La Centaurée pectinée, Centaurée en peigne (Centaurea pectinata).

Publié le 7 Juin 2026

La Centaurée pectinée, Centaurée en peigne (Centaurea pectinata). et sa répartition selon GBIF - Pollinisation par une abeille sauvage Halictus quadricinctus .
La Centaurée pectinée, Centaurée en peigne (Centaurea pectinata). et sa répartition selon GBIF - Pollinisation par une abeille sauvage Halictus quadricinctus .
La Centaurée pectinée, Centaurée en peigne (Centaurea pectinata). et sa répartition selon GBIF - Pollinisation par une abeille sauvage Halictus quadricinctus .
La Centaurée pectinée, Centaurée en peigne (Centaurea pectinata). et sa répartition selon GBIF - Pollinisation par une abeille sauvage Halictus quadricinctus .
La Centaurée pectinée, Centaurée en peigne (Centaurea pectinata). et sa répartition selon GBIF - Pollinisation par une abeille sauvage Halictus quadricinctus .
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La Centaurée pectinée, Centaurée en peigne (Centaurea pectinata). et sa répartition selon GBIF - Pollinisation par une abeille sauvage Halictus quadricinctus .

La Centaurée pectinée, Centaurée en peigne (Centaurea pectinata). et sa répartition selon GBIF - Pollinisation par une abeille sauvage Halictus quadricinctus .

La Centaurée jacée est une plante connue et très commune des prairies. Par contre, voici deux centaurées méridionales qui ont un statut « d’endémiques » : elles se trouvent seulement sur une petite portion de territoire. Vous les trouverez dans la partie Sud-Est de notre pays.
 Roland


Nom scientifique : Centaurea pectinata L., 1763

Origine du nom : vient du grec « kentaureia » l’herbe découverte par le Centaure (mi-homme, mi-cheval ) Chiron de la mythologie grecque. Chiron était réputé pour ses vastes connaissances en sciences, et en avoir fait profiter de nombreux héros dont Achille en particulier.
Le nom d’espèce, vient du latin  « pectinata», «peigne». Si vous l’observez de près vous comprendrez vite pourquoi.


Noms communs dialecte / allemand : Kamm-Flockenblume
Noms anglais :  Centaurea pectinata

Date de l’observation : le 22 mai à Saint-Montan (Ardèche 07)

Famille de plantes : celles des  Astéracées (anciennement Composées) qui comprend notamment la marguerite, le Bleuet, le pissenlit, les centaurées. Cette famille de plantes est particulière. La « fleur » est en réalité un ensemble de fleurs réunies en une tête serrée, appelée «capitule». C’est une famille de plantes très évoluée. Elle se présente aux insectes comme une grande et seule fleur. L’insecte visite plusieurs fleurons (petite fleur élémentaire des Astéracées) au sein de chaque capitule, puis passe de capitule en capitule. Les fruits à maturité sont fréquemment munis d’aigrettes ou de parachutes qui permettent une dispersion par le vent, parfois sur de longues distances. Le nombre élevé de fleurs et les aigrettes favorisent la dissémination des graines. Les Astéracées colonisent ainsi les sols bien plus vite que nombre d’espèce végétale. Pour cette raison beaucoup d’entre elles, d’origine exotique sont invasives et les nôtres sont invasives ailleurs.

Particularité des centaurées: ce sont des Astéracées vivaces ou annuelles de la tribu des Cardueae, qui comprend les chardons bien connus. Les centaurées seraient entre 250 et 700 espèces, essentiellement européennes (1)  selon les auteurs,et avec de nombreuses sous espèces.  Elles ont des fleurs tubulées de couleur rose à violet, mais certaines sont jaunes comme la Centaurée du solstice Centaurea solstitialis. Les centaurées bleues comme le Bleuet, Cyanus segetum  ou la Centaurée des montagnes, Cyanus montana sont souvent utilisées comme plantes décoratives dans les jardins. Ces dernières ont été déplacées du genre Centaurea dans un nouveau genre, Cyanus.

De nombreux amateurs se plaignent des changements de noms scientifiques intervenus ces dernières années.

Un genre est reconnu  par la communauté internationale des botanistes pour regrouper plusieurs espèces s’il correspond à une lignée génétique bien définie, prouvée par :
-des analyses moléculaires, de l’ADN et des métabolites des espèces
- une cohérence morphologique
- une identité de structure végétale
- une stabilité des espèces dans le groupe
- l’origine biogéographique

Morphologie commune aux centaurées :
La tige est souvent ramifiée. Les fleurs ont 5 pétales soudés à la base, formant un tube. Les capitules sont entourés de très petites feuilles de protection appelées bractées. La forme de ces bractées et leur découpe permettent de distinguer les espèces entre elles Les akènes sans bec portent une excroissance nommée élaïosome, une friandise destinée aux fourmis qui facilitent ainsi la dispersion des graines. Ils sont terminés par un parachute, souvent doublé de cils courts et raides à l’intérieur.

