La Corydale jaune, le Fumeterre jaune (Pseudofumaria lutea)
Publié le 20 Mai 2026
Cette Corydale jaune est curieuse. Vous la verrez s’accrocher aux murs comme quelques rares plantes, par exemple, la Ruine de Rome (Cymbalaria muralis).
Roland
Nom scientifique : Pseudofumaria lutea (L.) Borkh., 1797
Corydalis lutea (L) DC.
Allemand/ dialecte: Gelber Lerchensporn auch Gelber Scheinerdrauch
Anglais : yellow corydalis or rock fumewort
Origine du nom : dérive du grec «pseudès », faux, et du latin « fumaria », « fumée de terre», donc « fausse fumeterre », une plante proche. Leur «jus », parait-il, faisait pleurer autant que la fumée. Le mot latin «lutea» signifie « jaune » comme sa couleur.
Date et lieu de l’observation : le 11 mai à Vermenton (Yonne-89) pendant un séjour Anab et à Marsal (Moselle -57)
Famille de plantes : celle de la Chélidoine, du Pavot, du Coquelicot (Papavéracées) qui comprend 760 espèces dans l’hémisphère Nord. A noter que celles de l’Amérique sont assez différentes de celles de l’ancien continent car l’évolution s’est poursuivie de manière indépendante pendant des millions d’années après la séparation des Amériques du supercontinent initial, la Pangée.
Suite aux études génétiques, cette famille comprend à présent les anciennes espèces de fumariacées comme les corydales et les fumeterres ;
Caractères communs des Papavéracées :
Ils apparaissent de manière plus évidente si l’on sait que ces plantes dérivent de plantes plus primitives , les renonculacées.
Ces plantes sont de type herbes et possèdent un appareil sécréteur de latex peu fréquent. Le latex est contenu dans des cellules spéciales, les laticifères. Il est composé d’une émulsion de polyterpènes, riche en alcaloïdes généralement toxiques.
Les feuilles sont très découpées et souvent glauques car recouvertes d’une cire.
L’appareil reproducteur est de type dimère (symétrie 2) et non axial. Cet aspect est visible si on remarque la présence des deux sépales chez les coquelicots et non 4. C’est encore plus visible chez les corydales et les fumeterres.
Les pétales apparaissent souvent chiffonnés avant leur déploiement. Les étamines sont nombreuses de même que les carpelles. Ces derniers sont en nombre réduit chez les espèces les plus évoluées.
Catégorie : Plante vivace, verte grisâtre
Port : plante dressée très rameuse dès la base
Hauteur : : 10 à 40 cm
Tige: tige quadrangulaire et remplie de moelle, portée par un rhizome noueux et horizontal.
Feuilles: feuilles divisées en 2 ou 3 niveaux jusqu’à la nervure (bi ou tri-pennatiséquées), en petits segments aux dents irrégulières, arrondis au sommet et en coin à la base. Elles sont glauquescentes et leur couleur va du vert-jaune au vert-grisâtre. Le pétiole est non ailé contrairement à sa « cousine », Pseudofumaria alba..
Floraison : longue, de mai à septembre
Couleur des fleurs: jaune vif de 1,5 à 2 cm. Elles sont disposées en grappes de 6 à 15 fleurs sur des pédoncules courts. Le pétale supérieur et l’inférieur ont une petite crête. Le supérieur possède aussi un éperon de 2 à 4 mm. Les deux pétales intérieurs sont soudés à leur extrémité et sont de couleur plus foncée.
Les étamines et le pistil ne sont pas visibles.
Pollinisation :
de nombreux insectes viennent polliniser cette plante, diptères, abeilles sauvages à longues trompes comme les bourdons et domestiques, certains syrphes, quelques papillons. C'est une plante écologiquement intéressante car , plante de soutien pour les pollinisateurs tardifs et plante relais en milieu urbain.
Fruits : les fruits sont des capsules de 10 mm en forme de gousses aplaties. Les graines sont luisantes et lisses. Les petites graines sont sombres et portent une partie riche en lipides et protéines, un élaïosome. C’est une récompense destinée aux insectes, fourmis en particulier qui dissémineront rapidement ses graines.
Habitat : plante peu exigeante en nutriments et qui s’adapte sur terrains calcaires à des conditions extrêmes de sols humides à très secs. Elle est typique des vieux murs (dont églises, châteaux…) , pierriers, éboulis, rochers à l’ombre et au sec jusqu’à 1 800 m d’altitude. Plante originaire des Alpes méridionales et présente en Europe Centrale, Sud de la Scandinavie, jusqu’au bord de l’ex URSS. Plante néophyte en Amérique du Nord et Océanie.
Confusion possible: difficile
Protection : cette plante est considérée comme non indigène à notre flore et importée d’autres pays voisins. Sa présence est liée souvent à l’humain via les jardins Bien que rare ou très rare dans certaines régions comme la nôtre, elle n’a aucun statut de protection.
Usage alimentaire: plante toxique par analogie avec des plantes de la même famille et selon ses composants. . Par analogie car il existe peu de cas documentés d’empoisonnement.
Horticulture :
La Corydale jaune est une plante très appréciée des jardiniers en raison de sa longue floraison et de son aptitude à coloniser les murs et pierriers à l’ombre.
Elle se ressème toute seule.
Usage médicinal :
Cette plante appartient à la famille des papavéracées, qui comprend de nombreuses plantes toxiques dont le Pavot matière première de l’opium.
Notre Corydale jaune contient des alcaloïdes toxiques isoquinoléiques, des composés phénoliques et des acides organiques.
Elle contient (1 et 2) en particulier de la protopine (1 à 2 mg/g de poids sec) , de la coptisine (1.6mg/g ps) et un flavonoïde, de la quercétine (3 mg/g ps). Ils ont des activités antimicrobiennes sur des souches témoins de Staphylococus aureus, Candida albicans et Pseudomonas aeruginosa. Comme les antibiotiques déclenchent des résistances chez les bactéries et levures, d’autres produits naturels sont étudiés.
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Effet étudié |
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Molécules impliquées |
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Antibactérien |
Bon niveau in vitro |
Coptisine,berbérine, sanguinarine |
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Antifongique |
Bon niveau in vitro |
Alcaloïdes isoquinoléiques |
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Anticancéreux |
Préclinique uniquement |
Sanguinarine, chélérythrine |
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Anti-inflammatoire |
Indices expérimentaux |
Protopine, berbérine |
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Antioxydant |
Probable/modéré |
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Usage médical validé chez l’humain
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: aucun actuellement
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Photos Texte, bibliographie Roland Gissinger (Anab)
Sources bibliographiques voir index biodiversité
Les familles de plantes de F.Dupont et J.L. Guignard-éditeur Elsevier Masson
1/Phytochemical Composition and Antimicrobial Activity of Corydalis solida and Pseudofumaria lutea 2020Aug7- Sylwia Zielińska
2/ Determination of Some Isoquinoline Alkaloids in Extracts Obtained from Selected Plants of the Ranunculaceae, Papaveraceae and Fumarioideae Families by Liquid Chromatography and In Vitro and In Vivo Investigations of Their Cytotoxic Activity 16 Aprim2023 - Justyna Misiurek
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