L’Euphorbe faux-amandier, Euphorbe des bois (Euphorbia amygdaloides).
Publié le 3 Juin 2026
Cette euphorbe est forestière mais on ne la trouve pas dans toutes les forêts.
Roland
Nom scientifique : Euphorbia amygdaloides L., 1753
Origine du nom: du grec « Euphorbia » qui était le nom du médecin du roi de Mauritanie, Juba voici plus de 2000 ans, vers - 40 av. J.C. et de « amygdaloides», «en forme d’amande».
Nom commun allemand/ dialecte : Mandelblättrige Wolfsmilch oder Mandel-Wolfsmilch
Nom anglais : wood spurge
Date de l’observation: le 29 juillet à Sarre-Union (67-Bas-Rhin)
Famille de plantes : celle des Euphorbiacées qui contient plus de 8000 espèces réparties dans 300 genres, aussi bien des herbes que des arbres (comme l’arbre sablier Hura crepitans , sujet d’un quiz sur notre blog) et même des plantes succulentes semblables aux cactus. La majorité d’entre elles sont des plantes de climats très secs ou xérophytes. Elles sont très présentes sous les tropiques en zone Inde Malaisie mais aussi un peu sur tous les continents sauf les zones très froides.
Les Euphorbiacées les plus intéressantes au niveau économique sont :
- pour l’industrie, l’Hévéa producteur de latex et à la base du caoutchouc naturel
- pour l’alimentation, le manioc (Manihot esculenta) qui est une des plantes les plus consommées au monde.
Son latex est riche en toxiques proches du cyanure. Il doit obligatoirement subir un traitement de lavage et cuisson pour être consommé.
En France continentale nous n’avons que deux genres, Mercurialis et Euphorbia. Ce dernier genre est très riche en espèces avec plus de 2160 représentants au niveau mondial.
Le caractère commun le plus évident des euphorbiacées est la présence d’un liquide blanc rarement jaune, toxique, appelé latex. Il est contenu dans les tiges et troncs. Ces plantes sont très variables et leur fleur complexe est aussi très changeante.
Catégorie: assez grande plante vivace, velue, de sous-bois avec de nombreux rejets stériles. Les parties blessées laissent couler un latex qui coagule rapidement.
Hauteur: de 30 à 70 cm
Tiges et racines: tige principale ligneuse à feuilles alternes. Sa couleur est brune à rouge.
Feuilles: persistantes, alternes, non dentées. Leur forme est un ovale lentement rétréci vers la tige. Elles sont raides, coriaces de couleur vert-foncé. Au milieu de la tige elles sont disposées en verticilles. A noter que les feuilles des tiges fleuries sont molles et de couleur vert, -clair attachées à la tige par un court pétiole. Elles mesurent de 4 à 7 cm de long pour 0.5 à 2 cm de large
Floraison avril à juin
Couleur des fleurs: une ombelle irrégulière porte 6 à 10 rayons qui se démultiplient. Les fleurs sont aux extrémités. A la base des rayons se trouvent 2 petites feuilles sous les fleurs, dénommées bractées. Elles sont soudées sur un côté et forment une coupe circulaire bien typique de cette fleur.
La couleur dominante des fleurs est vert pendant la floraison. Les fleurs d’une euphorbe diffèrent nettement des fleurs classiques. Ici les sépales, et pétales ne sont pas visibles. La base de la fleur est constituée par 2 pièces foliaires jaune-vert, non soudées en forme de coupe circulaire, c’est le cyathum.
Au fond du cyathum se trouvent 4 glandes nectarifères jaunes à rouges, en forme de croissant (ou de rein) avec des petites pointes en forme de cornes de vaches aux extrémités.
Au centre une capsule de 5 à 6 mm portée par un pédoncule. C'est l'ovaire divisé en trois loges. Sa surface est lisse, sans tubercules, à l'inverse d’autres euphorbes. Des sillons partagent la capsule en 3 ce qui marque la fusion de trois ovaires, prolongés par les 3 styles en partie terminale.
Pollinisation: par les mouches, les diptères
Fruits: les capsules se désagrègent à maturité en 3 parties ailées. Les graines hexagonales sont dispersées par les fourmis grâce à la petite récompense attachée à la graine ou élaïosome. Elle est riche en lipides et protéines et leur apporte un complément nutritif très intéressant.
