En quoi la pollution lumineuse perturbe la biodiversité ?
Publié le 25 Mai 2026
paru sur radiofrance le 5/5/2026
La pollution lumineuse affecte 80% de la faune sauvage. Marie Bourdon, chargée de mission au Parc naturel régional des Ardennes, explique le concept de trame noire et les enjeux de préservation de la biodiversité nocturne.
La notion de trame noire complète les concepts de trames vertes et bleues en désignant les espaces exempts de pollution lumineuse artificielle. Cette absence d'éclairage est cruciale pour garantir la libre circulation des espèces animales et végétales, dont 80 % de la faune est aujourd'hui affectée par la lumière nocturne.
Marie Bourdon (chargée de mission aménagement au Parc naturel régional des Ardennes) : "La trame noire correspond aux espaces, au sein desquels les espèces animales ou végétales peuvent se déplacer et ne sont pas empêchées dans leur déplacement par de la lumière qui serait polluante et qui les empêcherait de passer d'un point à un autre. Les rapaces nocturnes peuvent être impactées, effectivement, une grande diversité d'insectes qui sont nocturnes, on a aussi les chiroptères, qu'on appelle plus communément les chauves-souris, qui peuvent être impactés, et en plus, pas de la même manière en fonction des espèces."
Vers une gestion raisonnée de l'éclairage nocturne
L'extinction nocturne dans les communes, souvent initiée pour réduire les coûts énergétiques, s'avère être un levier majeur pour restaurer les écosystèmes. Toutefois, la préservation de la trame noire repose également sur une conception plus rigoureuse de l'éclairage extérieur, en privilégiant une orientation précise, une intensité adaptée et des usages basés sur la nécessité réelle de la lumière.
"Il faut vraiment réfléchir à la façon dont on éclaire et aux endroits qu'on éclaire. À chaque fois qu'on intervient sur l'espace extérieur et qu'on pose un luminaire à l'extérieur, il faut se demander si il est bien orienté, est-ce que j'ai besoin de ce luminaire, est-ce que la couleur de la lumière que je choisis est la bonne..."
Un atlas mondial de la pollution lumineuse montre que la voûte nocturne est de moins en moins visible. Plus du tiers de la population mondiale ne peut plus voir la Voie lactée. Pour préserver son ciel étoilé, le parc national des Cévennes veut devenir une "réserve internationale de ciel étoilé".
"Plus du tiers de la population mondiale ne peut plus voir la Voie lactée sans parcourir des centaines de kilomètres", affirme le chercheur italien Fabio Falchi, principal auteur d'un article publié le 10 juin dans le journal Science Advances et cité dans un article du Monde publié le 15 juin 2015.
La faute à l'éclairage urbain et industriel
Pour préserver son ciel étoilé, le parc national des Cévennes déposera en 2017 un dossier de candidature auprès de l'International Dark-Sky Association pour tenter d'obtenir le label RICE.
Pour obtenir ce label qui atteste d'une qualité de ciel étoilé excellente, Pierre Dilhan, étudiant en master 1 de développement des territoires ruraux, s'est ainsi installé pour deux mois à l'observatoire astronomique des Pises, en plein cœur du parc cévenol, pour structurer le dossier de candidature.
L'objectif : valoriser le ciel étoilé du parc national des Cévennes
Il existe aujourd'hui moins d'une dizaine de réserves internationales de ciel étoilé sur la planète.
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