emblématique de nos vergers, la chevêche d’Athéna fait sa remontada

Publié le 28 Avril 2026

L’installation de nichoirs a aidé à la pérennisation de la chevêche d’Athéna dans le Sundgau. Le rapace a même commencé à recoloniser l’Ajoie voisin en Suisse.  Photo Olivier Wendling

L’installation de nichoirs a aidé à la pérennisation de la chevêche d’Athéna dans le Sundgau. Le rapace a même commencé à recoloniser l’Ajoie voisin en Suisse. Photo Olivier Wendling

paru sur l'Alsace le 15/4/2026 sélectioné par Bern@rd. Merci Bernard.


Dans le Haut-Rhin, la chevêche d’Athéna avait presque disparu à la fin du siècle dernier. Cet oiseau emblématique de nos vergers, espèce parapluie, a depuis fait son retour, grâce à la mobilisation des bénévoles. Mais elle reste dépendante des nichoirs dont plusieurs centaines ont été installées.

En 1999, « Il n’y avait plus qu’une dizaine de couples dans le Haut-Rhin. La chevêche d’Athéna était en train de disparaître, en même temps que disparaissait son habitat. Suite aux remembrements, beaucoup de haies, de prairies, de vergers pâturés ou fauchés qui lui fournissaient le gîte et le couvert avaient été supprimés », rappelle Bertrand Scaar, ornithologue passionné très actif notamment au sein de la Petite Camargue alsacienne.

 

Depuis, le petit rapace nocturne remonte la pente. « En 2024, dans nos nichoirs, nous avons comptabilisé 140 nichées tentées, avec au moins un œuf pondu, et 112 couples qui ont réussi à élever des jeunes jusqu’à l’envol, avec au moins un jeune par nichée réussie. » 391 jeunes ont été bagués.

Ces nichoirs anti-fouine ressemblent à des tubes posés sur une branche de fruitiers. Ils disposent d’une chicane à l’entrée ; la fouine, un des prédateurs principaux de la chevêche, ne peut entrer. Des nichoirs de ce type, il en existe quelque 700 à l’échelle du Haut-Rhin, grâce au travail des bénévoles.

Coopération transfrontalière

« Mais nous avons aussi été aidés, raconte Hubert Spinhirny, un des pionniers, par ailleurs passionnés par les saules têtards. L’impulsion donnée par les voisins suisses et badois a été décisive. Franz Preiss, bénévole du Nabu, l’équivalent allemand de la LPO, a pris contact avec nous. Il a financé les premiers nichoirs côté alsacien, avec l’argent de fondations suisses. »

 

La chevêche a aussi fait l’objet d’un projet Interreg en Suisse, dans le Bade et en Alsace. Des fonds européens sont venus appuyer les travaux du groupe Chevêche 68, créé il y a une vingtaine d’années pour le suivi de l’espèce, précise Bertrand Scaar. Ont suivi collaborations trinationales, échanges d’expériences, chantiers de plantation de vergers et de haies, fabrication et pose de nichoirs, création des Nuits de la Chouette, etc. Sans oublier les campagnes de baguage, sous l’égide du Muséum national d’histoire naturelle !

« Les nombreuses données de baguage sont valorisées par les chercheurs du CNRS de Strasbourg, à partir de la biométrie et de l’ADN des oiseaux extrait de duvets prélevés. Une première étude aborde l’influence des changements climatiques sur la condition physique des oiseaux et leur succès reproducteur », souligne Bertrand Scaar.

 

Importance des trames vertes et bleues

Les deux piliers du groupe Chevêche 68 rappellent aussi l’importance des trames vertes et bleues qui maillent la région : ces corridors de biodiversité sont utiles pour la chevêche, considérée comme espèce parapluie ; sa protection assure aussi celle d’autres espèces sur le même territoire, comme le torcol, le pic-vert, la pie-grièche écorcheur, etc.

La chevêche d’Athéna fait donc son retour, même s’il reste fragile. « Elle est capable de s’adapter. C’est un oiseau très surprenant. » Idem pour son habitat : « Elle a toujours été assez proche de l’homme. On pourrait imaginer qu’elle pourrait aussi s’installer dans le bâti, si elle trouve où s’installer. » Ainsi, la LPO travaille sur la question « pour inciter les gens, quand ils construisent une maison, à prévoir l’intégration d’une cavité ».

ubert Spinhirny et Bertrand Scaar, qui font partie du groupe Chevêche 68, présentent un nichoir à chevêche d’Athéna.

ubert Spinhirny et Bertrand Scaar, qui font partie du groupe Chevêche 68, présentent un nichoir à chevêche d’Athéna.

Une quarantaine de bénévoles à l’échelle du Haut-Rhin

Le groupe Chevêche 68 comprend une quarantaine de bénévoles, « dont trois à Brinckheim, mon village », sourit Hubert Spinhirny. Chacun s’investit en fonction de ses compétences. « Nous avons 27 responsables de secteurs, qui font le suivi des nichoirs. Là encore, chacun en fonction de ses possibilités », explique Bertrand Scaar. Cela va de 5 à 83, un record. Ces responsables assurent le nettoyage des nichoirs… Mais aussi le suivi des nichées.

Cela permet de faire des statistiques. « Même si cela ne comprend, in fine, que les chevêches qui sont issues des nichoirs. » Car il reste, heureusement, des possibilités pour la chevêche de trouver des cavités naturelles, dans les vergers anciens qui n’ont pas tous disparu…

Certains bénévoles sont plutôt actifs sur les chantiers de menuiserie. « Ils préparent les pièces des nichoirs en amont. Et puis nous les assemblons, ou nous réparons des nichoirs. Lors de notre réunion plénière, début septembre, une fois l’an… C’est à l’Écomusée, dans l’atelier du charron ; ça fait une animation ! »

Rédigé par ANAB

Publié dans #Oiseaux, #Biodiversité de notre région

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S
Nous en avons derrière chez nous dans la forêt.
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A
Veinards, quelle chance!<br /> Roland
B
Je me permets un lien vers une webcam sur Cornell Lab. Elle filme un hibou grand-duc. (Great Horned Owl)<br /> <br /> https://www.allaboutbirds.org/cams/wildflower-great-horned-owls/
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A
merci Bern@rd
T
Un article réjouissant 🙏
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A
😁😁