Le Bruant des roseaux (Emberiza schoeniclus)

Publié le 29 Juillet 2026

Le Bruant des roseaux (Emberiza schoeniclus) P. Nagel -association "Steinhart -Terre d'origines

Le Bruant des roseaux (Emberiza schoeniclus) P. Nagel -association "Steinhart -Terre d'origines

Le Bruant des roseaux est un oiseau des zones humides qui n’est pas facile à observer. Il est repérable à son chant. Roland.

Nom scientifique : Emberiza schoeniclus (Linnaeus, 1758)

Etymologie : «embritz » provient de l’ancien allemand qui désignait les bruants et le nom d’espèce « schoeniclus » est un mot latin signifiant « roseau ». Selon d ‘autres sources ce mot dériverait du grec ancien « skhoiniklos »  et désignerait un « oiseau non identifié »

Nom Allemand/ dialecte : Rohrammer oder Rohrspatz
Nom anglais : common reed bunting or  the reed bunting

Observation : le 11 juin à Schopperten

Dimensions et poids : corps de 13 à16 cm de long avec une envergure de 23 à 25 cm.  Poids : 16 à 25 g.

Longévité : Elle est de 8 ans en moyenne.

Famille :
  les Emberizidae (les bruants) sont une famille de passereaux migrateurs comprenant un seul genre ((Emberiza). Au total il existe 44 espèces dans l’Ancien Monde. La moitié des espèces vivent en Afrique. Une de leurs particularités est la différence marquée entre les individus mâles et femelles (dimorphisme sexuel). Le mâle est plus grand et plus coloré que la femelle. Leur alimentation consiste en un régime à base de graines de céréales et d’autres plantes. Ce régime est associé à un bec conique bien typé dont la partie inférieure est bombée. Leur nid est installé dans la végétation au sol, ou jusqu’à un mètre de hauteur. Seule la femelle couve les œufs.

Description :
Le Bruant des roseaux est le plus petit des bruants de notre avifaune. En période nuptiale, il présente une gorge noire, des moustaches et un collier, bien contrastés, blancs. La femelle possède les mêmes taches en brun sauf le collier, blanc bordé de noir. En plumage hivernal, les mâles perdent leurs caractères nuptiaux et ressemblent aux femelles..
L’aspect général est brun et blanc avec des rayures noires. La queue est brune, bordée de blanc.
Le bec est jaunâtre, petit, conique et robuste. Ses pattes sont brunes.

Chant :
Le répertoire vocal du Bruant des roseaux est peu étoffé. Son chant est fait de trilles courts, aigues, monotones et lassantes qui lui ont valu son nom de bruant. C’est en effet une déformation du mot « bruyant ». Écoutez son chant ci-dessous.


 

Nourriture: il se nourrit principalement de graines de graminées, notamment de fétuques, de molinies et de phragmites. Il mange aussi de petits crustacés et limaces.
Après l’éclosion des œufs, il recherche activement de la nourriture plus protéinée comme des larves de trichoptères, d’éphémères, de plécoptères et de tipules

Vol : son vol est direct et rapide.

Reproduction :
Du mois d’avril à août, le Bruant des roseaux se poste sur un promontoire pour délimiter et protéger son espace de vie. Il y répète inlassablement son chant  pour attirer les femelles et éloigner les congénères. La parade nuptiale consiste en grande partie en une poursuite rapide qui s'achève souvent par une violente bagarre entre les deux. Les unions sont en principe monogames mais il faut noter que certains mâles surveillent plusieurs nids !

Nidification :
La femelle accompagnée, mais pas aidée du mâle, construit son nid en 2 semaines. Ce nid en forme de coupe est dissimulé dans les fourrés près de la zone humide. Il est construit avec les matériaux les plus disponibles, les phragmites et les carex. A l’intérieur, pour le confort, il est garni de végétaux fins et de poils.
La ponte débute dès mi-février et se termine à la mi-juin. Une ponte moyenne compte 4 à 6 œufs bruns ou gris en couleur de fond. La couleur n’est pas typique des bruants.
En revanche, l’aspect des œufs est commun aux bruants. Ils sont couverts de nombreuses macules brunes, souvent filiformes et sinueuses.
La couvaison dure 2 semaines et est opérée par la femelle nourrie quelquefois par le mâle. En général, elle quitte le nid et part se ravitailler elle-même. Après 2 semaines, les jeunes quittent le nid. Ils continuent à être nourris par les parents pendant deux semaines supplémentaires. Puis la femelle entamera une seconde couvée. La maturité sexuelle des jeunes est atteinte en moins d’un an.
Une étude anglaise fait apparaitre un faible succès reproducteur des couvées. A peine 30 % de jeunes survivent à l’envol.
La majorité est prédatée, les autres meurent de maladie ou de faim. Une étude suisse a confirmé que les œufs et poussins en bordure de lisière de zone humide étaient souvent prédatés (1).