Habitat: cette plante ombrophile est indicatrice de sols argileux. Elle est à l’aise sur sols humides en forêt de feuillus, en lisière et sur les chemins forestiers dont le sol est calcaire ou légèrement acide. Elle se développe beaucoup par ses rhizomes traçants.
Cas particulier de notre région, la Moselle Est et le Nord du Bas-Rhin. Elle y est rare alors qu’elle est commune à 40 km à l’Ouest, sans doute plus chaud. Elle est très présente en Bourgogne et Franche-Comté.
Cette Euphorbe faux-amandier est présente en Europe dans les régions tempérées, des îles britanniques à la Turquie jusqu’à 1800m. Elle est absente du Nord de l’Europe et plus rare dans le Sud. C’est une plante néophyte en Nouvelle Zélande, Australie et Amérique du Nord.
Confusion : possible avec d’autres euphorbes
Protection :
Cette plante est très commune et par suite non protégée. Elle est classée LC sans risque particulier.
Horticulture : appréciée des jardiniers pour sa capacité à occuper les placettes à l’ombre.
Utilité alimentaire: cette plante est toxique pour les humains (vomissements et troubles digestifs violents) et pour le bétail. Le latex de la sève est un produit irritant. En contact avec l’œil, il peut provoquer de sérieuses nécroses.
Cette plante rarement attaquée par des parasites est à l’observation toxique envers les mollusques et de nombreux insectes mais par envers les oiseaux.
Utilité alimentaire: cette plante est toxique pour les humains (vomissements et troubles digestifs violents) et pour le bétail. Le latex de la sève est un produit irritant. En contact avec l’œil il peut provoquer de sérieuses nécroses.
Cette plante rarement attaquée par des parasites est à l’observation toxique envers les mollusques et de nombreux insectes mais pas envers les oiseaux.
Utilisation médicinale :
Les euphorbes en général (3,4) ont été largement utilisés en médecine traditionnelle pour soigner des infections inflammatoires, des infections respiratoires, des infections microbiennes, des troubles sensoriels, d’autres maladies et même des morsures de serpent.
L’utilisation directe des euphorbes en général est impossible en raison de la toxicité de leur latex sur l’appareil digestif et les yeux. Les produits utilisables en médecine sont extraits de leur richesse chimique naturelle en substances pharmacologiques actives. Ceci explique qu’elles font l’objet de recherches intenses (5) avec plus de 70 publications sur ce sujet les dernières années.
Cette euphorbe contient comme composants actifs : des stérols, des triterpènes uniques dans son latex, des tanins, des flavonoïdes.
Ce sont les triterpènes qui retiennent l’attention des chercheurs car ils sont très actifs dans les mécanismes cellulaires de l’inflammation et de certains cancers. Les tests in vitro ont démontré une forte amélioration de la résistance des cellules aux traitements agressifs de chimiothérapie des cancers en comparaison avec les molécules utilisées classiquement en médecine.
De nouveaux triterpènes, des jatrophanes, ont été découverts en 2005 (1,2) chez l’Euphorbe faux-amandier.
Il n’existe cependant pas à ce jour -selon mes recherches- de médicament pour cette espèce.
- Texte et photos : Roland Gissinger (ANAB)
Sources bibliographiques voir index biodiversité
1/ Ingenane diterpenoids with anti-inflammatory activity from Euphorbia antiquorum Ren-Fen Ma—January 2025
2/ Amygdaloidins A–L, twelve new 13 α-OH jatrophane diterpenes from Euphorbia amygdaloides L. Gabriella Corea 2may 2005
- A Review of the Ethnomedicinal Uses, Biological Activities, and Triterpenoids of Euphorbia Species Douglas Kemboi 2020Sep3
4/ Traditional Uses, Pharmacological, and Phytochemical Studies of Euphorbia: A Review Smail Amtaghri 2022
5/ Anti-Inflammatory and Cytotoxic Compounds Isolated from Plants of Euphorbia Genus Sarai Rojas-Jiménez 2024February 29
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Texte et photos : Roland Gissinger (ANAB)
Sources bibliographiques voir index biodiversité
1/ Ingenane diterpenoids with anti-inflammatory activity from Euphorbia antiquorum Ren-Fen Ma—January 2025
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