Catégorie : plante vivace des zones sèches et ensoleillées (plantes xérophytes).

Hauteur: de 10 à 70 cm

Tiges et racines: tige dressée, feuillée et ramifiée dans le haut issue d’une racine et brune, avec un pivot épais, lignifié prolongé par des racines secondaires profondes.

Feuilles: celles de la tige sont alternes et dentées très irrégulièrement, atténuées en  pétiole à la base. Le limbe est ondulé, de couleur vert grisâtre. Les feuilles  inférieures sont pétiolées et lyrées, c’est-à-dire,  découpées avec un lobe terminal plus grand.



 

Floraison : de mai à août

Fleurs: plante à capitules de 1,5 à 3 cm d’un rose vif à violet panaché de blanc ; groupés en corymbes lâches. Les fleurs sont groupées en capitules peu nombreux au sommet des tiges. Autour des capitules apparaissent de très petites feuilles protectrices du bourgeon, dénommées bractées, toutes de même aspect. Ces bractées sont appliquées sur le bourgeon et bordées de cils brun-noir en périphérie. Elles s’allongent à l’éclosion de la fleur. Chaque bractée se termine par un long appendice très fin, de 3 à 5 mm bordé de cils. Leur forme recourbée et leur nombre s’assemblent pour faire une petite cage très ouvragée (un involucre) à la base du capitule. 

Pollinisation : cette plante produit beaucoup de nectar et de pollen. Ses fleurs sont très visibles, ce qui la rend très attractive pour les insectes. Comme de nombreuses astéracées, elle n’est pas dépendante d’un insecte ou d’un type d’insectes particulier. Elle augmente ainsi ses chances d’être pollinisée et est visitée par de nombreux insectes, abeilles sauvages (Halictidae, Andrenidae, Megachilidae),  les bourdons (genre Bombus), les syrphes et divers papillons diurnes.

Pollinisation réactive des centaurées (et d’autres astéracées) Mécanisme du PISTON A POLLEN, « pumping mecanism» :
Lorsqu’une abeille visite une fleur de centaurée, un contact physique avec celle-ci déclenche, à maturité,  une contraction des pédicelles (ou filets)   des étamines.  Les sacs polliniques descendent alors et vont s’ouvrir au passage devant les stigmates (partie femelle de la fleur) qui émergent. Ceux-ci sont pourvus de petits poils collecteurs qui ramassent au passage le pollen comme le ferait un écouvillon. L’insecte peut ainsi récolter davantage de pollen et le répandre en visitant d’autres capitules et plants de la même espèce. Ce mécanisme améliore considérablement la fécondation croisée et serait l’une des raisons du succès des astéracées, un groupe à l’évolution très aboutie.
Notez que les astéracées sont en partie autogames : elles peuvent se féconder avec leur propre pollen  Le succès reproductif dans ce cas ne serait que de(2% pour les espèces étudiées selon l’étude 2. La fécondation croisée est bien plus efficace à long terme. Elle évite les défauts de la consanguinité génétique et induit une adaptation plus rapide au milieu ainsi qu’une meilleure défense contre les animaux herbivores de toutes sortes grâce à une production de molécules toxiques ou amères.


Confusion : le genre des centaurées est complexe et certains noms se ressemblent comme la Centaurée paniculée, Centaurea paniculata, bien différente…
Au passage je vous présente une centaurée encore plus rare, la Centaurée en corymbe, Centaurea corymbosa.  C’est une plante d’une extrême rareté, au point que la carte de l’Europe (ou du monde) paraît étonnamment vide avec moins d’une vingtaine de points, et encore certains pourraient être des erreurs d’identification, ce qui est vite arrivé avec les centaurées. C’est l’une des plantes les plus rares de France, uniquement présente dans le département de l’Aude. Elle bénéficie, au niveau national, d’un statut de protection et d’un programme de conservation.



Fruits : ce sont des akènes de 5 mm munis d’une aigrette à soies un peu raides et de couleur blanche.