Fidélité conjugale
Le Bruant des roseaux a fait l’objet d’une étude (4)  sur sa monogamie et le taux de reproduction hors couple en suivant plusieurs dizaines de couples de ces oiseaux. Malgré des couples socialement formés, le taux d’infidélité conjugale peut être important. Il est mis en évidence par une analyse génétique des ADN des oisillons qui apporte une preuve irréfutable. Ce taux atteint 70% pour certaines espèces d’oiseaux. Quels sont les facteurs qui l’influent et pourquoi ?
Dans la théorie, la reproduction extraconjugale permet à la femelle de choisir hors de son couple officiel, le meilleur mâle de son secteur. Le choix se porterait sur le mâle qui a plus le beau plumage, signe de bonne santé, le plus fort, bref celui qui a la meilleure génétique pour ses futurs poussins. L’infidélité serait, selon la théorie évolutive, la solution pour obtenir une descendance de meilleure qualité.
Ce n’est pas si simple.
Les chercheurs ont remarqué que les mâles s’investissaient peu dans l’apport en nourriture quand ils ont des doutes sur la fidélité de leur partenaire. Dans ce cas, la femelle subit directement les conséquences de son infidélité. Un certain nombre de ses jeunes ne pourront pas arriver à l’âge adulte par manque de nourriture. Elle aura donc plus d’avantages à s’orienter vers une monogamie stricte pour bénéficier des soins du mâle. La monogamie permet de lui assurer des ressources stables et de lui garantir un espace vital. La connaissance de longue date du conjoint permet de diminuer, voire d’éviter les conflits entre partenaires.. Ce n’est pas seulement vrai chez les humains mais également vérifié expérimentalement chez les oiseaux…
Plusieurs chercheurs ont remarqué que la paternité hors couple est favorisée quand la nourriture est abondante. Les femelles sont alors moins dépendantes des apports énergétiques de leur conjoint.  D’une manière générale, pour tous les oiseaux, la paternité hors couple est favorisée quand les oiseaux nichent en colonies denses et sont en milieu couvert comme des buisson et forêts. Les opportunités sont plus fréquentes dans le premier cas et les infidélités plus discrètes dans une végétation dense. D’autres facteurs peuvent jouer comme la réceptivité ovulaire simultanée ou non des femelles du voisinage, les maladies et parasites. Au final les interactions sont nombreuses. Difficile de prévoir les comportements. Les animaux sont opportunistes. Leur comportement est dicté par la priorité de transmettre des gènes, mais le choix du partenaire est aussi guidé par les ressources disponibles sur le territoire.

Habitat : le Bruant des roseaux est un habitant typique des zones humides. Il affectionne surtout les roselières. Il se trouve aussi dans les prairies à joncs, les marais et les forêts de saules. Il occupe toute la France, l’Europe et l’Asie jusqu’à l’extrémité orientale. Les populations les plus  nombreuses sont dans le Nord de l’Europe notamment en Suède, en Norvège et en Pologne.

Migration : il migre de jour (contrairement à la plupart des oiseaux non granivores) depuis le Nord du Continent  vers le Sud. Il fréquente alors les rives des lacs et des zones humides, mais aussi les champs de céréales et dunes.

Prédateurs : certains rapaces, les martres, des rongeurs opportunistes

Confusion : il existe de nombreuses (près de 20 ?)  sous-espèces géographiques dont les différences sont affaire de spécialistes. Une étude parue voici moins de 15 jours et réalisée par Dugravot (Université de Rennes) a révélé que des mesures biométriques, de longueur du bec et de longueur des ailes permettaient facilement de différencier les deux sous espèces françaises. Une meilleure identification de ces deux sous-espèces permettra de mieux les protéger en préservant leurs milieux respectifs. Il y a urgence. La sous espèce Emberiza schoeniclus schoeniclus est en danger critique d’extinction dans la Région Languedoc-Roussillon et menacée en Région Paca.

Statut et protection: espèce intégralement protégée par la loi. Les effectifs sont en diminution, en raison du mauvais état des zones humides et de l’usage intensif de pesticides et d’insecticides.


Article illustré par P. Nagel notre collègue ornithologue photographe de l'association "Steinhart -Terre d'origines", nos amis naturalistes-historiens. (https://www.steinhart.fr/)

Texte  Roland Gissinger (Anab)  relecture Bernard Weinzaepflen (Anab) .



1/ Nest predation in Reed Buntings Emberiza schoeniclus: an experimental study - Schiegg, K., Eger, M., & Pasinelli, G. (2007)
2/ Divergences biométriques entre Emberiza schoeniclus schoeniclus (Linnaeus, 1758) et Emberiza schoeniclus witherbyi (Jordans, 1923) présents en France et prise en compte du sexe et de l’âge June 2026 Malorie Ruet
3/
Emberiza schoeniclus Agriculture, Ecosystems & Environment, 2009
4/Monogamy and Extra-Pair Parentage H. Hoi, M. Griggio -2010 p 475-482

Rédigé par ANAB

Publié dans #Oiseaux, #Biodiversité de notre région

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T
Pour vivre heureux, vivons cachés! 😊
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A
😁