Habitat: la Centaurée pectinée est présente sur des terrains rocailleux et secs calcaires ou neutres. Elle est présente dans la moitié Sud du pays, dans  le Midi, du Roussillon aux Cévennes, du Massif Central  à la Provence jusqu’à une altitude de 1700 m.  
Elle est exceptionnelle ailleurs en France, et est rare au Nord de l’Espagne et de l’Italie. Elle survit aussi dans quelques stations de la Suisse et


Intérêt écologique : ces Centaurées représentent des ressources essentielles de nectar dans les pelouses sèches calcicoles méditerranéennes et, en été, au moment où peu d'autres espèces sont en fleurs.

Statut de protection : cette plante est classée LC, (préoccupation mineure) sans risque de disparition, au niveau national. Dans la totalité des régions, elle est espèce déterminante Znieff.
Ceci signifie qu’elle est indicatrice de milieux rares. Ses milieux de vie, les zones sèches  sont en très forte régression ces dernières années en raison des pratiques agricoles intensives et de l’extension urbaine et industrielle.

Les ZNIEFF , Zones Naturelles d’Intérêt Écologique Faunistique et Floristique ont  pour objectif d’identifier et de décrire des secteurs présentant de fortes capacités biologiques et un bon état de conservation à partir de listes d’espèces peu courantes ou rares.

Usage  médicinal:
Cette plante est absente du site de référence wikiphyto et donc sans effet médical prouvé.


Certaines centaurées sont utilisées en médecine traditionnelle depuis très longtemps comme la Centaurée chausse-trappe, Centaurea calcitrapa. Celle-ci est reconnue pour ses effets contre la fièvre et les maladies infectieuses.
Faute de recherches et en raison de sa faible répartition la Centaurée pectinée n’est pas connue pour des effets médicaux et a été peu étudiée.
Les effets antidiabétiques des centaurées sont connus depuis longtemps. Une revue bibliographique de ces effets a été publiée récemment par des chercheurs  (3). L’étude concerne de très nombreuses centaurées ce qui indique des effets positifs de ces plantes.

Les composants de cette plante, ses flavonoïdes, ses lactones sesquiterpéniques, (guaianolides…) ses acides phénoliques (Acide chlorogénique caféique…), ses tanins, ses terpènes volatils, ont des propriétés intéressantes. Elles sont surtout antioxydantes, antiinflammatoires mais aussi antibactériennes, antidiabétiques et ont été prouvées par des tests en laboratoire (3).
Je n’ai cependant trouvé aucune étude scientifique portant sur des extraits de la plante et réalisé chez l’humain confirmant ces propriétés.


Comme toujours, et avant toute utilisation, il faut consulter un médecin pour être averti des éventuels effets indésirables ainsi que des interactions possibles avec les médicaments classiques.



Texte  et photos Roland Gissinger (Anab) Relecture Bernard Weinzaepflen (Anab)




Sources bibliographiques voir index biodiversité

1/Biodiversité des centaurées italiennes

2/ Fine-Scale Genetic Structure and Gene Dispersal in Centaurea corymbosa (Asteraceae). II. Correlated Paternity Within and Among Sibships Olivier J Hardy 2004Nov 1
3/ A Review on Antidiabetic Activity of Centaurea spp.: A New Approach for Developing Herbal Remedies Fattaheian 2021

 

La Centaurée en corymbe, Centaurea corymbosa  et sa répartition selon GBIF
La Centaurée en corymbe, Centaurea corymbosa  et sa répartition selon GBIF
La Centaurée en corymbe, Centaurea corymbosa  et sa répartition selon GBIF

La Centaurée en corymbe, Centaurea corymbosa et sa répartition selon GBIF

Rédigé par ANAB

Publié dans #Fleurs roses, #Biodiversité hors région

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Commenter cet article
T
Les photos sont magnifiques, surtout l'avant-dernière. <br /> En anglais commun: 'Comb Knapweed' (le 'k' ne se prononce pas).<br /> L'année dernière j'ai du me débarasser de la Centaurée Noire, Centaurea nigra. Cette invasion galopante oblitérait toute la partie sauvage du jardin. Une quarantaine de plants ont ëté adoptés par un bénévole qui aménageait une sorte de prairie en zone urbaine 😊
Répondre
A
Merci Toll de ton commentaire et précision linguistique que je n'avais pas trouvée et de ton expérience avec sa cousine la Centaurée noire.<br /> Elle avait sans doute trouvé un terrain idéal chez toi puisque je n'ai pas entendu qu'elle était envahissante ailleurs!<br /> <br /> Pour la photo, je comprends très bien que tu apprécies ce jardin que Dame Nature a créé toute seule.<br /> <br /> <br /> Roland
B
De belles fleurs aux senteurs ensoleillées du Midi.
Répondre
A
Oui Bern@rd cela sent bon le Midi<br /> Roland